Avec le paiement mobile, Orange confirme sa stratégie de diversification

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La semaine dernière, Orange Cash, qui compte 30.000 clients, a enregistré 6.000 transactions dans l'Hexagone.
La semaine dernière, Orange Cash, qui compte 30.000 clients, a enregistré 6.000 transactions dans l'Hexagone. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
L’opérateur historique a présenté lundi Orange Cash, une solution de paiement sans contact sur smartphone. Sur le créneau de la banque, le groupe espère générer un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros d’ici à 2018.

Suivre la valeur ajoutée là où elle se déplace. Tel pourrait être l'actuel credo d'Orange. L'opérateur historique des télécommunications en France, fort de quelque 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier, a dévoilé ce lundi Orange Cash, sa nouvelle solution de paiement mobile en France. Cette nouvelle incursion d'Orange dans le monde de la banque vient confirmer que le groupe souhaite profiter au maximum des relais de croissance offerts par l'Internet des objets. Et ce, même dans des domaines au premier regard éloignés de son cœur de métier.

Présenté ce lundi, Orange Cash vise à transformer son smartphone en carte bleue virtuelle. Une fois l'appli téléchargée, l'utilisateur peut alimenter son nouveau portefeuille électronique jusqu'à 1.000 euros. Sachant qu'à chaque recharge - et ce quel que soit le montant -, l'opérateur prélève 0,79 euros. Ceci fait, l'utilisateur peut payer ses achats dans tous les commerces équipés de terminaux de paiement sans contact utilisant la technologie NFC (Near Field Communication), en y approchant simplement son smartphone. Pour les achats supérieurs à 20 euros, un code à quatre chiffres est demandé.

Les usagers d'iPhone sur la touche

Développé avec Visa, Orange Cash a aussi été pensé comme une solution de paiement sur la Toile. L'appli permet de générer une carte de crédit virtuelle, indépendante de sa carte de paiement traditionnelle. Celle-ci permet d'acheter sur n'importe quel site d'e-commerce. En procédant de la sorte, l'usager ne transmet pas ses coordonnées bancaires sur Internet. Ce qui, d'après Orange, constitue un gage de sécurité.

Toutefois, plusieurs restrictions demeurent. Seuls les clients mobiles d'Orange et Sosh (la marque low cost de l'opérateur) peuvent bénéficier de cette appli. Et leurs smartphone devront être compatibles avec la technologie NFC. En outre, les utilisateurs d'iPhone ne pourront pas utiliser cet outil, Apple voyant dans Orange Cash un concurrent direct d'Apple Pay, sa propre solution de paiement sans contact. Fabienne Dulac, la nouvelle patronne d'Orange France, a expliqué lundi que des « discussions [étaient] en cours » avec la marque à la pomme. Mais d'après elle, il n'est clairement pas dit qu'elles aboutissent de manière favorable pour l'opérateur.

Des partenariats avec des grands groupes

Déployé officiellement dans tout l'Hexagone le 8 octobre dernier, Orange Cash a été testé pendant un an dans cinq villes : Caen, Rennes, Nice, Strasbourg et Lille. A ce jour, l'appli compte 30.000 utilisateurs, précise Fabienne Dulac, qui espère passer la barre des 65.000 clients d'ici la fin de l'année. Pour convertir ses clients et les inciter à utiliser fréquemment le nouvel outil, Orange mise notamment sur des partenariats avec des groupes et chaînes de magasins. Parmi eux, on trouve le spécialiste des surgelés Picard, McDonald's, le leader du prêt-à-porter Etam ou encore les boulangeries Paul. Orange fait ainsi valoir qu'à tout moment, grâce à la géolocalisation, un utilisateur d'Orange Cash peut s'informer et bénéficier de « bon plans » et remises « exclusives » disponibles dans les boutiques de ses partenaires situées à proximité.

Pour Orange, le déploiement d'Orange Cash n'est qu'une des nombreuses offensives du groupe dans le secteur bancaire. Après avoir lancé une solution de paiement et de transfert d'argent Orange Money en Afrique dès 2008, le géant français des télécoms a multiplié les initiatives dans les services financiers. En octobre 2014, il s'est notamment associé avec une grande banque polonaise pour lancer Orange Money dans ce même pays. Avec cette appli mobile, il est possible de payer, d'effectuer des virements, mais aussi de souscrire à un crédit ! En outre, Orange compte ouvrir au début de l'année prochaine une banque « 100% digitale », dédiée aux opérations bancaires les plus courantes.

Migrer vers les services à valeur ajoutée

La diversification dans les services bancaires apparaît éminemment stratégique. Fabienne Dulac l'a rappelé : l'opérateur espère réaliser sur ce créneau quelques 400 millions d'affaires d'ici à 2018, contre une cinquantaine de millions l'an passé. Surtout, ces initiatives montrent que l'opérateur ne veut pas s'enfermer dans son rôle historique de fournisseur de connectivité fixe et mobile - qu'il s'agisse de l'Internet ou du téléphone - tandis qu'avec l'essor du digital, la valeur ajoutée migre progressivement dans les services nouveaux et innovants. Orange compte ainsi jouer un rôle de premier plan dans la révolution de l'Internet des objets, en témoigne le déploiement de son futur réseau bas débit dans l'Hexagone.

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Commentaires
a écrit le 20/10/2015 à 18:22 :
ou ...comment programmer un bouillon ...?
c'a rappele un certain Messier ? non ?
en plus , ( de manière impartiale ? ) vous ne dites pas tout ...parlez nous donc de la géolocalisation ...
a écrit le 20/10/2015 à 14:18 :
Une fois de plus Orange met à côté. Devenir le premier des ringards en usant du privilège de son carnet d'adresse n'est pas une référence. Si les entreprises de technologie visent à développer une application disruptive afin de la vendre avec profit à de plus grandes ou en faire une porte d'entrée vers d'autres univers, ce n'est pas la configuration de l'opérateur français. Bien au contraire en inscrivant cette modalité à son catalogue il va déclencher une accélération du processus qui va disqualifier une partie de notre économie. Le premier point est que vont se dessiner des modes d'échanges hors devise sous forme de troc de "monnaie" virtuelle. Venue d'autres activités Orange n'y aura pas accès mais en aura implémenté le principe de paiement sous forme mobile qui manquait. Le second point est qu'une taxe reversable va apparaître pour tout achat. Ensuite les banques pourront donner leur propre produit directement en IP ou par un accord avec d'autres opérateurs. Etc. Orange veut remplir le réservoir de la voiture mais il n'a pas de voiture.
a écrit le 20/10/2015 à 12:12 :
encore un projet qui finira dans les cartons ...
a écrit le 20/10/2015 à 11:53 :
Pour être honnête, il est difficile de comprendre la valeur ajoutée de ce "produit" puisque la carte de crédit virtuelle existe déjà, la paiement par contact jusqu'à E 20 aussi.
Cordialement
a écrit le 20/10/2015 à 10:21 :
big brother inside... non seulement les opérateurs téléphonique connaissent tous nos déplacements, mais via les smartphones ils vont savoir ce que l'on achète, dans quel magasin...
a écrit le 20/10/2015 à 9:36 :
paiement sans contact, géolocalisation pour matraquage commercial, la téléphonie qui fait banque, qui fait assurance, qui fait, qui fait .....et la grenouille qui fait le bœuf!!! Tout le monde sait comment finit la grenouille!!!
a écrit le 20/10/2015 à 8:59 :
l'idee n'est pas mauvaise, vaut mieux maitriser le tuyau et les services notamment a cause du hacking, et ca demande bcp moins de capital, c'est moins soumis a disposition gracieuse quasi gratuite aux concurrents, etc...
apres, l'adoption est plus facile en afrique vu qu'ils n'ont rien, alors qu'en france le client est deja equipe
le facteur cle, comme avec le beebop, c'est les autres, ici ' les commercants'
a écrit le 20/10/2015 à 7:42 :
Encore une invention franchouillarde comme le Minitel, Beebop ou SECAM qui font les délices de notre fonction publique et des anciennes entreprises dites nationales et qui se terminent par un flop, faisant perdre des années aux français.
Réponse de le 20/10/2015 à 18:24 :
très bon resumé .

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