Avant la présidentielle, les lamentations des télécoms

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En 2015, hors achats de fréquences, les opérateurs français ont investi 7,8 milliards d’euros, soit 22% de leur chiffre d’affaires, contre 7 milliards l’année précédente.
En 2015, hors achats de fréquences, les opérateurs français ont investi 7,8 milliards d’euros, soit 22% de leur chiffre d’affaires, contre 7 milliards l’année précédente. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Lors de la publication de son étude annuelle sur la santé du secteur, la Fédération française des télécoms (FFT) a dressé le portrait d’une industrie au bord de la « rupture ». Pour le lobby, l'objectif est clair: décrocher les faveurs du prochain locataire de l'Elysée.

Pour lui, rien ne va plus. Régis Turrini, le président de la Fédération française des Télécoms (FFT), le lobby du secteur, a dressé ce mardi un portrait alarmant de l'état de cette industrie dans l'Hexagone. Aux yeux du chef de file de ce lobby, « on est arrivé à une forme de point de rupture ». Pourquoi ? Parce qu'à l'en croire, « c'est difficile de continuer à investir et de fournir des services sur tout le territoire: on déploie toujours plus d'infrastructures en payant plus d'impôts alors que les prix, eux, n'arrêtent pas de baisser ». Des lamentations qui, en pleine campagne présidentielle, ressemblent à un appel du pied aux « prochains gouvernants ». Lesquels, il l'espère, se rangeront du côté des industriels.

Pour illustrer les difficultés du secteur, Régis Turrini s'est appuyé sur l'étude annuelle du secteur publiée par la FFT, et réalisée par le cabinet de conseil Arthur D. Little. L'occasion de dégainer un premier chiffre choc : en 2015, hors achats de fréquences, les opérateurs français ont investi 7,8 milliards d'euros, soit 22% de leur chiffre d'affaires, contre 7 milliards l'année précédente. Des montants aussi « considérables » qu'indispensables, rappelle Régis Turrini. « Les investissements, c'est le fondement du métier. Si vous n'investissez pas, vous en subissez immédiatement les conséquences en termes de qualité de réseau [...], et donc en termes de pertes de clients et de baisse de chiffre d'affaires », affirme le président de la FFT. Régis Turrini sait de quoi il parle. Il est aussi secrétaire général de SFR. Depuis que l'opérateur au carré rouge a été racheté par Numericable et Patrick Drahi fin 2014, il a perdu plus de deux millions de clients. La faute, notamment, à un réseau dégradé après une interruption des investissements.

« Un abonnement 4G au prix d'un café » ?

Le problème, relève Régis Turrini, c'est qu'en parallèle de ces dépenses liées aux déploiements de nouvelles antennes ou de raccordements des foyers à la fibre, les revenus du secteur ont dégringolé. Depuis l'arrivée Free Mobile et de ses offres à prix cassés en 2012, le secteur est plongé dans une guerre des prix. En témoigne, par exemple, les multiples promotions de Noël des opérateurs.

« Pour le prix d'un café, aujourd'hui, vous avez un abonnement 4G avec appels illimités et 20 gigas de data tous les mois, constate Régis Turrini. Mais derrière, il y a des infrastructures... Les télécoms, c'est quand même une industrie très lourde. Mais cette industrie, elle n'est pas véritablement payée. »

Dans ce contexte, certaines « spécificités » françaises « ne vont pas dans le bon sens », juge le patron de la FFT. Une, en particulier, concentre les attaques du lobby : la fiscalité. L'argumentaire est bien rôdé : l'impôt sur les sociétés des opérateurs télécoms est passé de 2 milliards d'euros à 1 milliard d'euros de 2012 à 2015. Ici, la FFT ne relève rien d'anormal puisque le secteur a gagné moins d'argent. Le problème, d'après elle, c'est que sur cette période, la fiscalité spécifique des opérateurs de télécommunications est restée à 1,2 milliard d'euros par an. D'après le lobby, ces prélèvements devraient a minima être corrélés à la baisse d'activité. Pour les opérateurs, il s'agit d'un sujet de crispation récurrent. C'est la raison pour laquelle la FFT a tout fait, en octobre dernier, pour s'opposer à une nouvelle augmentation de la taxe télécoms pour financer l'audiovisuel public.

Certains impôts « sont des paradoxes »

Pour Régis Turrini, certains impôts « sont des paradoxes en soi ». Il cite notamment la taxe Ifer (Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux), qui vise les antennes. Avec cette mesure, « plus vous investissez, plus vous payez de taxes ! », s'étrangle le président de la FFT, qui espère obtenir « un plafonnement » de cet impôt. Mais « pas sûr qu'on y arrive », étant donné que le gouvernement le considère comme « une ressource très dynamique », ironise-t-il.

A travers cet exemple, la FFT estime que les pouvoirs publics ont leur part de responsabilité dans les difficultés des opérateurs. « Comme on est obligé d'investir et que les revenus stagnent ou baissent, il y a un problème au niveau de l'Ebitda, estime Régis Turrini. Cela se concrétise par un effort considérable sur la productivité et sur des pertes d'emplois. » Le secteur a en effet beaucoup taillé dans ses effectifs ces dernières années. Une tendance qui se poursuit: SFR a récemment prévu de supprimer 5.000 postes, soit un tiers de ses troupes. Autant d'arguments que la FFT espère mettre à profit pour décrocher les faveurs du prochain président.

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Commentaires
a écrit le 16/12/2016 à 8:31 :
On nous vend des forfaits à 3-4 euros pour 10 ou 20 G, ce qui est un prix complètement ridicule et après on se plaint ! C'est le gouvernement qui fixe ces prix peut-être ? Messieurs les opérateurs un peu de cohérence ! D'ailleurs le seul opérateur qui soit vraiment en difficulté c'est SFR (et en très grande difficulté même) , et c'est Drahi le grand artisan de son malheur, et son raid suicidaire, et son incompétence notoire, comme augmenter les prix après son acquisition (idée géniale: 2 millions d'abonnés perdu je crois). Si SFR veut plus faire plus de marge, c'est pour rembourser la dettes colossale et personnelle que Drahi a contracté lors de l'achat de SFR. Il n'investira pas plus: SFR investi le minimum pour survivre de toute façons.
a écrit le 14/12/2016 à 18:15 :
ce genre de communiqués se traduit généralement par des commentaires sur les gros se gavent, l'indécence des dividendes...
on parle trés souvent de la marge brute qui avoisine quelque fois les 30%, ratio absurde car c'est sans intégrer les charges, les amortissements.
prenez les comptes de résultats et calculez le ratio de marge nette sur somme des dépenses, il est aux alentour des 5% pour les opérateurs qui investissent, pas de quoi fouetter un chat !
quand aux dividendes, c'est le taux d'intérêt payé à ceux qui apportent leur argent avec un gros risque sur le capital. Ce taux là aussi ramené à une analyse objective est inférieur à 5% pour 95% des grosses entreprises. Vu le risque pris sur le capital, aucune banque ne préterait à ce taux qui n'a rien de prohibitif.
la comparaison avec free est totalement faussée : cet opérateur vit sur le dos des opérateurs investisseurs, son patron, milliardaire du minitel rose possède plus de 55% du capital et reçoit plus d'un million par mois rien qu'en dividendes, "facile" ensuite de critiquer les salaires des patrons du cac !
quand aux services pas chers : avec un tarif de 2e, si on imagine 10% de marge nette pour financer les au moins un milliard par an d'investissement sur un réseau mobile (bien plus en réalité), combien faut il de clients sur l'hexagone pour rentabiliser cet investissement sur 5 ans (durée de vie économique des matériels) ? : 440 millions ! si les 4 opérateurs font de même, il en faut 1,7 milliards !!!, donc est ce que cet opérateur fait du social ? et donc qui paye réellement ? cherchez l'erreur !
a écrit le 14/12/2016 à 17:58 :
effectivement, alors qu'il n'y a plus que 10 opérateurs aux US, 4 sur le mobile, il y a 159 opérateurs en europe "grâce" à un système de régulation européen et dont la version française est la pire d'europe à plomber les opérateurs investisseurs et surtout l'OH qui non seulement loue toutes ses parties de réseaux anciens à prix coûtant, tarif de dégroupage le plus bas d'europe des pays industrialisées, mais aussi tous ses nouveaux investissements.
Donc un système pas du tout concurrentiel mais une sécurité sociale des parts de marchés qui n'existe dans aucun autre secteur marchand.
et après avoir détruit les équipementiers qui étaient le fleuron de la france (matra, cgct, sat, alcatel, thomson..etc) par des régles d'ouverture sans précaution, la régulation est en train de détruire le secteur des opérateurs, ATT, ZTE, TATA se disent trés intéressés par certains opérateurs investisseurs trés affaiblis par ces mécanismes anticoncurrentiels.
Et après avoir absorbé les meilleurs opérateurs à bas prix, les coucous qui vivent sur le dos des investisseurs disparaitront évidemment tous seuls...merci qui ?
et peut on faire plus absurde ? non, ça c'est le privilège de la france !
a écrit le 14/12/2016 à 17:40 :
le problème de fond est surtout notre système de régulation atypique au niveau européen, qui distribue les parts de marchés de façon mécanique (orange est obligé de louer tous les nouveaux investissements à prix coûtant aux autres opérateurs via des offres de gros, qui l'explique ?), régulateur qui ne se cache pas travailler pour "le petit" et que donc les dés sont totalement pipés.
Le constat édifiant et qui prouve l'anomalie du système est que les variations des parts de marchés est totalement inversement proportionnel aux investissements des opérateurs, investissement qui va de 1 milliards pour free et bouygues, à 3,5 pour SFR, 6,5 pour orange, et un cous de bourse lui aussi inverse : de 180e pour free à 14e pour orange.
il est urgent de passer de se secteur administré contreproductif à une vraie dynamique concurrentielle ouverte et équitable, et les résultats seront automatiquement assainis, on aura le vrai prix du service.
car on oublie aussi de dire que pour faciliter la vie du petit, le régulateur oblige à un investissement public sur les zones non denses, le client aussi contribuable a payé plus de 7 milliards d'impôts pour des projets non rentables, mal ciblés, un pur gaspillage d'argent public.
a écrit le 14/12/2016 à 11:25 :
Les politiques cherchent en permanence qui et quoi taxer pour faire face à leur irresponsabilité de gestionnaire. Les ordinateurs de Bercy tournent à fond pour trouver toujours et toujours de quoi à gaver le politique. Cela concerne autant la droite que la gauche et surtout que M. Fillon ne vienne pas donner des leçons car il a été un grand organisateur de cette course folle et incapable de prendre ses responsabilités comme faire face aux dictas des syndicats de l’audio visuel ( 6 ou 78 chaînes autant de radios) un gouffre politique, plus facile aussi de taxer les retraites complémentaires des salariés des entreprises ou les taxes sur les mutuelles la ridicule taxe sur les boissons sucrées ou la fameuse et taxe sur l’acheminent de l’électricité un grand mensonge politique car taxe EXCLUSIVEMENT pour payer les retraites des électriciens /gaziers On voit d’ailleurs que la gestion du pays est toujours la même depuis des décennies et plus particulièrement sous le couple infernal des taxes et impôts M. Sarkozy/ Fillon suivi comme des ânes par le non moins couple infernal M. Hollande/ M. Valls. Je pose la question pourquoi les télécoms ne mettent pas leur entreprise en Irlande/ Pays Bas et autres oui cela nuirait à la France mais les politiques qui sont les plus nuisibles se moquent bien de la France en dehors des discours pompeux parfois surréalistes mais surtout irresponsables.
Réponse de le 14/12/2016 à 18:28 :
totalement d'accord, le système politico-administratif français n'est capable que de détruire l'énorme potentiel français de l'innovation et des entreprises, via des régles d'une absurdité sans limites.
surtaxations, contraintes aberrantes, impôts en couches additionnelles (il faut mettre des milliards sur la table en investissements et en taxe de fréquences, avant d'avoir eu un euro de chiffre d'affaires, donc taxation de la richesse avant qu'elle ne soit créée)..on plombe ce qui créé la richesse pour alimenter le tonneau des danaides du secteur public et politique, le plus dépensier d'europe avec en face les pires résultats (scolaires, délinquance, déficits, dette, chômage...)
c'est pas l'inverse qu'il faudrait faire ? des gains par dizaines de milliards si on s'intéresse à l'efficacité et le performance du secteur public (cf CdC..), ceci pour alléger les impôts et charges et donc donner toutes les bonnes conditions de réussite aux entreprises qui créent la richesse et l'emploi ? c'est quand qu'on sort de cette dictature politico-administrative profondément destructrice et qui se gave d'argent public sur notre dos ?
a écrit le 14/12/2016 à 11:22 :
sortez vos mouchoirs les pleureuses sont de sortie pour les présidentielles.quid du représentants (sfr) ce matin sur france info qui nous a fait un discours sur les chiffres des opérateurs .mon dieu j ai failli demander un telethontelcom pour venir en aide a ces pauvres quid des 50 milliards d endettement de sfr

au fait que dire des financements des contribuables pour les antennes mutualisées dans les zones non accessibles et autres et les déploiements des fibres haut débit que les départements finances .
a écrit le 14/12/2016 à 9:38 :
A ma connaissance, la FFT est le lobby des opérateurs mais sans Free... Et pas un mot de leur part sur le fait que les dividendes n'ont pas bougé malgré la situation qu'ils disent dramatique. Donc en effet ce sont bien des lamentations de quelques opérateurs historiques qui après des années d'entente sont tristes de revenir à un marché concurrentiel. Snif...
a écrit le 14/12/2016 à 8:24 :
c'est pas des lamentations c'est une realite
si vous aimez les sensations faites un article sur ' les lamentations des energeticiens allemands'; merkel a vide leurs caisses a hauteur de 80 milliards, maintenant en cas de pb l'allemagne est dependante de ses partenaires....
les telecoms ca finance tout et n'importe quoi, , puis on vous reglemente, puis on vous fait entrer un acteur sans cout fixe qui peut facturer pres du cout marginal en expliquant qu'il marge a 80% ( ...... en marge sur cout variable, ce qui est coherent vu que le cout marginal d'un serveur est nul)
au passage on vous oblige a acheter tres cher une licence pour boucher le deficit de l'etat
puis....

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