Rachat de SFR : « une légère hausse de prix ne poserait pas forcément problème » selon l’Arcep

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« Une légère remontée des prix ne pose pas forcément de problème tant que les clients obtiennent un bon service » a déclaré un des représentants du gendarme français des télécoms.
« Une légère remontée des prix ne pose pas forcément de problème tant que les clients obtiennent un bon service » a déclaré un des représentants du gendarme français des télécoms. (Crédits : reuters.com)
Un des membres du gendarme des télécoms a reconnu devant des investisseurs que la consolidation était poussée par la convergence fixe-mobile. Une légère hausse des prix ne serait pas, à ses yeux, problématique si le service au consommateur est de qualité.

Silencieuse depuis un mois que la bataille pour SFR bat son plein, l'Arcep, le gendarme des télécoms a fait enfin entendre (discrètement) sa voix sur le sujet. C'est à Londres, lors d'une conférence sur les télécoms organisée ce vendredi par la banque HSBC pour certains de ses clients investisseurs, que l'un des membres du collège de l'autorité de régulation s'est exprimé sur les conséquences d'un rachat de SFR. Interrogé sur l'impact du « choc de l'entrée de Free » sur le marché, il a déclaré que « ce qui pousse la consolidation, ce n'est pas le mobile mais la logique de la convergence fixe mobile » rapporte un des participants à ce « séminaire » en petit comité. En clair, ce n'est pas à cause de la baisse accélérée des prix que les acteurs veulent se rapprocher mais parce qu'ils ont besoin de renforcer leurs faiblesses, soit sur le fixe soit sur le mobile. Une explication qui vaut aussi bien dans le cas de Numericable-SFR que dans celui de Bouygues-SFR et l'accord associé entre Free et Bouygues : Free, venu du fixe, se renforcerait dans le mobile, Bouygues, peu développé dans le fixe, grandirait dans le haut débit en se mariant avec SFR, tandis que Numericable, quasi absent du mobile, y prendrait pied.

Une hausse de prix contre un meilleur service ?

Il a défendu l'idée que « la 4e licence n'avait pas pour but de déclencher une guerre des prix » mais de répondre à cette convergence fixe-mobile. Interrogé sur les conséquences éventuelles sur les prix de cette consolidation, en particulier si un rapprochement intervenait entre deux acteurs du mobile, le représentant de l'Arcep a minimisé leur impact.

 

« Une légère remontée des prix ne pose pas forcément de problème tant que les clients obtiennent un bon service » a déclaré un des membres du collège de l'Arcep.

 

 On se rappelle que le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, qui a l'Arcep dans le viseur, avait fustigé «  la spirale de la baisse des prix dans le mobile » et encouragé, contre ce phénomène, les « ententes » telles que l'accord de mutualisation entre SFR et Bouygues. Le ministre soutenait l'idée que les opérateurs avaient besoin de récupérer une marge de manœuvre pour investir dans les réseaux et ainsi fournir une bonne qualité de service à leurs clients.

Transfert du dossier à Bruxelles peu probable

Alors que Bouygues a prévu de revendre une bonne partie de ses fréquences à Free si son offre sur SFR était acceptée par Vivendi, le membre de l'Autorité a rappelé que les opérateurs pouvaient librement revendre leurs fréquences, après approbation de l'Arcep. Il a par ailleurs indiqué que l'Arcep « doute que l'Union européenne ait des arguments pour transférer le dossier à Bruxelles : à première vue, le critère de chiffre d'affaires paneuropéen n'est pas rempli. » De quoi rassurer Bouygues qui n'a eu de cesse de répéter que son éventuel rachat de SFR serait traité par l'Autorité de la concurrence française et non par la Direction concurrence de la Commission, comme l'envisageait une note de la représentation permanente de la France à l'UE. Un renvoi risquerait en effet d'allonger le délai. « Il n'y a aucun fondement juridique au renvoi » martèle-t-on d'ailleurs à l'Autorité de la concurrence. « Ce sont bien les Etats membres qui demandent eux-mêmes le renvoi, mais ces affaires sont très politiques. Si M. Almunia demande avec insistance le dossier, c'est difficile de le lui refuser » observe un haut fonctionnaire bien au fait des pratiques des institutions.

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a écrit le 30/03/2014 à 17:53 :
Fusionner c'est pour réaliser des économises d'échelle et mieux se développer il me semble. Augmenter les prix est inacceptable du point de vue clientèle! (à prestation identique) L'ARCEP essaie de faire passer le message dans les esprits qu'une future augmentation des tarifs de SFR est normale dans l'optique de la sauvegarde de l'emploi si chère à M. Montebourg... cependant les clients ne paient pas pour des emplois mais pour une prestation (avec ou sans emplois). Si le bras armé du gouvernement dans le secteur des télécoms souhaite à tout prix maintenir l'emploi, il n'a qu'à interdire toute fusion avec SFR. La gouvernement devra alors accepter le retard pris dans le secteur à cause de son ingérence dans les affaires privées.
a écrit le 29/03/2014 à 15:22 :
Légère hausse? Si mon forfait augment ne serais que de un euro c'est fini je le lâche !
a écrit le 29/03/2014 à 14:44 :
Cela m'étonnerait que les clients l'entendent de cette oreille. Le premier qui augmentera ses prix sera sanctionné, surtout après deux années de compétition et de baisse sur ce terrain.
a écrit le 28/03/2014 à 22:22 :
Qui peut croire que les opérateurs télécoms ne dégagent pas de cash? Regarder les rapports CA sur EBITDA de SFR, BYTEL, ILLIAD 2013: de nombreuses entreprises rêveraient de dégager de telles marges... Les opérateurs télécoms sont de vrais machines à cash, les salariés bien payés avec des avantages nombreux, 2 à 3 mois de participation et intéressement (qui peut en dire autant) et les actionnaires reçoivent de confortables dividendes...
Réponse de le 29/03/2014 à 2:01 :
En tant qu'employé d'un de ces groupes, j'aurais apprécié percevoir un tel intéressement...2 à 3 mois. Sur quels chiffres fantaisistes vous avancez-vous ?
Réponse de le 29/03/2014 à 11:22 :
Bonjour,
Je ne fais que relayer les informations postés par vos organisations syndicales: CFDT Bouygues telecom qui évoque un montant intéressement/participation 2013 (soit après l'arrivée de free et la chute du CA) équivalent à 1.8 mois alors que les autres opérateurs sont proche de 2 mois. Avec les dispositifs d'abondement, celà équivaut presque à 3 mois de salaire. Beaucoup de salariés ne touchent que qq centaines d'euros, c'est malheureusement une réalité
Réponse de le 29/03/2014 à 13:20 :
@client : vous parlez dans le vide ; soit vous fantasmez, soit plus vraisemblablement, vous ignorez tout du monde des télécoms. Dans les deux cas, votre avis est insignifiant (au sens littéraire bien entendu, i.e. n'a pas de sens).
Réponse de le 29/03/2014 à 19:26 :
Idem pour moi. J aimerai bien avoir ces 2 a 3 mois d interessement.
Réponse de le 30/03/2014 à 23:59 :
Les syndicats de bouygues ne s occupent pas de toutes les entreprises de télécommunications...tant mieux pour eux s ils gagnent autant
Je travaille chez une des société dont on parle beaucoup en ce moment et sachez que nous sommes loin d avoir 2/3 mois de salaires en plus
Il faut pas tout mélanger et surtout arreter de croire et juger des choses qu on ne connait pas
Pour ma part je pense que cette histoire montre qu il y a certainement des histoires de gros sous et même le gouvernement y participe et le pire c est que c est flagrant et moi je cautionne pas cela:-(:-(
Réponse de le 31/03/2014 à 14:29 :
Je peux vous garantir que chez Bouygues telecom, nous n'avons plus ni intéressement ni participation depuis 2011. quand au 2-3 mois, j'aurais bien aimé mais je n'ai jamais atteint les 2 mois.
Il faut arrêter de dire n'importe quoi.
Réponse de le 31/03/2014 à 19:15 :
Je bosse chez Orange, chez nous c'est un peu plus d'1 mois de salaire, intéressement et participation. Il n'y a pas de 13ème mois.
Réponse de le 01/04/2014 à 10:21 :
idem je bosse chez Bouygues telecom et nous n'avons plus ni interressement, ni participation depuis 2011. quand au 2/3 mois de salaire jamais eu en 15 ans de boite, révisez vos sources

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