Métropole du Grand Paris : Djeneba Keita, 3è vice-présidente, pilotera la logistique

Djeneba Keita, maire-adjointe (PCF) de Montreuil, élue le 20 juillet vice-présidente de la MGP va reprendre en main le "pacte pour une logistique métropolitaine", annonce-t-elle à La Tribune. Depuis son lancement en septembre 2018, il reste effectivement de nombreux projets à concrétiser.
César Armand
Djenaba Keita est également maire-adjointe (PCF) de Montreuil chargée de la vie économique, de l'économie sociale et solidaire, de l'emploi et de l'insertion.
Djenaba Keita est également maire-adjointe (PCF) de Montreuil chargée de la vie économique, de l'économie sociale et solidaire, de l'emploi et de l'insertion. (Crédits : MGP)

[article initialement publié le 21/07/2020 à 16h30, mis à jour le 22/07/2020 à 8h avec le droit de réponse de Patrick Ollier]

Officiellement, les délégations des vice-président(e)s de la métropole du Grand Paris seront connues d'ici à la rentrée du mois de septembre. Officieusement, l'attribution des sujets a déjà commencé au lendemain de l'élection de l'exécutif de la super-intercommunalité aux 131 communes. Contactée par La Tribune, la troisième vice-présidente, Djeneba Keita, affirme ainsi qu'elle "va travailler sur la logistique métropolitaine, une question très importante".

Lire aussi : Métropole du Grand Paris: plus de 8 vice-présidents sur 10 sont des hommes

Reprise en main du "pacte" métropolitain

Dans la continuité d'une démarche de concertation initiée dès 2017, la MGP lançait effectivement en septembre 2018 le "pacte pour une logistique métropolitaine" avec quarante-cinq signataires privés et publics, dont seize villes. Quatre objectifs avaient alors émergé : l'optimisation des flux et des livraisons, la transition écologique et énergétique des véhicules, la prise en compte du sujet dans les politiques d'aménagement ainsi que la sensibilisation du consommateur final.

Lire aussi : Grand Paris : seize villes veulent avancer ensemble en matière de logistique

Lors d'un point d'étape en mai 2019, les maires (PS) de Romainville et des Lilas avaient annoncé l'harmonisation de leurs règlements de voirie et de livraison pour interdire les camions d'une longueur supérieure à 12 mètres des plages horaires précises et limiter leur stationnement à trente minutes. L'animateur du groupe de travail Jean-Michel Genestier, maire (DVD) de Raincy, avait alors publiquement regretté que d'autres élus locaux refusent de jouer le jeu du fait des élections municipales.

De même que l'ex-vice-président (PCF) de la Métropole chargé de la logistique, Patrick Braouzec, s'était prononcé ce jour-là en faveur de la "ville des 5 P": projet, partenariat, public, privé et population. "Rien ne pourra se faire de manière hors-sol", avait plaidé l'ex-président de Plaine Commune. Il promettait par exemple de lancer des comités de quartier où chacun pourrait apporter ses solutions et ses questions.

Reste de nombreux projets à concrétiser

En réalité, dès l'an dernier, des pistes concrètes avaient émergé: un simulateur d'itinéraire logistique pour comparer les avantages et les coûts écologiques, économiques et énergétiques des modes de transport ; un guide technique du transport fluvial pour en présenter les avantages et les limites ou encore un démonstrateur des solutions fluviales. Par la voix de son directeur régional adjoint François Elia, la Banque des territoires Île-de-France, partenaire historique de la métropole, s'était dit prête à accompagner en ingénierie, en financement et en investissement les collectivités, ainsi que les services à usage numérique.

En revanche, si le groupe de travail sur le déploiement des bornes de recharge électrique et des stations GNV, bioGNV et hydrogène avait relevé une prise de conscience du législateur et des professionnels, il avait aussi pointé "une faiblesse de l'offre actuelle" et "un rythme de renouvellement des flottes qui n'est pas à l'échelle du volontarisme politique". De son côté, la réunion sur l'intégration des fonctions logistiques dans les documents d'urbanisme et les projets d'aménagement avait débouché sur l'absence de solutions optimales.

Il n'en reste pas moins de nombreux projets à concrétiser : l'intégration du transport de marchandises dans les projets de gares et de lignes de transports en commun ; l'optimisation de l'utilisation des espaces publics (voies de bus, aires de livraison...) ; l'adaptation des normes relatives au stationnement et au rechargement des voitures électriques en sous-sol ou encore l'inscription de la logistique dans les plans locaux et intercommunaux d'urbanisme.

"Attentive au développement équilibré" des territoires

Egalement maire-adjointe (PCF) de Montreuil chargée de la vie économique, de l'économie sociale et solidaire, de l'emploi et de l'insertion, Djeneba Keita entend par ailleurs "être attentive au développement équilibré des territoires". "C'est le sens et l'utilité de la métropole", insiste-t-elle, en référence au schéma de cohérence territoriale (SCoT), le document-cadre de référence pour tous les autres outils de planification métropolitains.

Lire aussi : En attendant l'arbitrage présidentiel, le Grand Paris veut séduire sa population

Selon sa définition officielle, le SCoT doit "incarner la vision partagée du devenir du territoire", autrement dit "définir un ensemble d'orientations pour le développement et l'aménagement du territoire". Déjà "prêt" selon le président de la Métropole Patrick Ollier, qui a préféré attendre le renouvellement municipal, le schéma doit être adopté à la rentrée.

D'autant qu'en septembre, se posera dans le Grand Paris comme dans le reste de la France le problème de l'emploi des jeunes. "Même sans budget, quand vous avez la volonté politique, vous pouvez arriver à agir là-dessus", assure Djeneba Keita. Reste donc à voir quelles politiques publiques voteront les élus de la Métropole au sortir de l'été.

Lire aussi : Les acteurs du Grand Paris font bloc pour améliorer la logistique urbaine

Droit de réponse de Patrick Ollier

"Aucune délégation n'a été à ce stade attribuée par le Président de la Métropole aux Vice-Présidents. Elles ne le seront pas avant la fin du mois d'août, comme annoncé lundi 20 juillet en Conseil métropolitain."

César Armand

Banque des Territoires | Partenaires

Les territoires qui se renouvellent face à la crise

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 22/07/2020 à 9:31
Signaler
Comment peut-on etre Communiste en 2020 ?

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.