Thomas Huriez, chevalier blanc du made in France
Patrick Cappelli
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Thomas Huriez, fondateur de la marque éco-responsable "1083"
La raffinerie culinaire / Rafaele Boyadjan
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Thomas Huriez, fondateur de la marque éco-responsable "1083"
La raffinerie culinaire / Rafaele Boyadjan
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« J'ai lancé une marque de jeans pour faire baisser les ventes de jeans », affirme Thomas Huriez. Prenant à contre-pied les pratiques de la fast fashion - acheter la matière première très bon marché et faire fabriquer à bas coût à l'autre bout du monde -, le trentenaire affable et disert est bien décidé à relancer une filière 100 % française de ce vêtement emblématique. Un retour aux sources, puisque la toile denim utilisée dans la confection des jeans est un dérivé du sergé de Nîmes, mélange de laine et de soie très résistant conçu pour les bergers cévenols. Né il y a 39 ans à Grenoble d'une mère médecin du travail et d'un père fonctionnaire, l'aîné de trois garçons se lasse vite de son métier d'informaticien : « Je m'ennuyais. Quitte à passer sept heures par jour pendant quarante ans au travail, autant le faire pour un projet qui a du sens. » En 2006, il négocie son départ et part vivre à Romans-sur-Isère chez ses grands-parents. Il récupère une maison de famille toute proche pour ouvrir Modetic, une boutique de mode équitable située en face d'un gigantesque magasin d'usine Marques Avenue, une sorte de défi symbolique au monde de la mode jetable. Mais en 2007, le textile éthique est une niche et les modèles trop « baba cool » de l'aveu même de Thomas Huriez. Malgré leur caractère équitable, la plupart de ces marques disparaissent, trop éloignées des critères de la mode en vigueur. « Il fallait mettre ces belles idées dans de beaux vêtements », évoque le trentenaire. Ce sera une marque de jean, car c'est l'habit le plus polluant, le plus mondialisé et le plus concurrentiel. Le coton dont il est tissé est souvent OGM, et c'est une des cultures qui consomme le plus d'eau et de pesticides. « Quel beau challenge d'en relocaliser la confection à Romans-sur-Isère, ancienne capitale de la chaussure marquée par les fermetures d'usines et qui possède une vraie culture de la mode! » s'enthousiasme Thomas Huriez.
Patrick Cappelli