Aménagement des territoires : il faut un pilote dans l’avion

 |   |  330  mots
François Rieussec, président de l'Union nationale des aménageurs.
François Rieussec, président de l'Union nationale des aménageurs. (Crédits : UNAM)
OPINION. Au lendemain de l’investiture du nouveau gouvernement, l’analyse de sa composition appelle à un constat : l’aménagement dans les territoires résonne par son absence. Par François Rieussec, président de l'Union nationale des aménageurs (UNAM).

Au moment où doit être tracé le chemin pour réinventer nos modes de vie, d'habiter et de travailler, l'action territoriale pourrait s'avouer déroutée.

La rumeur se propage dans les couloirs de nos deux assemblées qu'il sera difficile de composer avec une administration centrale livrée à trop d'arbitrages interministériels. Cette dernière ne pourra pas convenablement, sans pilote politique, mettre à profit ses compétences dans la planification et coordonner les sujets déterminants pour l'avenir des collectivités, pour le cadre de vie, pour l'accueil des territoires d'industrie, dans la mise en œuvre du principe de sobriété foncière pour atteindre l'objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN).

Le politique doit s'approprier le débat pour faire converger le désir individuel de cadre de vie et la nécessité de protéger le bien commun de l'environnement.

Le split du portefeuille de Julien Denormandie entre la cohésion des territoires, qui conserve la ville, et celui de la transition écologique, qui accueille le logement, démontre une affirmation politique assumée.

L'impératif de créer du liant

Mais il est désormais impératif de créer du liant :

  • entre les cabinets des ministères nommés pour s'assurer de la convergence des objectifs, tout d'abord.
  • avec notre administration centrale pour donner les moyens à nos parlementaires de saisir leurs compétences techniques, leur livrer l'expérience de terrain, et ainsi se mettre en mesure de répondre aux attentes des populations,
  • avec les élus locaux, en responsabilité du nouvel acte de la décentralisation,
  • avec les professionnels pour s'assurer de la faisabilité technique et économique des projets,
  • avec les administrés en circonscription, car c'est à ce niveau que se concrétise et se juge l'efficacité de l'action politique dans l'ensemble de ses composantes.

600 jours pour agir, 24 heures pour donner les clés à un secrétaire d'État qui saura organiser le premier festival des territoires.

Lire aussi : Remaniement: le recentrage vers les territoires attendra

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/07/2020 à 17:15 :
Après avoir vécu en tant qu'ingénieur (venant du monde technologique industriel) l'expérience de diriger, auprès du préfet de région, l'aménagement du territoire en numérique et télécoms d'une grande région, je suis arrivé à la conclusion suivante. On ne peut pas continuer en France avec un mille feuille public ruineux, paralysé dans l'action du fait d'avoir un nombre invraisemblable de pilotes dans l'avion (Conseils Départementaux, conseil régional, la préfecture de région, les services territoriaux de l'Etat).
Je suis pour la création de gouvernements régionaux (un peu comme les Landers allemands) par fusion de toutes ces entités. Cela permettra d'avoir un grand budget, un seul pilote dans l'avion, d'en finir avec les querelles de clochers qui bloquent tout créées par des égos qui n'ont rien à faire en poste de responsabilité publique. Ces gouvernements régionaux (basés sur les vraies régions, pas les absurdités créées par les énarques) aura la compétence exclusive de l'économie du territoire.
Il faut en finir avec une hyper centralisation qui a permis à des technocrates d'arriver au pouvoir et de casser la France. La décentralisation budgétaire et décisionnelle est le plus important. De plus, les citoyens seront plus près d'un vrai pouvoir, donc se sentiront davantage concernés.
C'est au niveau national de définir les stratégies (stratégie industrielle notamment) mais pour cela il faut en finir avec le présidentialisme qui donne tout pouvoir à une personne sans contrôle de l'Assemblée Nationale ! La dérive Sarkozy Hollande Macron a bien montré la gabegie, la destruction provoquée par un tel système.
Il faut aussi supprimer l'ENA (et cette idéologie pseudo élitiste), remettre les gens compétents (comme les ingénieurs expérimentés) où ils devraient être, aux postes de direction. Ainsi on ne se fera plus voler nos brevets, nos entreprises stratégiques, et nous n'aurons plus à endurer cette volonté d'une poignée de gens sans scrupules de détruire les structures publiques indispensables (Santé, Sécu, Retraites, etc ..), au nom d'une idéologie fanatique et mortifère qui nie l'existence même d'une nation, la France.
a écrit le 08/07/2020 à 8:40 :
Il fait juste sa demande au père Noël, on veux quelqu’un au gouvernement avec un chéquier pour nous.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :