Y a-t-il encore un pilote dans la bagnole ?
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Qu'est-ce qui s'est passé en un an pour qu'on soit passé de « la fin de l'abondance » à « j'aime la bagnole, je l'adore » ? De cette contradiction qui n'est peut-être qu'apparente, Emmanuel Macron a fait le sel de notre semaine : commencée sous le signe de la planification écologique, elle s'achève sur le sentiment confus d'un quasi-retour à une économie administrée, avec (en caricaturant un peu, juste un peu) la mise sous tutelle des prix de l'essence et de l'électricité ou des marges producteurs-distributeurs. En fait d' « d'écologie à la française », on bascule vers une « écologie à la chinoise », s'inquiète un haut responsable patronal. Macron le libéral est rhabillé pour l'hiver en planificateur soviétique... Dans un pays qui vient de présenter un budget aux allures socialistes avec un record de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires et... le seul en Europe à être autant en déficit. Pas étonnant que la croissance française résiste à la récession, elle se shoote au quoi qu'il en coûte. Enfin se shootait, car c'est en train de s'inverser... lentement !
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Outre les « 120.000 opérations de ventes de carburants à prix coûtant » vantées dans un communiqué de Matignon en mode panique face à la flambée des prix à la pompe et au fiasco de l'annonce de la remise en cause de la vente à perte, un autre épisode a agacé les acteurs économiques : il s'agit du nouveau concept de « marges négociées » inventé dans l'urgence pour forcer producteurs et distributeurs à rendre du pouvoir d'achat aux consommateurs. La France vient en une semaine de nous faire vivre un remake du film « Retour vers le futur ». On revient au bon vieux temps du contrôle des prix institué en 1963 dans le cadre d'un plan de stabilisation ordonné par De Gaulle. Pour celles et ceux qui aiment l'histoire économique, le retour à la totale liberté des prix fut lente et progressive, de 1967 jusqu'à la libéralisation totale réalisé entre 1984 et 1986, c'est l'ironie de l'histoire, par Pierre Bérégovoy, le ministre des finances socialiste de François Mitterrand (et son célèbre directeur de cabinet Jean-Charles Naouri, devenu le patron de Rallye-Casino, mais ceci est une autre histoire).
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