L’engouement pour les villes moyennes bouscule les habitudes du marché de l’immobilier de la région. Face aux complexités de construction et aux contraintes fiscales des zones tendues, une nouvelle voie s’ouvre pour les promoteurs. Tandis que la montée des loyers amène les investisseurs à se tourner vers ces terres jusque-là délaissées, les promoteurs, avec prudence, cherchent à asseoir un nouveau modèle économique. Avec ou sans le soutien de la puissance publique engagée, elle, dans la redynamisation des territoires.Y aller ou ne pas y aller ? Face à l'attrait pour les villes moyennes, et par extension les communes périphériques, les états-majors de la promotion immobilière jusque-là plutôt concentrés sur les métropoles ou plus largement sur les secteurs (B1) porteurs de défiscalisation, s'interrogent sur la pertinence d'un saut en terre inconnue.
« Ça phosphore !... », reconnaît Benjamin Haguenauer, président du groupe Arc et de la Fédération de la Promotion Immobilière (FPI) des Pays de la Loire en évoquant un récent séminaire professionnel venu à la rencontre d'élus. Les questions d'autopartage, de réhabilitation, de foncier solidaire...ou d'habitat en solo alimentaient un débat porté par l'évolution des modes de vie et l'émergence du télétravail.
« Nous sommes attendus, mais encore faut-il trouver le bon schéma, estime le président de la FPI territoriale. Doit-on promouvoir un habitat à quarante kilomètres d'une grande ville et encourager les déplacements et la mobilité en diesel ou faire accepter l'élévation des immeubles à dix, douze ou quinze étages ? On peut éventuellement aussi trouver son bonheur dans la densité des villes. A condition d'engager un travail de pédagogie... », dit-il.
Si pour lui, on ne peut pas parler d'exode de Franciliens ou de départ de métropolitains nantais, et qu'il lui semble un peu prématuré de dresser un bilan post-Covid, le mouvement vers les villes moyennes s'est bien accéléré avec la crise sanitaire.
Un nouveau modèle économique à trouver
« On s'interroge aujourd'hui pour aller vers les villes de moins de 50.000 habitants », admet le président du groupe ARC constatant que certaines villes moyennes permettent d'accéder au dispositif de défiscalisation Pinel, hors du secteur B1.
« Mais nous n'y allons pas seulement pour défiscaliser. Il faut être convaincu par le territoire, mener des études sur le marché locatif et surtout répondre aux besoins des habitants, des entreprises et des politiques publiques. Car contrairement aux grandes agglomérations, ce n'est pas là que nous pourrons lancer quatre opérations de cent logements. C'est donc un nouveau modèle économique à trouver, un mixte à équilibrer...», explique-t-il.