Lundi 14 octobre, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, nommé par commodité « prix Nobel d'économie », a récompensé trois chercheurs pour leurs travaux sur la pauvreté : Michael Kremer et le couple formé par Abhijit Banerjee et Esther Duflo, cette dernière, américano-française, ayant été conseillère du président Barack Obama.
L'un des intérêts de cette recherche est d'établir les causes de la pauvreté par des enquêtes de terrain, qui peuvent varier selon le lieu, la période, le groupe étudié. Pour ce faire, les chercheurs choisissent plusieurs cas au hasard (d'où le fait d'être qualifiés de « randomites », ou aléatoires), ce qui leur permet d'identifier des problèmes qui passent sous le radar d'une approche macroéconomique. Ainsi, en s'intéressant spécifiquement à la façon dont l'éducation scolaire est donnée aux populations les plus pauvres en Inde, ils ont montré l'importance de lutter contre l'absentéisme (30 %) des professeurs grâce à des incitations. Mais la même démarche pour lutter contre l'absentéisme des infirmières s'est heurtée à la mauvaise volonté des autorités politiques.
Ce type d'études de terrain contraste avec des études macroéconomiques.
À l'exemple d'un rapport publié cette semaine par l'OCDE sur les conséquences de l'obésité. Celle-ci touche surtout les populations pauvres des économies développées. «
Dans les 28 pays de l'UE, les personnes aux revenus modestes ont une probabilité d'être obèses supérieure à celle des personnes aisées, de 90 % chez les femmes et 50 % chez les hommes, ce qui fait de l'obésité un marqueur d'inégalités », souligne le rapport. Et le phénomène progresse. Il touchait 21 % de la population en 2010, 24 % en 2016, soit 50 millions d'obèses supplémentaires alors même que «
les pays de l'OCDE consacrent déjà 8,4 % de leur budget de santé au traitement des maladies associées à l'obésité », soit 209 dollars par habitant (ou au total 311 milliards de dollars).