Pollution des villes: quand tourisme rime avec tabagisme
Gabrielle Thin

pollution des villes et tabagisme passif
Transport & Environnement
Gabrielle Thin

pollution des villes et tabagisme passif
Transport & Environnement
Qu'il fasse très chaud ou très froid, les alertes à la pollution se multiplient dans les métropoles. Les particules fines deviennent de vrais dangers pour la santé des habitants des villes, quelles que soient leurs activités, mêmes anodines, comme le tourisme. Une étude de l'ONG T&E a ainsi révélé que respirer l'air des villes touristiques européennes pouvait même s'apparenter à une forme de tabagisme passif.
L'étude de l'ONG a comparé la pollution de l'air des 10 villes européennes les plus touristiques (Londres, Paris, Istanbul, Barcelone, Amsterdam, Milan, Rome, Vienne, Prague et Dublin) en y mesurant la concentration de particules fines respirées par jour par un touriste. Elle a ensuite effectué la conversion en nombre de cigarettes fumées à l'aide d'une étude de Berkeley Earth. En estimant à quatre jours la durée moyenne du séjour des touristes dans ces villes, T&E délivre une conclusion sans appel : l'exposition des touristes à la pollution a le même impact que fumer plusieurs cigarettes. Leur nombre est variable suivant la pollution des villes : si quatre jours sont équivalents à deux cigarettes à Paris, ils représentent près de trois cigarettes à Londres et même quatre à Prague ou Istanbul.
L'équivalence en termes de cigarettes est évocatrice, car elle donne plus de repères sur le caractère nocif de la pollution urbaine. Dans le même temps, cette étude-choc souligne que nombre de politiques et de campagnes de communication sont mises en œuvre pour dénoncer le caractère nocif du tabac, y compris du tabagisme passif, mais très peu concernent celui de la pollution, avec laquelle on se résigne à vivre.
La pollution à l'ozone s'intensifie avec la chaleur, et en ville elle est encore accélérée par les hydrocarbures et le dioxyde d'azote que rejettent les voitures, avec lesquels il se combine. Les voitures sont la première source de particules dans les villes en été, et les fraudes régulièrement révélées dans les contrôles d'émissions de polluants participent encore à dégrader la situation.
Tandis que l'on pointe du doigt la pollution urbaine en Asie, notamment à Hong Kong où les touristes hésiteraient maintenant à se rendre précisément pour cette raison, T&E fait valoir que les autorités sous-estiment parfois la pollution en Europe même, installant les stations de contrôle dans des lieux loin d'être les plus exposés. Certains gouvernements se sont déjà fait épingler, notamment la Belgique et la Roumanie convoquées par la Commission européenne. Les mesures non officielles révèlent une qualité de l'air bien inférieure aux normes européennes et des amendes ont déjà plu sur certains pays. Pourtant, les villes se déclarent sur le qui-vive en matière de pollution. Paris a ainsi interdit les vieux véhicules considérés comme polluants, et applique de plus en plus fréquemment en cas de pic des mesures exceptionnelles, comme le stationnement résidentiel gratuit.
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L'étude de l'ONG met en avant les risques de la pollution de l'air y compris dans les villes européennes, non pas en raison d'activités industrielles comme cela peut être le cas dans les pays émergents, mais de services et de loisirs.
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Le tourisme génère de l'activité économique, surtout dans les capitales européennes, et donc inévitablement de la pollution. Mais la pollution est elle-même un risque pour l'économie du tourisme à l'heure où plusieurs centaines de milliers d'emplois dépendent directement de cette activité (près de 300.000 à Paris, première destination touristique mondiale). T&E souligne la nécessité de tenir compte de ce facteur essentiel pour la santé, insistant sur le fait que les touristes eux-mêmes prennent en considération la qualité de l'air dans le choix de leur destination.
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