Renesas annonce une externalisation de sa production de microcontrôleurs

Le premier fabricant japonais de semi-conducteurs a annoncé ce lundi une nouvelle externalisation de sa production de microcontrôleurs au profit du groupe taïwanais TSMC. Le groupe s'apprête à supprimer jusqu'à 14.000 emplois, selon la presse nippone.
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Le premier fabricant japonais de semi-conducteurs, Renesas Electronics, a annoncé ce lundi une nouvelle externalisation de sa production de microcontrôleurs au profit du groupe taïwanais TSMC.  Le communiqué publié par l'entreprise nippone n'a pas évoqué les conséquences de cette décision en termes d'emplois alors que la presse japonaise fait état ces derniers jours d'une restructuration massive pouvant toucher jusqu'à 14.000 postes (sur 42.800).

" Renesas Electronic et TSMC annoncent avoir signé un accord pour étendre leur collaboration dans la technologie des microcontrôleurs aux procédés de fabrication à 40 nanomètres, destinés à la nouvelle génération d'automobiles et à des applications domestiques", a expliqué Renesas dans son communiqué. Les microcontrôleurs sont des semi-conducteurs utilisés dans de nombreux secteurs, notamment dans l'automobile dont Renesas est un fournisseurs majeur à travers le monde.

Leçons du séisme

L'arrêt brutal de la production d'une usine stratégique de Renesas au Japon, après le séisme dans l'archipel du 11 mars 2011, avait perturbé la fourniture de microcontrôleurs aux constructeurs d'automobiles du monde entier, dont PSA, entravant leurs propres chaînes d'assemblage. "En combinant le savoir-faire de nos deux entreprises, nous allons construire une structure de production assurant un approvisionnement stable de nos clients", a ajouté le groupe.

D'après les quotidiens "Yomiuri Shimbun" et "Nikkei", Renesas est en train de mettre la dernière touche à un plan comprenant la réduction d'un tiers de ses effectifs, soit jusqu'à 14.000 emplois sur les quelque 42.800. Cette diminution se ferait pas le gel des recrutements de nouveaux salariés, le non-remplacement des personnes partant à la retraite, l'appel à des départs volontaires et le transfert d'employés aux maisons actionnaires que sont les groupes d'électronique diversifiés NEC, Hitachi et Mitsubishi Electric, ont précisé les journaux. Parallèlement, l'entreprise prévoit de renforcer son assise financière par une augmentation de capital de 100 milliards de yens (environ 1 milliard d'euros), ont affirmé les mêmes sources.

19 usines en moins

Le groupe se verrait aussi contraint de fermer ou vendre plusieurs de ses 19 usines au Japon. Renesas, qui traverse une passe difficile à l'instar du spécialiste nippon des mémoires DRAM, Elpida Memory, en faillite, prévoierait également de revoir ses procédés de production en confiant davantage de tâches à des sous-traitants afin de réduire ses frais fixes. Par ailleurs, le groupe est en discussions avec ses compatriotes Fujitsu et Panasonic en vue d'un regroupement de leurs divisions du développement et de fabrication des circuits intégrés à grande échelle (LSI). Ce qui permettrait de mieux lutter contre la concurrence et de disposer de capacités d'investissement plus importantes, condition sine qua non pour produire des puces sur-mesure compétitives. Toutes ces dispositions pourraient être présentées d'ici à l'assemblée générale des actionnaires prévue fin juin.


Entité issue de la fusion de Renesas Technology (coentreprise créée par Hitachi et Mitsubishi Electric) et de NEC Electronics, ex-filiale de semi-conducteurs du groupe NEC, Renesas Electronics a achevé en mars dans le rouge l'exercice 2011-2012. La firme a été victime d'importantes pertes au premier semestre liées au séisme du 11 mars 2011 au Japon, puis a pâti d'une dégradation du marché international des puces électroniques sur fond de ralentissement de l'activité internationale.

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