Sondage Grand Paris : les Franciliens ne veulent pas quitter la région, mais rêvent de meilleurs transports
César Armand

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C'était il y a douze ans, trois mois et dix-sept jours. La loi relative au Grand Paris était promulguée par le président Sarkozy. Un projet « urbain, social et économique d'intérêt national » qui promeut le développement économique durable, solidaire et créateur d'emplois de la région-capitale. Son objectif : « réduire les déséquilibres sociaux, territoriaux et fiscaux » au bénéfice du territoire national.
Force est de constater que le projet continue de mobiliser les Franciliens. Selon un sondage Ifop pour les Notaires du Grand Paris en partenariat avec La Tribune et BFM Paris, 61% des habitants de l'Île-de-France se disent « optimistes » quant à l'impact des réalisations du Grand Paris sur leur situation personnelle.
Deux ans et demi après la première vague de Covid-19, les Franciliens ne semblent pas non plus vouloir quitter Paris et sa région. Seuls 37% des sondés envisagent de le faire. C'est 3 points de plus qu'en 2018, mais cela reste marginal et va à l'encontre de l'idée reçue d'un exode massif des « Parisiens ».
En réalité, sur l'échantillon de 1.503 personnes, 63% des interrogés estiment que l'accent doit d'abord être mis sur l'amélioration des conditions de transport, avant même l'amélioration de leur qualité de vie (57%).
Il ne croit pas si bien dire. Dans l'article 1 de la loi du Grand Paris du 3 juin 2010, il est écrit noir sur blanc que « ce projet s'appuie sur la création d'un réseau de transport public de voyageurs dont le financement des infrastructures est assuré par l'Etat ».
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Il s'agit du Grand Paris Express, le métro circulaire construit par la Société du Grand Paris, mais il sera livré progressivement de 2026 à 2030. Ce moyen de transport reste en outre cantonné à la petite couronne, à part quelques exceptions près en grande couronne.
Autre grand sujet lié au transport : le logement. Là encore dans l'article de la loi de 2010, l'objectif de construire 70.000 logements « géographiquement et socialement adaptés » et « contribuant à la maîtrise de l'étalement urbain » est gravé dans le marbre.
Malgré des temps de transport toujours plus grands et un écart de 1 à 11 entre l'offre et la demande de logement social, la construction de nouveaux logements n'apparaît qu'en 5ème priorité aux yeux du panel.
Pour autant, les Franciliens ne se plaignent pas de leurs conditions de vie et peu expriment l'envie d'habiter ailleurs en Ile-de-France. 69% des sondés se disent satisfaits du quartier ou de l'endroit où ils vivent. Cela monte à 77% en Seine-et-Marne, 76% dans les Yvelines, 74% dans les Hauts-de-Seine et même à 72% à Paris. En revanche, cela tombe à 61% dans le Val-d'Oise et même à 56% en Seine-Saint-Denis.
Sur la part du panel qui souhaitent déménager dans le Grand Paris, 21% citent en premier Paris, suivi des Hauts-de-Seine (17%) et du Val-de-Marne (12%). Sans doute est-ce parce que les emplois qualifiés en Île-de-France s'y trouvent et permettent de réduire les temps de trajet domicile-travail.
En parallèle, les Franciliens veulent à 24% davantage d'espaces verts dans les zones résidentielles, 14% des logements et des quartiers certifiés de haute qualité environnementale et 13% un urbanisme repensé (avec des infrastructures plus proches...)
Depuis la dernière étude publiée en 2018, la question environnementale est en effet devenue cruciale. Derrière le développement de nouvelles lignes de métro et de RER (67%) et la réduction du coût des transports (57%), la réduction de l'impact négatif des transports sur l'environnement (45%) est érigée en priorité par les interrogés. 37% d'entre eux estiment en effet que le projet du Grand Paris va avoir un impact sur le climat.
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