Technicolor : Vector juge son offre "plus favorable" que celle de JP Morgan

Le fonds d'investissement américain défend son projet alternatif de recapitalisation et se présente comme un partenaire de long terme. L'offre de JP Morgan Chase a le soutien du conseil d'administration de l'ex-Thomson.

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Frédéric Rose, directeur général de Technicolor, . Copyright Reuters
Frédéric Rose, directeur général de Technicolor, . Copyright Reuters (Crédits : Reuters)

Le fonds d'investissement américain Vector Capital plaide jeudi pour son projet de recapitalisation du groupe français en difficulté Technicolor : dans un communiqué, il explique son offre est « nettement plus favorable financièrement et au plan stratégique » que celle de la banque américaine JPMorgan Chase, qui a le soutien du conseil d'administration de Technicolor. Le fonds créé en 1997 et basé à San Francisco, qui n'a investi à ce jour quasiment que dans des sociétés nord-américaines, relève notamment que son projet permettrait de renforcer davantage le bilan tendu de l'ex-Thomson en apportant 186,4 millions d'euros, soit 28,7 millions d'euros de plus que celui de JP Morgan.

Pas un hedge fund mais un spécialiste des logiciels
Les autres arguments mis en avant par Vector Capital et sa banque conseil, Lazard, sont la prime de 19% par rapport au prix de souscription de l'offre de JP Morgan (de 8% en prix moyen pondéré), et surtout la moindre dilution pour les actionnaires existants : le montant de l'augmentation de capital réservée est plus réduit par rapport à la partie avec maintien du droit préférentiel de souscription. Quasi inconnu en France, le fonds américain essaie aussi de se présenter comme un actionnaire de référence plus légitime que JP Morgan en se définissant comme « un investisseur spécialisé dans le domaine des technologies bénéficiant de 15 ans d'expérience dans les technologies et les médias numériques », avec une « stratégie d'investissement très ciblée, axée sur les entreprises technologiques en évolution avec une forte composante de propriété intellectuelle », comme Technicolor. Les sociétés dans lesquelles Vector est investi sont peu connues en France, plutôt spécialistes des logiciels BtoB, comme SafeNet, spécialisé dans le cryptage et les DRM, les solutions de verrouillage des contenus et de données, Corel (logiciels graphiques, WinZip), etc. « Vector Capital est l'inverse d'un hedge fund et ce n'est pas un fonds qui fait de la vente par appartement. Il a investi dans énormément de sociétés de software et se situe à deux pas d'Hollywood, là où se trouvent les médias, les producteurs de contenus, c'est bien pour Technicolor et ses activités dans la numérisation, dans les décodeurs » plaide-ton dans l'entourage du fonds californien.

« Un partenaire actif et stable »
« Le partenariat est d'une nature différente : Vector est une société spécialisée dans les technologies, pas une banque, et qui ne fait que de l'investissement « equity », il n'y aura pas de conflit d'intérêt » poursuit le camp de Vector Capital. Le fonds réclame deux sièges au conseil d'administration à l'issue de la recapitalisation et affirme vouloir voter comme le conseil et soutenir la stratégie du directeur général, Frédéric Rose, le plan Amplify 2015. En tout cas pour l'instant. « Vector Capital sera un partenaire actif, stable et à long terme » promet le fonds, qui affirme avoir discuté depuis plusieurs mois avec la direction de Technicolor. Le déficit de notoriété du fonds américain, et la perception d'une approche hostile à l'égard du conseil d'administration, pourraient constituer un handicap. La balle est désormais dans le cas des actionnaires, qui sont convoqués le 20 juin en assemblée générale.
 

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