Agroécologie : ces startups prêtent à capter les 2 milliards d'euros de la "révolution alimentaire"

La nouvelle révolution agricole voulue par le gouvernement passera notamment par l'émergence de nouvelles pépites. Certaines d'entre-elles sont déjà prêtes à cueillir les fonds promis. Zoom sur cinq jeunes pousses innovantes, en pointe dans la transition agroécologique, récompensées lors de la dernière édition du concours Eco Agrifood Challenge à Dijon.

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Sabi Agri, une entreprise d'ingénierie agroécologique qui conçoit, fabrique et commercialise des agroéquipements électriques, en rupture avec le machinisme agricole conventionnel.
Sabi Agri, une entreprise d'ingénierie agroécologique qui conçoit, fabrique et commercialise des agroéquipements électriques, en rupture avec le machinisme agricole conventionnel. (Crédits : Sabi-Agri)

Sur les 30 milliards d'euros du plan France 2030 annoncé le 12 octobre dernier, une enveloppe de 2 milliards est destinée à "soutenir la troisième révolution agricole", précise le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. Le chef de l'État entend notamment accompagner la numérisation, la robotisation et le recours à la génétique dans ce secteur. Trois thématiques sur lesquelles ont déjà planché les entrepreneurs qui ont remporté un prix lors de l'Eco Agrifood Challenge et qui pourraient bien bénéficier d cet argent frais.

Oscar : un robot autonome pour irriguer les pommes de terre

C'est le cas de ces trois ingénieurs et fils d'agriculteurs des Hauts-de-France qui ont créé Osiris Agriculture. Ils ont conçu un robot autonome, nommé Oscar, capable d'automatiser les tâches d'irrigation, de fertilisation, de désherbage et de protection des cultures. Objectif : réduire de 80% la tâche d'irrigation, à moindre frais, tout en relevant les défis environnementaux.

Aujourd'hui, l'irrigation de la pomme de terre est chronophage, fatigante et stressante pour l'agriculteur. De plus, les systèmes actuels d'irrigation ne sont plus en phase avec leur époque : ils consomment beaucoup d'électricité avec une efficacité hydrique limitée.

« Grâce à une irrigation et une fertilisation de précision, nous prévoyons des économies d'eau, de fertilisant et de produit phytosanitaire », précise Rodolphe Cockenpot, co-fondateur d'Osiris Agriculture. Oscar se veut durable autant dans la conception que dans l'utilisation. « Nous voulons commercialiser ce robot sous forme d'une prestation de service. Cette méthode de vente permet à l'agriculteur d'avoir un coût fixe prévisible », poursuit-il.

Oscar : un robot autonome pour irriguer les pommes de terre

Rize : aider les agriculteurs à agir sur leur empreinte carbone

Fondé par un dijonnais, Rize est une plateforme qui accompagne les agriculteurs dans la valorisation de leur action climat. « Notre plateforme permet aux agriculteurs de comprendre leur empreinte carbone, d'identifier les axes d'amélioration grâce à différents leviers, et dans un troisième temps, de les valoriser sur la plateforme en rentrant dans des programmes de crédit carbone », précise Étienne Variot, co-fondateur et CEO.

En se chargeant de toutes les démarches administratives auprès du label bas carbone et de la recherche de financeurs, Rize offre un parcours simple aux agriculteurs. « C'est une première mondiale ! », assure Etienne variot. Un outil qui décharge les agriculteurs des problématiques liées à leur empreinte carbone et à la financiarisation de leurs tonnes de carbone.

Sabi Agri : développer la juste puissance agronomique

Laure et Alexandre Prevault Osmani ont créé en 2017 Sabi Agri, une entreprise d'ingénierie agroécologique qui conçoit, fabrique et commercialise des agroéquipements électriques, en rupture avec le machinisme agricole conventionnel.

Sabi Agri cherche à développer « la juste puissance agronomique ». Ce qui signifie : utiliser seulement l'énergie strictement nécessaire pour produire une denrée alimentaire. « Cela permet aux agriculteurs d'offrir une sobriété énergétique exceptionnelle en réduisant par dix le besoin d'énergie ! », assure Camille Cros, co-fondatrice de Sabi Agri.

« Nos agroéquipements offrent plus de polyvalences et sont plus légers. Ce sont de véritables leviers pour mettre en œuvre des pratiques culturales vertueuses », poursuit-elle. Avec la mise en place d'un vaste réseau de distribution, Sabi Agri déploie ses produits sur tout le territoire européen.

Yeasty : la levure de brasserie comme alternative à la viande

Deux ingénieurs issus d'AgroPariTech, Mathieu Durand et Nikola Stefanovic, ont créé Yeasty pour développer des ingrédients et des aliments protéinés dans une démarche d'économie circulaire, à partir d'une ressource sous exploitée : la levure de brasserie. « Nous proposons aux brasseries de récupérer leur levure afin de les désamériser et d'en faire un ingrédient riche en protéines complètes pour d'autres produits (biscuits, etc.) », explique Nikola Stefanovic, co-fondateur de Yeasty.

« Cet ingrédient est destiné à la formulation d'alternatives à la viande et à des produits permettant de lutter contre les différentes formes de dénutrition », poursuit-il. Mathieu Durand et Nikola Stefanovic envisagent d'installer une ligne de production industrielle en France d'ici au second semestre 2023.

« Nous proposons aux brasseries de récupérer leur levure afin de les désamériser et d’en faire un ingrédient riche en protéines complètes pour d’autres produits (biscuits, etc.)

Amiroy : Le chitosan comme biostimulant

Deux anciens chercheurs de l'Université de Franche-Comté ont créé la société Amiroy en mars 2020 afin de commercialiser leur solution de biostimulants. Les deux scientifiques ont mis au point un procédé biosourcé pour obtenir des chitosans (une fibre d'origine naturelle obtenue à partir de la chitine). On trouve cette molécule dans les carapaces d'insectes ou de crustacés ou encore dans les champignons.

« Le chitosan protège les semences et booste leur croissance », précise Vahideh Rabani, co-fondatrice d'Amiroy. L'originalité des chitosans proposées par la société Amiroy réside dans la méthode pour les obtenir. *

« C'est la technologie de fabrication qui est différente. On utilise des êtres vivants comme des bactéries et des champignons qui mangent les parties qui ne nous intéressent pas. La partie chitinique qui nous intéresse est la plus dure à digérer pour les bactéries et elles ne la mangent pas, donc on la récupère à la fin du procédé », explique Hamed Cheatsazan, co-fondateur d'Amiroy. Pour l'instant, Amiroy est en phase de prototypage. Une quarantaine d'exploitations biologiques expérimentent les chitosans.

Du Colza avec et sans biostimulant

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Commentaires 3
à écrit le 22/10/2021 à 10:10
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Merci de dire à Adolf de la région paca de virer le trollage sous mon commentaire vu que visiblement il est déjà au pastis.

à écrit le 22/10/2021 à 8:21
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Pour ma part je suis autonome en pomme de terre, j'habite une région plutôt sèche et je les arrose jamais pourtant. C'est super simple à faire ! La robotisation en agro écologie oui mais si c'est pour leur faife faire les mêmes pratiques aberrantes a...

à écrit le 21/10/2021 à 21:02
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J'ai noté que la génétique fait partie du programme. Donc les OGM. Pas vu de tracteurs électriques non plus... On continue comme avant, en pire.

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