Hydrogène, agrivoltaïsme : les chantiers de la transition écologique en Bourgogne-Franche-Comté

Boostée par le plan de relance, l’Ademe BFC a misé en particulier sur des actions en faveur des énergies renouvelables, notamment sur l’hydrogène, et l’économie circulaire en 2021. Cette année, le budget devrait se maintenir au même niveau avec une réflexion engagée pour l’avenir de la région sur son autonomie énergétique et alimentaire.

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En 2021, l'Ademe Bourgogne Franche-Comté (BFC) a accompagné 1.051 entreprises, qui ont bénéficié de 66% des aides distribuées.
En 2021, l'Ademe Bourgogne Franche-Comté (BFC) a accompagné 1.051 entreprises, qui ont bénéficié de 66% des aides distribuées. (Crédits : Amandine IBLED)

« Habitués à traiter avec les collectivités, nous avons été chercher davantage les projets des TPE et PME sur la transition écologique », confie Blandine Aubert, directrice régionale de l'Ademe. En 2021, l'Ademe Bourgogne Franche-Comté (BFC) a accompagné 1.051 entreprises, qui ont bénéficié de 66% des aides distribuées. Sur les 58 millions d'euros d'aides attribués, 32 millions d'euros de subventions ont été accordés au titre du plan de relance, pour 229 projets éligibles dans la région.

« La Bourgogne-Franche-Comté a toujours été en avance sur l'hydrogène avec un écosystème autour de Belfort », rappelle Jean-Luc Saublet, directeur délégué de l'Ademe BFC. « Des projets se sont concrétisées en 2021 », poursuit-il.

L'hydrogène pour verdir le réseau de transports

Par exemple, l'inauguration de la station de production d'hydrogène à Auxerre dont les premiers bus ont commencé à circuler. La seconde phase du projet a reçu un accord de financement de l'Ademe pour accueillir dans cette station les premiers trains à hydrogène d'ici 2025. « L'objectif est de remplacer à terme les lignes non électrifiées entre Auxerre et Dijon par des lignes de trains à hydrogène. Ce qui serait une première en France ! », souligne Jean-Luc Saublet.

Cette année a vu également débuter les travaux de la première station hydrogène de Dijon qui alimentera dans quelques mois des bennes à ordures ménagères puis des bus. Enfin, le projet d'ensemble du Nord Franche-Comté a reçu une aide de l'Ademe pour alimenter à terme 27 bus des entreprises et des centres de recherche du territoire.

Le développement de l'économie circulaire est porté par un partenariat étroit entre l'Ademe et la Région. 34 projets ont démarré en 2021 dont par exemple, un projet de Peugeot (Groupe Stellantis). Les pièces détachées employées dans les phases de tests successifs de moteurs et de boites de vitesses sont désormais remises à neuf et réutilisées et non plus éliminées. Une dizaine de projets de ressourceries a également vu le jour.

Tendre vers l'autonomie énergétique et alimentaire des territoires

En 2021, l'Ademe a publié au niveau national une étude prospective baptisée « Transition(s) 2050. Choisir maintenant. Agir pour le climat ». Fruit de deux ans de travaux associant une centaine d'experts, cette étude propose quatre scénarios pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

« Quel que soit le scénario, la situation nécessite d'agir vite. C'est pourquoi nous souhaitons travailler sur une trajectoire adaptée aux organisations locales, avec les acteurs du territoire sur le volet alimentaire et énergétique », précise Blandine Aubert.

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Des groupes de travail et de discussion multi-acteurs seront ainsi constitués courant 2022 pour associer les producteurs, les négociants, les coopératives, les transformateurs, les consommateurs et les ONG, afin de trouver des solutions territoriales. « Il s'agit d'un jeu d'équilibre pour satisfaire à la fois les besoins en énergie et les besoins alimentaires », explique Jean-Luc Saublet.

Par exemple, cette année, l'Ademe travaille avec la Chambre d'agriculture sur l'expérimentation en agrivoltaïsme. « Nous allons explorer de nouvelles façons d'installer ces panneaux photovoltaïques pour mieux concilier la production d'énergie et la production alimentaire. Pour l'instant, les modèles se cherchent encore. Certains panneaux photovoltaïques au sol empêchent les cultures agricoles en appauvrissant les terres », explique Blandine Aubert. Cette question d'autonomie devient cruciale. Elle fait particulièrement écho à l'actualité avec la hausse du prix du gasoil et la guerre en Ukraine.

Sachant que les besoins alimentaires de la population mondiale devraient doubler d'ici 2050, la directrice de l'Ademe BFC s'interroge : « Jusqu'où faut-il produire pour l'énergie et les matériaux - tel que le chanvre - et à partir de quand faut-il plutôt sanctuariser la production alimentaire ? » Pour l'instant, c'est une question à laquelle l'Ademe n'a pas la réponse. D'où l'objectif de rassembler les acteurs pour construire le meilleur équilibre pour la région.

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