Carlos Ghosn, maitre chanteur ou maitre politique ?

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Carlos Ghosn a fini par plier. Enfin presque. En annonçant qu'il envisageait de renoncer provisoirement à 30% de la partie variable de son salaire pour l'année 2012, la patron de Renault fait donc un geste, attendu de beaucoup par ces temps de crise qui courent et notamment d'Arnaud Montebourg. L'homme, foncièrement attaché à son indépendance, insensible à toute forme de complaisance voire de connivence avec quelque forme de pouvoir extérieur à son entreprise, à fortiori l'Etat qui est encore son actionnaire à hauteur de 15% a choisi son moment.
Il n'était en effet pas question pour lui de céder aux régulières sautes d'humeur de l'opinion sur les « scandaleuses » rémunérations des grands patrons, pas plus qu'il n'avait jugé bon de faire un effort - il n'y était pas obligé - au moment de la mise en place, à la fin de l'année dernière, de la limitation des rémunérations des responsables des grandes entreprises sous contrôle public. Il a donc pris son temps. Et dégainer au moment juste.
Cet effort, il le supportera sans trop de peine puisqu'il devrait porter sur un peu plus de 400 000 euros à comparer au 1,2 million de salaire fixe versé par Renault (en 2011) et aux 10 millions engrangés grâce à sa casquette de patron de Nissan. D'autant que cette somme pourrait lui être finalement versée fin 2016 sous condition de « l'exécution de tous les engagements pris par Renault dans le cadre de l'accord de compétitivité. A condition que cet accord soit signé, bien sûr ». a-t-il précisé au journal Le Monde.
L'homme ne lâche donc pas grand chose et subordonne ce pas grand chose à la réussite d'un plan qui ne peut-être mis en place que si les négociations, tendues, actuellement en cours chez Renault aboutissent. Les mauvais coucheurs y verront une forme de chantage, les obligeants un deal gagnant-gagnant, bien que le gel des salaires pour 2013 dans l'entreprise, lui, ne sera pas rattrapé quoiqu'il arrive...
Si Carlos Ghosn n'est pas maitre-chanteur, il est en tout cas un maître politique. La subtilité du geste, déjà jugé comme dérisoire par les syndicats et insuffisant par Arnaud Montebourg, réside dans son caractère inédit. Jusqu'alors, la modification ou la suspension d'une rémunération variable liée à la mauvaise situation de l'entreprise était soit définitive, soit décalée dans le temps avec l'espoir d'un retour à meilleure fortune. Le dirigeant disait à son entreprise, je participe aux efforts demandés à l'entreprise au même titre que les autres salariés. Une symbolique forte que Carlos Ghosn, lui, raconte tout autrement puisqu'il promet en substance: je ferai cet effort, si vous en faites un. La nuance n'est pas que rhétorique, car elle transforme la réduction d'un gros salaire perçue comme un acte quasi-miséricordieux en une arme de négociation.
 

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Commentaires
a écrit le 09/03/2013 à 5:50 :
En Allemagne il aura occupé un poste comme gardien chez VW ou BMW......
a écrit le 15/02/2013 à 22:37 :
Gagner autant et etre oblige de rouler en Renault. C'est quand même bien triste. J'espere qu'il a une collection de Rolex au moins.
a écrit le 15/02/2013 à 10:28 :
Il est assez surprenant de voir tout les commentaires, ce n'ai pas au politiques français de dirigé les entreprises.

Quand ont voit l'etat de la France dans lequel notre classe politique a plongé la France on constate qu'ils n'ont aucune légitimité.

Pour l'instant la seul chose qu'on constate c'est que les entreprises licencient toujours et que nos politiques gesticule parce qu'ils ont les boules car ils ne savent pas quoi faire....

a écrit le 15/02/2013 à 10:01 :
Maître chanteur c'est le moins qu´on puisse dire. Lui 1 million mensuel, un salarié moyen 2000 euros!!!! Si l'Etat français "socialo" ne voit pas où il est le problème c´est que la fin est très proche, et il sera trop tard pour y remédier. On oublie vite les récents faveurs de l´Etat envers Renault!!!. Je crois que ce système est au but de souffle et le profits démesurés de plus forts sur les plus faibles est monnaie courante....jusquà l´explosion socio-politique-économique. C´est déjà le cas.
Réponse de le 15/02/2013 à 10:26 :
1/Carlos Goshn n'ai pas un salarié moyen...
2/ Il fait un geste (car c'est pas en baissant son salaire que Renault vendra plus de voiture)
3/ Les politiques gesticules contre les entreprises et les "licenciement" mais si les entreprises francaise licencie c'est qu'elle n'ont pas l'environnement favorable pour faire du "business" en france ou qu'elles n'ont pas su s'adapter face a une competition mondiale.
4/PSA a rater plusieurs rapprochement avec d'autres constructeurs et n'a pas su elargir son offre sur le haut de gamme
5/PSA n'a pas assez diversifié ses clients en terme de couverture géographique, son principale marché (l'Europe) ne va pas bien.
a écrit le 15/02/2013 à 8:32 :
Ghosn en maître Tartuffe! Il devient le repoussoir de Renault entraînant par son attitude et incompétence Renault vers le fond... Dommage on peut aimer Renault.
Réponse de le 15/02/2013 à 9:15 :
"galileo" vous exprimez très bien ce que les français pensent à juste titre de Ghosn et de ses subalternes qui sont de vrais casseurs industriels ... Ghosn traitre maitre chanteur devrait deja etre sous les verrous pour faits de casses industrielle d'un fleuron français ... idem pour les héritiers Peugeot et varin avec leurs sousfifrelins.
a écrit le 15/02/2013 à 5:24 :
vous dites: maitre opportuniste et de la farce industrielle!.30 % c'est pour lui l'apéritif ou le café.
Prenez exemple des patrons allemandes publics comme privés.Cela c'est une des raisons
pourquoi la France va mal.
a écrit le 14/02/2013 à 23:43 :
LA CAROTE DE C;GOHSN:Pas de négociation possible pour une remise salaire si insuffisante .
a écrit le 14/02/2013 à 22:11 :
Encore une négociation gagnant gagnant en vue. Deux ou trois syndicats "représentatifs" pour signer et hop roule ma poule ! En ce mois de janvier 2013, c'est le patronat qui guide la "révolution de (à votre choix)" en France. Euh pardon, je vous prie de m'excuser d'employer (zut, encore rater en ces temps de chômage), d'utiliser un gros mot digne du siècle dernier, je voulais dire des entrepreneurs...
a écrit le 14/02/2013 à 21:24 :
carlos ghosn ne renonce pas à la part variable de sa rémunération car celle-ci est tout simplement différée dans le temps. ceci reste un simple jeu d'écritures dans les comptes de la société Renault dans l'attente du versement des 300.000 euros qui sera débloqué au bon vouloir de son dirigeant.
a écrit le 14/02/2013 à 20:59 :
IL NE FAUT PLUS ACHETER CHEZ renauLt AVANT CON LE JETTE SE haïsseur d'ouvriers
a écrit le 14/02/2013 à 20:55 :
Quand il y a un grand patron qualifié en France , il faut que les journalistes, les politiques , bref les jaloux se croient autorises à tenter de le casser , quand ils saurons diriger de grandes entreprises ils pourront faire des observations plus sérieuses
Réponse de le 15/02/2013 à 17:16 :
Est-il si qualifié que cela?
Pour nous tous c'est difficile d'en juger
Tout au plus peut-on se dire qu'une entreprise qui perd des parts de marché n'est pas bien dirigé
Son choix du tout électrique est-il un bon choix. Je crains que non
Moi, ce qui me gène le plus, c'est que ce monsieur soit le patron de 2 entreprises: une française et l'autre japonaise et que la japonaise lui verse la plus grande partie de ses revenus.
Sa stratégie favorise t-elle Renault ou Nissan?

Quand a sa proposition de percevoir une partie de son revenu (celui de Renault, pas celui de Nissan) dans quelques années, c'est vraiment se foutre du monde. Est-ce que ce va lui manquer? non
De toute manière cet argent ne lui sert pas à vivre. Il le place. Alors qu'il le perçoive aujourd'hui ou dans 3 ans, quelle différence? Aucune, a part la perte des retour sur investissements. Mais soyons certains que cette perte sera comblée d'une manière ou de l'autre.

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