Devenir payant, l'issue de secours de Facebook ?

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Facebook, le plus grand réseau social au monde, revendique 2,2 milliards d'utilisateurs actifs par mois.
Facebook, le plus grand réseau social au monde, revendique 2,2 milliards d'utilisateurs actifs par mois. (Crédits : Dado Ruvic)
En plein scandale sur la protection des données personnelles, Facebook réfléchirait en interne à une version payante de son service. La souscription à un abonnement permettrait de supprimer les pubs, et donc, d'arrêter le ciblage publicitaire. Alors que le réseau social traverse la plus grande remise en question de son histoire, accompagnée d'une crise de confiance de ses utilisateurs, reste à savoir combien les internautes seraient prêts à débourser.

Et si Facebook devenait payant ? Alors que le réseau social est gratuit depuis sa création en 2004, l'idée semble faire son bout de chemin en interne, selon des informations de Bloomberg. Le fleuron de la Silicon Valley aurait lancé une étude de marché pour déterminer si le lancement d'une version payante - avec abonnement et sans publicité - rendrait le service plus attractif pour rejoindre la plateforme. Une option déjà étudiée par le passé... Mais qui aurait trouvé un nouvel écho en interne depuis le scandale Cambridge Analytica, révélé fin mars.

Facebook traverse depuis la plus grande crise de son histoire. En effet, le premier réseau social au monde est accusé de laxisme pour avoir permis au cabinet d'analyse Cambrigde Analytica de mettre la main sur les données personnelles de 87 millions de ses utilisateurs. Ces données auraient été utilisées à des fins politiques, dans le cadre de la campagne du "Leave" pour le Brexit et l'élection présidentielle américaine en 2016. Depuis fin mars, les pratiques du géant de l'Internet en matière de collecte de données sont passées au peigne fin. Au point que l'entreprise a avoué collecter des données personnelles sur les internautes, y compris ceux qui sont déconnectés du réseau social voire même, qui n'ont pas de compte Facebook.

| Lire aussi : Oui, Facebook collecte vos données même si vous n'avez pas de compte

Une remise en question forcée chez Facebook

En pleine débâcle, Facebook multiplie les annonces pour montrer patte blanche. Lors de son audition devant le Congrès, début avril, Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur de Facebook, annonçait solennellement : "Nous traversons un grand changement philosophique au sein de notre entreprise." Avant de laisser la porte ouverte à une offre payante, en précisant :

"Il y aura toujours une version de Facebook qui sera gratuite. C'est notre mission de connecter les gens partout dans le monde et pour ce faire, nous estimons que nous devons apporter un service que tout le monde peut s'offrir."

L'étude sur l'offre payante serait à ses prémices et la probabilité qu'elle voit le jour reste infime, selon des sources anonymes interrogées par Bloomberg. Pourtant, un système d'abonnement permettrait à Facebook, dont le business model repose quasi-exclusivement sur la publicité, de diversifier ses sources de revenus - notamment en cas de chute de son audience au regard des récents scandales. Sans compter que la protection des données personnelles à le vent en poupe, avec l'entrée en vigueur le 25 mai prochain du Règlement général sur la protection des données, qui s'apprête à réduire les marges de manœuvre des entreprises et administrations en matière de collecte de données. Facebook est également sous la menace d'une régulation aux États-Unis, se voulant plus protectrice en matière de collecte d'informations.

Reconquérir la confiance des utilisateurs

Côté utilisateur, un abonnement permettrait de ne plus être exposé en permanence à la publicité ciblée. Car c'est l'une des raisons qui poussent les utilisateurs à quitter le service. Un Français sur quatre serait prêt à supprimer son compte Facebook, selon un sondage Ifop pour Le Parisien publié à la mi-avril. Dans le détail, 67% des sondés déclarent ne pas faire confiance à Facebook. Quant à ceux qui envisagent de supprimer leur compte, la première raison est la crainte de voir utiliser ses données personnelles (42%).

Suite au scandale Cambridge Analytica, le réseau social s'est heurté à la fronde des internautes avec la campagne #DeleteFacebook (en français, "supprime Facebook"). Mark Zuckerberg avait même admis qu'un "problème de confiance" s'installait chez les utilisateurs. Fin 2017, déjà, Facebook accusait d'une baisse du temps passé sur son réseau social "d'environ 50 millions d'heures par jour" - soit un repli de 5% pour le dernier trimestre de l'année dernière.

Un abonnement entre 11 et 14 dollars ?

Pour autant, l'entreprise n'a pas encore pâti de la polémique Cambridge Analytica lors de l'annonce de ses résultats trimestriels fin avril. Plus riche que jamais, le réseau social revendique un chiffre d'affaires ahurissant de 12 milliards de dollars (+49% sur un an) et un bénéfice net de 5 milliards de dollars (+63% sur un an). Son audience continue même de croître, avec 2,2 milliards d'utilisateurs dans le monde (+13% sur un an).

Reste à savoir combien d'entre eux seraient prêts à payer pour accéder à Facebook, symbole du tout-gratuit sur Internet. Au regard des revenus générés par utilisateur en 2017, l'abonnement payant devrait s'établir entre 11 et 14 dollars par mois aux États-Unis pour compenser les recettes publicitaires, selon le site spécialisé TechCrunch. Une somme similaire aux tarifs en vigueur chez Netflix (11 dollars par mois) ou encore Spotify (10 dollars par mois), qui supportent des charges de production ou de droits d'auteurs.

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Commentaires
a écrit le 07/05/2018 à 18:16 :
en prenant l’exemple de certains articles bloqués et payants en ligne :
ça n’incites pas plus a payer ou s’abonner.
le «  top » n’existe pas et tous le monde le sait .

le changement de Facebook doit être technologique : empêcher leur système de récolter et protéger les données et les actionnaires : tant pis pour eux.
a écrit le 07/05/2018 à 17:54 :
il y aura une version payante pour clouer le bec de tous ceux qui veulent tout gratuit tout le temps ( mais qui a titre perso ne travaillent pas gratuitement)............ vu qu'ils auront le choix, la balle sera dans leur camp, et personne ne doute qu'ils preferont laisser fb analyser ce qui est ecrit et ce qui est image..... ils hurleront que c'est du nazisme contraire a l'esprit du web que de faire payer un service qui ne coute rien a fabriquer, au moins par principe
a écrit le 07/05/2018 à 15:34 :
Situation cocasse dans laquelle ce sont les politiciens qui demandent à la multinationale de se plier à leurs règles et non les consommateurs qui s'en tapent comme de l'an quarante de cette cabale contre des GAFAM qui sont trop jeunes pour avoir eu le temps d'acheter tous les politiciens ou les bons du moins. Et puis combien de faux comptes facebook ? Il serait peut-être temps de se pencher dessus non ? Ah ben non c'est vrai ça fait baisser la marge bénéficiaire de l'actionnaire la vérité...

Très peu de gens paieront un facebook pour faire ce qu'ils ont à faire dessus, à savoir pas grand chose et ils continueront d'utiliser celui qui pique nos données car nous savons depuis très longtemps qu'on ne peut pas faire confiance au secteur marchand et que donc le mieux c'est de refiler des données erronées.

Ainsi le secteur marchand s'en contente largement puisque ses clients ne sauront jamais que ces données sont totalement falsifiées et inutilisables en théorie mais en pratique, comme on parle de produit qui n'existe pas, au final tout le monde se fiche que les informations soient vérifiées au pas.

Une économie de dupe mais il fallait bien se douter que de faire du fric avec des produits qui n’existent pas ne pouvait qu'exciter dangereusement la finance.

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