Pour Nicole Bricq, la position de la France à Rio est en ligne avec sa politique nationale

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Rappelant les priorités françaises lors du sommet Rio+20 de la semaine prochaine, la ministre de l'Ecologie a souligné la nécessité d'une cohérence entre les propositions portées par l'Europe et les politiques adoptées à l'intérieur de nos propres frontières. Elle a également rappelé à plusieurs reprises le besoin en financements, sans occulter la difficulté de les mobiliser.

Nicole Bricq a défrayé le chronique ce mercredi 13 juin en annonçant la suspension des permis d'exploration détenus par la société Shell pour des forages au large de la Guyane. Mais c'est pour rappeler les grands dossiers qui seront débattus au sommet Rio+20 (auquel elle participera avec le chef de l'Etat et son collègue du développement Pascal Canfin), qu'elle avait convoqué la presse.

Elle a reconnu la difficulté du contexte "très différent de l'enthousiasme qui régnait en 1992" (lors du premier Sommet de la Terre) , alors qu'elle était conseillère auprès de la ministre de l'Environnement d'alors, Ségolène Royal. Mais elle veut croire que la présidence brésilienne, qui a d'ores et déjà fixé au 19 juin au soir la fin des négociations, tient à une réussite du Sommet.

 Les intérêts chinois en Afrique pourraient faciliter les négociations sur la gouvernance

Sur le sujet « gouvernance », la France, comme le reste de l'Europe, prône la mise en place d'une « organisation mondiale de l'environnement » qui se situerait sur le même plan que l'OMC (Organisation mondiale du commerce) ou l'OIT (organisation internationale du travail). Face à l'opposition des Etats-Unis ou du Canada, l'Europe bénéficie du soutien du Chili, de la Malaisie, du Pérou ou du Cambodge, et surtout de l'Union africaine - d'autant plus que le siège de cette organisation serait probablement basé à Nairobi (Kenya), siège actuel du Programme national des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Mais Nicole Bricq espère aussi un mouvement de la part de la Chine, « qui a de gros intérêts commerciaux en Afrique », et peut-être de l'Inde. Une association d'ONG au sein du Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc) permettrait par ailleurs la mise en place d'un Conseil ministériel de l'environnement qui pourrait se réunir à l'automne avant l'assemblée générale des Nations unies.

Inclure un volet social à l'économie verte

C'est sur la création d' « objectifs de développement durable » censés prendre le relais des objectifs du millénaire qui viennent à échéance en 2015 que la ministre s'attend aux plus grandes difficultés.

Quant à l'économie verte, l'un des principaux thèmes du sommet, Nicole Bricq reconnaît que c'est « un concept soupçonné de servir de prétexte au protectionnisme européen ». Mais en dépit de ces ambiguïtés (qui n'ont rien à envier à celles du terme "développement durable", a-t-elle rappelé) il faut, pour elle, faire avancer les choses. Notamment en demandant d'inclure un volet social reposant sur la notion de travail décent et de protection minimum.

A ce sujet, Nicole Bricq a souligné à quel point les démarches menées par le nouveau gouvernement en France (notamment la Conférence sociale organisée par le Premier ministre en juillet) apporteraient de la crédibilité à sa parole. A ses yeux, la meilleure façon pour les pays développés de faire adhérer les pays émergents à l'économie verte est précisément de faire la preuve des efforts qu'ils sont capables d'accomplir pour adopter le développement le plus sobre possible.

Enfin, Nicole Bricq a reconnu que tous ces projets nécessiteraient de mobiliser des financements, ce qui n'était pas acquis. Un obstacle qui se posera en France même pour la rénovation des bâtiments, un des gros chantiers en matière d'efficacité énergétique.
 


 

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Commentaires
a écrit le 14/06/2012 à 10:42 :
Du blabla, rien de concret !
Elle est où la différence avec le précédent gouvernement ?

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