Altar accélère à l'international
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La Covid-19 et ses variants sont là pour le rappeler : « Le vivant n'est pas figé, il s'adapte à son environnement », explique Simon Trancart, président d'Altar. Mais comment faire pour que les micro-organismes, utilisés dans des domaines aussi variés que la chimie, l'alimentaire ou la santé, animale et humaine - avec la production de probiotiques, de bière ou de biocarburants - accroissent rapidement leur performance ?
En jouant sur cet environnement, précisément. C'est ce que propose la société qu'il a co-fondée en 2017 au Genopole d'Évry, grâce à une plateforme d'évolution dirigée visant à développer des micro-organismes d'intérêt industriel. « Nous exploitons le fait que le vivant évolue pour en améliorer les performances », poursuit-il. Depuis plusieurs milliers d'années, les humains ont progressivement amélioré, par sélection naturelle, des micro-organismes, comme la levure du boulanger, par exemple. « Nous prolongeons cette vieille tradition que nous proposons de systématiser au laboratoire pour faire émerger des alternatives durables mettant en œuvre des micro-organismes », explique le dirigeant.
La technologie d'Altar permet d'automatiser la culture continue de suspensions microbiennes dans des conditions contrôlées par des algorithmes. Elle dirige l'évolution, accélérant l'adaptation des micro-organismes aux besoins industriels par accumulation de mutations, survenues naturellement générations après générations. Les améliorations recherchées peuvent parfois nécessiter de traverser 2000 ou 3000 générations. Rapporté à notre espèce, ce voyage dans l'évolution durerait 75 000 ans. Heureusement, les micro-organismes se reproduisent beaucoup plus vite (une génération a une période typique de quelques heures) et cette approche apporte des résultats significatifs en trois ou six mois... « Les industriels nous confient leurs micro-organismes et nous opérons automatiquement la sélection en vue d'améliorer les performances », explique ainsi Simon Trancart.
Cet avantage sélectif se traduit évidemment en avantages industriel et financier, notamment en améliorant la productivité, en misant sur l'utilisation de matières premières moins chères et plus disponibles ou en simplifiant le procédé industriel. « Et il s'agit bien de mutations naturelles, nous n'introduisons pas d'organismes génétiquement modifiés (OGM) », précise-t-il. La technologie d'Altar permet de répondre à la demande de nombreux secteurs utilisant des micro-organismes, comme l'agriculture, qui est à la recherche de solutions alternatives aux engrais et pesticides issus de la pétrochimie.
Altar a d'abord trouvé des débouchés pour sa technologie auprès de sociétés américaines - « davantage enclines à prendre des risques, à tester de nouvelles technologies », dit-il - mais cette année, la société va obtenir la majeure partie de ses revenus en France, signe que les mentalités évoluent de ce côté-ci de l'Atlantique également.
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La société a par ailleurs bénéficié de subventions européennes dans le cadre des projets H2020 eForFuel, visant à produire des biocarburants à partir de CO2 et d'électricité renouvelable, et SinFonia, visant à produire des fluoropolymères par fermentation. Enfin, en 2020, Altar a été sélectionnée par la Commission européenne dans le cadre de l'appel à projets Green Deal du programme EIC Accelerator Pilot, dont Bpifrance est le relais en France. La jeune biotech a notamment bénéficié du Diagnostic Europe de Bpifrance qui prend en charge la moitié des frais de consultants spécialisés dans la constitution des dossiers de candidature à cet appel d'offre européen. « Les taux de succès à ces appels d'offre sont de quelques pourcents et la plupart des lauréats s'y reprennent à plusieurs fois avant d'être retenus. Nous avons été sélectionnés dès notre première soumission et avons depuis entamé une phase de croissance, passant de 5 à 15 salariés en à peine 9 mois », se réjouit le président d'Altar.
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« Nous allons aussi aller chercher les aides que propose Bpifrance à l'export, aussi bien en termes d'assurance que de mise en réseau et d'appel à projets bi-nationaux », enchaîne Simon Trancart. Car après la France et l'Europe, Altar veut accélérer dans son développement international aux Etats-Unis mais aussi en Asie, notamment du sud-est.
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