Les entreprises chinoises sommées de moins polluer

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La Chine, premier pollueur du monde, a lancé, mardi, son premier marché carbone. Pour l'instant, seules 635 entreprises sont concernées / Reuters
La Chine, premier pollueur du monde, a lancé, mardi, son premier marché carbone. Pour l'instant, seules 635 entreprises sont concernées / Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La Chine a lancé, mardi, son premier marché carbone pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Le projet ne concernera dans un premier temps que la métropole de Shenzen où vivent 10 millions d'habitants. Un marché à l'échelle nationale devrait voir le jour à l'horizon 2020.

Première nation du monde, premier exportateur, mais aussi premier pollueur.... La Chine, qui a émis 300 millions de tonnes de CO2 supplémentaires en 2012, a décidé de s'attaquer à ses émissions de gaz à effet de serre en créant, mardi, son premier marché carbone. Le projet va permettre aux entreprises d'acheter et de vendre des quotas de CO2. L'initiative ne concernera pour l'instant que la ville de Shenzhen, une métropole de 10 millions d'habitants. D'ici la fin de l'année, quatre autres mégapoles (Pékin, Shanghai, Tianjin, Chongqing) et deux provinces (Guangdong et Hubei) lanceront par la suite leur propre marché. Le projet devrait être étendu à l'échelle nationale à l'horizon 2020.

PetroChina et Hanergy premiers acheteurs

Mardi, le groupe pétrolier chinois PetroChina et le fournisseur d'électricité Hanergy ont été les premiers à acheter l'équivalent d'une tonne de CO2 pour 28 et 30 yuans chacun (environs 3,50?). "Ces nouveaux marchés ne suffiront pas à faire baisser les émissions de CO2 de la Chine. Par contre, ils lui permettront de baisser la croissance de ses émissions", note Simon Quemin, chercheur à la Chaire Economie du Climat, en charge de l'étude des marchés du carbone en dehors de l'Europe.

L'Empire du milieu n'est pas le premier pays d'Asie à ouvrir un marché local d'émissions de carbone. "Il y en a déjà un au Japon. La Chine n'est pas précurseur. Par contre, elle a le mérite d'avoir rapidement mis en place le projet, lancé il y a deux ans. C'est assez court comme délai", juge Simon Quemin. Des interrogations persistent encore sur l'ouverture des prochains marchés. "Pour l'instant, on ne connaît pas la date exacte de création des six autres projets pilotes", ajoute le spécialiste.

Polluer moins pour produire pareil

Les objectifs de réductions d'émissions de CO2 seront différents en fonction des marchés et des secteurs qu'ils recouvriront. Seul celui de Shanghai, par exemple, légifera sur l'émission de CO2 dans l'aviation. Le modèle de fonctionnement choisi par les Chinois sera différent de celui utilisé par les Européens. L'Union européenne a fixé des limites d'émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser à ses pays. En Chine, les contraintes dépendront de chaque secteur. "Il s'agira plutôt de baisser le ratio des émissions de CO2 sur le PIB. Il n'y aura pas de limites à proprement parler. Les entreprises devront émettre moins tout en produisant la même chose", explique Simon Quemin.

A Shenzen, 635 entreprises de différents secteurs (industrie, bâtiment...) ont été placées sur le marché carbone. Elles émettent à elles seules plus de 30 millions de tonnes de CO2 par an, soit plus d'un quart des émissions de la ville.

En septembre dernier, l'Union européenne avait annoncé une aide financière à la Chine de 25 millions d'euros sur quatre ans pour l'encourager à baisser ses émissions. "Nous soutiendrons leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", avait alors déclaré Andris Piebalgs, le commissaire européen chargé du développement. En 2010 en Chine, 1,2 million de personnes sont mortes prématurément à cause de la pollution. 

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a écrit le 19/08/2013 à 19:41 :
N'est-ce pas la doctrine mondiale de produire toujours plus et toujours plus vite avec encore plus de déplacement ultra-rapides donnant du stress et des risques accrus, qu'il serait vraiment nécessaire de remettre en question ?

L'avion Solar Impulse à zéro émissions de carbone (à part pour sa production...), n'implique-t-il pas un futur ENFIN SAIN et à modes de "vie" moins délirants (comme ceux en gratte-ciels invivables et monstrueusement gaspilleurs en énergies, comme leurs mégalopoles qui tournent en rond en embouteillages croissants)... ???
a écrit le 24/06/2013 à 11:14 :
CE N EST PAS AVEC UN MARCHE DA CO2;; que l on ressoudra la polution mais surtout a enrichir les speculateurs ??? JEcrois qu il vaut mieux mieurs propose a la chine notre tecnologies;; avec nos usines a depolues l eau l air et nos deches ce serais vraimemt plus profitable pour tous???
Réponse de le 29/06/2013 à 3:13 :
1) Le marché du CO2 rend beaucoup plus rapide et efficace les financements pour l'ensemble des entreprises par rapport à des échanges ponctuels = tous les investisseurs d'un côté et toutes les entreprises mondiales impliquées de l'autre = de multiples actions des plus grandes (importantes unités d'enr et rénovations) aux plus petites (fours, lampes solaires etc en remplacement du bois, charbon etc) 2) les pollueurs sont ainsi amenés à financer systématiquement des énergies et développement plus propres ce qui les responsabilise tous et non pas seulement quelques-uns 3) Sous réserves qu'il n'y ait pas fraude à la TVA qui n'est pas spécifique au marché du C02 et que les quotas soient limités sinon des cours de C02 trop bas ne donnent pas de résultats assez rapides. 4) Le principe est donc bon mais il faut qu'il soit bien appliqué et contrôlé. Les "spéculateurs" sont en très grande majorité des détenteurs de sicav, fonds de pension etc donc tout le monde, vous y compris et nous participons ainsi à la fourniture de fonds, à la liqudité du marché et sa régulation sur le moyen terme, à la création d'entreprises, d'emplois, à l'innovation etc tout comme les marché financiers en général qui sauf périodes d'excès fonctionnent plutôt bien sur le moyen terme et où la plupart des gens ne se comportent pas comme des spéculateurs extrêmes mais participent à l'évolution de la société et du monde vers souvent un certain progrès par rapport à l'exploitation par exemple du charbon et aux conditions de vies extrêmes de pays et d'industries mal équipées en réduisant par ailleurs fortement les impacts négatifs sur l'environnement.
a écrit le 19/06/2013 à 22:48 :
Nous et en particulier l'europe financons la reduction de Co2 de la chine. Cet argent ne serait pas plus utile au niveau europeen ???
Réponse de le 29/06/2013 à 3:18 :
Nous sommes à l'origine parmi les plus grands pollueurs qui avons profité d'une énergie pas chère depuis près de 2 siècles, normal de participer plus que ceux qui ont moins pollué au départ. Cà n'est pas prévu de durer et çà concerne les pollueurs. Le relai du marché est pris ensuite pas les pollueurs actuels comme la Chine qui a désormais ses propres marchés du CO2 et prend ses responsabilités en faisant beaucoup d'efforts si vous anlaysez son évolution rapide dans ce domaine.

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