Crise sanitaire : entre inventivité et débrouille, l'écosystème normand a fait face
Nathalie Jourdan, à Rouen
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Photo d'illustration
© Philippe Wojazer / Reuters
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De la Normandie manufacturière et portuaire, celle qui a le plus trinqué pendant le confinement, l'observateur conserve généralement l'image d'un paquebot peu manœuvrant. Dans ce vieux Middle West industriel où un salarié sur cinq travaille en usine - le record français - et où les ports restent de puissantes courroies d'entraînement, les crises internationales se ressentent plus fort et plus longtemps que dans les bassins où les cols blancs constituent le socle de la classe active. Comme souvent face à l'adversité, l'électrochoc du virus a mis en évidence des capacités d'initiatives insoupçonnées dont il est permis d'espérer qu'elles libèrent les énergies nécessaires au rebond.
Ainsi, il est frappant de constater combien le tissu des PME a fait montre de réactivité et de débrouillardise pendant l'assignation à résidence. Dans le bocage ornais, le groupe familial Lemoine, cador européen des produits d'hygiène, a bâti en seulement une semaine une chaîne de fabrication d'écouvillons : bâtonnets indispensables aux tests PCR dont la France avait abandonné la production. Dans la Manche, la coopérative Acome s'est démenée pour expédier par avion en Chine des milliers de kilomètres de câbles de puissance afin de pallier la fermeture de son usine de Wuhan. Son voisin, fabricant des marinières Saint James, a été l'une des premières entreprises à voir ses masques (à rayures) adoubés par la DGA. Dans l'Eure, le plasturgiste Dedienne, privé de ses débouchés dans l'automobile ou l'aéronautique, s'est repositionné en quelques jours sur le marché BtoC des équipements de protection... La liste est loin d'être exhaustive.
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Cette propension à l'agilité s'est aussi manifestée dans le secteur public. La crise a été l'occasion pour les collectivités de démontrer, avec un certain éclat, les vertus d'une réponse de proximité en période de turbulences. Avec parfois des scènes surprenantes. On a ainsi pu voir, en marge d'une visite de presse, le patron du département de l'Eure négocier avec le groupe Berger plusieurs litres de peroxyde d'azote, qui lui ont été finalement offerts, au profit d'un fabricant de gel hydroalcoolique en vue de fournir les Ehpad. De près, on se comprend mieux.
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