Assurance-vie et rente viagère au secours de la dépendance

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Pour anticiper le risque de dépendance, l'assurance-vie est un produit d'épargne adapté. Certains contrats prévoient même une rente doublée ou triplée pour faire face aux dépenses à venir. Autre solution : opter pour une rente viagère couplée avec une option dépendance, sur tout le capital ou une partie seulement.

Le financement de la dépendance par la Sécurité sociale, avec l'hypothétique création d'un « cinquième risque », s'apparente de plus en plus à un serpent de mer. La question reste donc posée à tout un chacun : comment anticiper et quelles solutions choisir? L'assurance-vie présente de nombreux atouts.
Aujourd'hui, pour anticiper les dépenses liées à la dépendance, les particuliers peuvent souscrire un contrat d'assurance classique qui nécessite de cotiser à fonds perdus. L'assuré contribue ainsi pendant de nombreuses années alors même que, dans une génération, seule une personne sur quatre sera dépendante.
L'autre solution consiste à utiliser l'assurance-vie pour se constituer une épargne de précaution en prévision d'une éventuelle perte d'autonomie. Ceci permet de mettre de l'argent de côté régulièrement tout en bénéficiant d'une fiscalité toujours avantageuse. « L'assurance-vie est un outil adapté à plusieurs objectifs, dont celui de financer sa propre dépendance », explique Olivier Farouz, directeur général d'Arcade Patrimoine. « En cas de besoin, le titulaire du contrat peut procéder à des retraits ponctuels ou programmés, selon les cas. » S'il décède sans avoir eu besoin de son épargne, ou si une fraction de celle-ci reste disponible après avoir effectué des retraits, le ou les bénéficiaires désignés pourront en profiter.
Cette solution présente un avantage : elle permet de ne pas aliéner le capital du souscripteur au profit de l'assureur. « C'est le meilleur choix pour l'épargnant qui se soucie de ses ayants droit », tranche Olivier Farouz.
Toutefois, ceci suppose que le capital et les intérêts du contrat seront suffisants pour compléter les revenus du souscripteur si ce dernier doit faire face à des dépenses liées à son état de dépendance dont la durée est en moyenne de quatre années.

Une option à manier avec précaution

La solution alternative consiste à choisir une rente viagère couplée avec une option dépendance. « Pour cela, le titulaire du contrat doit choisir l'option dépendance au moment de la conversion en rente viagère de tout ou partie de son capital », précise Joris Le Guerneuvé, responsable du département produits de la GMF Vie. Les contrats comportent également une limite d'âge maximal (74 ans à la GMF, par exemple) pour exercer ce choix. La rente subit une décote imputable à une « cotisation dépendance » calculée en fonction de l'âge du souscripteur. Si ce dernier devient dépendant, cette rente est, selon les assureurs, soit doublée (chez GMF, par exemple), soit triplée (chez Société générale, par exemple).
Selon les données communiquées par la GMF : une personne de 65 ans qui dispose d'un capital de 250.000 euros sur son contrat, et qui choisit une sortie en rente classique, percevra une rente trimestrielle brute de 2.194 euros (hors fiscalité et prélèvements sociaux). Mais, si elle choisit une sortie en rente couplée avec l'option dépendance, elle percevra 1.930 euros (déduction faite de la cotisation dépendance). Et, le jour où cette personne devient dépendante, la rente est alors doublée à 3?860 euros. Tant que l'option dépendance (et donc une sortie en rente) n'est pas activée, le capital n'est pas aliéné et peut donc entrer dans la succession. En revanche, dès l'option choisie, c'est irréversible.
Toutefois, un assuré peut décider de convertir seulement une partie de son contrat en rente dépendance. De cette façon, l'autre partie de son capital reviendra à ses ayants droit au moment de son décès. Il combine ainsi deux objectifs : la perception d'une rente et la transmission d'un capital.
Mais cette option dépendance comporte également des contraintes qu'il faut connaître avant de s'engager. D'une part, la rente ad hoc n'est versée qu'en cas de dépendance lourde, certifiée par des médecins agréés, en fonction d'une grille qui leur est propre. D'autre part, les assureurs appliquent un délai de carence entre le moment du choix de l'option (à la sortie du contrat) et celui de son déclenchement, de l'ordre de un à trois ans, selon les cas et les pathologies (sauf chez Allianz).

Des services d'accompagnement

Les assureurs qui proposent une option dépendance l'appliquent à tous leurs contrats. Allianz, lui, se démarque, et propose un seul contrat dédié (Libre Autonomie2) avec un fonctionnement différent : ce n'est qu'au moment où la personne est dépendante, qu'elle peut opter pour une rente ad hoc. Enfin, certains assureurs comme la GMF ou Allianz, par exemple, incluent une gamme de services pour leurs clients. « À l'option dépendance, nous proposons la recherche d'un établissement adapté ou encore des aides spécifiques aux aidants familiaux », précise Thibaut Peigney, responsable marketing épargne de Sogécap (Société générale).Souscrire un contrat d'assurance-vie en optant, le moment venu si besoin, pour l'option dépendance, peut ainsi être adapté à des épargnants qui ont pour principal objectif de s'assurer un complément de revenu à vie, au moment de la retraite par exemple, et de percevoir une rente supérieure en cas de dépendance.
Il s'agit donc d'un choix stratégique qui doit s'anticiper en tenant compte, notamment, de ses capacités financières au moment de la retraite.

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Commentaires
a écrit le 11/03/2013 à 23:04 :
Les retraites qu'on nous donnent maintenant sont si maigres et si on plus on nous confisque
ce qu'on a . Comment va-t-on faire?
a écrit le 04/02/2013 à 12:51 :
Avant d'écrire un article qui ne présente que deux solutions , renseignez-vous un peu.
Depuis 2004 les employeurs paient la Contribution Sociale Autonomie qui est justement déjà destinée à financer ce "risque" de dépendance pour les personnes âgées en handicapées.

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