Climat : Pécresse lance un plan à 1 milliard d'euros et tacle le budget de l'Etat

A la veille de la présentation du budget 2023 en Conseil des ministres, la présidente de la région Île-de-France vient de dévoiler un plan régional d'adaptation au changement climatique doté d'un milliard d'euros d'ici à 2030. Le détail des espèces sonnantes et trébuchantes franciliennes n'est pas encore connu, mais Valérie Pécresse n'hésite pas à attaquer le « Fonds vert » du gouvernement doté de 1,5 milliard. « L'Etat n'est ni à la bonne échelle ni à la hauteur des enjeux », a-t-elle lâché.
César Armand
Valérie Pécresse, président de la Région Ile-de-France.
Valérie Pécresse, président de la Région Ile-de-France. (Crédits : DR)

Un milliard d'euros. Le conseil régional d'Île-de-France va investir un milliard d'euros d'ici à 2030 dans la lutte contre le dérèglement climatique. Deux ans après avoir organisé une première conférence des parties prenantes sur le modèle des COP internationales, la collectivité entend « protéger » les Franciliens, les écosystèmes ainsi que « le tissu économique ».

« Encourager un développement économique tenant compte de l'adaptation au changement climatique »

La région n'a aucune obligation environnementale en ce sens, mais le temps presse.  Si la France s'est engagée, lors de la COP21, à limiter sa hausse des températures à +1,5°C d'ici à 2100, l'Île-de-France a, elle, déjà explosé son plafond avec déjà +2°C à date.

« Nous avons commencé la réflexion bien avant les canicules de cet été, car face aux incendies, aux phénomènes de gel tardif et aux épisodes pluvieux extrêmes, nous devons nous préparer », explique Yann Wehrling, vice-président du conseil régional chargé de la Transition écologique, du Climat et de la Biodiversité.

Au chapitre « Protéger le tissu économique francilien et sécuriser nos souverainetés stratégiques", la région compte ainsi "encourager un développement économique tenant compte de l'adaptation au changement climatique » aux côtés de la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Par exemple, le conseil régional va reconduire les dispositifs lancés pendant la crise sanitaire en signant des "chèques verts" de 1.500 euros et en apportant des subventions aux TPE-PME qui prendront ce chemin.

Des financements pour l'agriculture, via les fonds européens dédiés

La région souhaite également « adapter l'agriculture francilienne au changement climatique », ce pan de l'économie occupant 50% du territoire de l'Île-de-France. A titre d'illustration, elle financera, via les fonds européens dédiés, 80% des exploitations qui investiront dans l'adaptation au dérèglement climatique. « Et notamment les arboriculteurs, car nous voulons des fruits dans nos cantines », souligne Valérie Pécresse.

Parallèlement, elle créera des équipements nécessaires pour le stockage de l'eau. En temps de sécheresse, ces infrastructures sont critiquées parce qu'elles elles retiennent la pluie, mais la présidente du conseil régional estime qu'elles permettent justement de lisser les excès de précipitation et d'alimenter les maraîchers en cas de forte chaleur.

Le détail des espèces sonnantes et trébuchantes n'est pas encore connu

Pour autant, Valérie Pécresse refuse - pour l'heure - de préciser les espèces sonnantes et trébuchantes qui seront allouées à chacune de ses politiques publiques.

« Dans quelques semaines, nous présenterons notre budget 2023, mais sachez déjà que nous avons fait des économies pour les redéployer et les démultiplier sur l'action sociale et environnementale », réplique la présidente de la région Île-de-France.

« L'Etat n'est ni à la bonne échelle ni à la hauteur des enjeux »

L'annonce francilienne intervient en outre à la veille de la présentation du projet de loi de finances 2023 en Conseil des ministres où il sera, notamment, question d'un « fonds vert » de 1,5 milliard d'euros fléché vers les collectivités territoriales, mais dont les détails restent encore flous.

« L'Etat n'est ni à la bonne échelle ni à la hauteur des enjeux. C'est comme les 250 millions d'euros du Plan vélo, c'est la somme que nous avons mise à l'échelle de la Région depuis 2015 », attaque Valérie Pécresse. « Sur la question planétaire, il faut penser global, mais c'est d'abord le maire qui décide. Je suis extrêmement décentralisatrice », ajoute-t-elle.

Elle ne dira pas le contraire. Ses services sont parallèlement en train d'élaborer le schéma directeur et environnemental de la région Île-de-France (SDRIF-E), un document d'urbanisme prescriptif (c'est-à-dire imposé par la loi) qui s'applique à l'ensemble du territoire en lien avec les autres collectivités locales. A commencer par les communes et donc les maires.

César Armand

Banque des Territoires | Partenaires

Les territoires qui se renouvellent face à la crise

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 23/09/2022 à 19:06
Signaler
Il serais urgent qu'elle prenne des cours avec Aurélien barrau

à écrit le 22/09/2022 à 10:24
Signaler
Un financement ce n'est pas la cause mais la conséquence de décisions techniques - quelles sont t-elles?? J'observe que les notions de réchauffement climatique, climat, CO2 sont un puits sans fond. Je préférerais lire par exemple ce que cette région ...

à écrit le 21/09/2022 à 21:53
Signaler
Peut on être crédible quand on emprunte 5 millions d'euros pour une campagne ? Elle a de la chance d'avoir encore tous ses privilèges de nantis et un gros salaire de technocrate .

le 22/09/2022 à 17:38
Signaler
oui puisque elle l'a remboursé.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.