«On ne pourra pas garder l'économie de notre région sous perfusion»

Olivier Mirguet
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Jean-Claude Lagrange, vice-président (Divers gauche) du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté
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LA TRIBUNE - Quelles ont été les conséquences immédiates de la crise sanitaire sur votre économie ?
JEAN-CLAUDE LAGRANGE - A la fin avril, au terme du premier mois de confinement, 54% des grands établissements présents sur notre territoire avaient fait l'objet de demandes de chômage partiel. Cela représentait 165.000 salariés et 145 millions d'heures de travail.
Nos groupes industriels les plus importants ont été touchés dans des secteurs essentiels comme la métallurgie et l'automobile. L'hôtellerie-restauration et le tourisme ont évidemment été impactés. Une foncière va être créée avec la Banque des territoires pour venir en aide à ce secteur et sauver des projets touristiques emblématiques. Mais tout le monde ne se relèvera pas. Je crains entre 15% et 20% de pertes d'emplois dans le secteur CHR [cafés, hôtels, restaurants, ndlr].
Quelle a été l'intervention financière de la Région ?
L'État et les collectivités ont aligné les millions, mais on ne pourra pas garder longtemps l'économie sous perfusion. Au conseil régional, nous avons mis en place des reports d'échéances, des prêts Rebond, des garanties de prêts. 48.000 entreprises locales ont été aidées sur le Fonds national de solidarité. L'économie de proximité est celle qui a le plus souffert. Les problèmes locaux doivent être gérés à l'échelle locale. Dijon, le Charolais, le Morvan ou la Haute-Saône n'ont pas les mêmes besoins ! Chaque établissement public de coopération intercommunale va donc recevoir 5 euros par habitant pour agir en direct auprès des entreprises.
Et les grands groupes ?
La sinistralité dans les grandes entreprises industrielles n'a pas encore été chiffrée. Le chômage va sans doute augmenter mais, avant cela, les entreprises voudront prolonger les mesures de chômage partiel. Près de chez moi, il y a une usine Michelin qui emploie 1.300 personnes.
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Pendant le confinement, ils n'étaient que 60 à travailler. Dans la filière aéronautique, Safran va aussi souffrir. La reprise sera difficile dans l'électroménager. Le problème viendra aussi des sous-traitants éloignés qui peuvent peiner à fournir. Cela nous incite à identifier très vite les filières fragilisées, et à tenter de relocaliser cette sous-traitance. Nous accompagnons le territoire de Sochaux-Montbéliard, très dépendant de PSA, son premier employeur.
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