En Italie, Iliad songe déjà à se lancer dans l’Internet fixe

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Maxime Lombardini, le DG d'Iliad (Free).
Maxime Lombardini, le DG d'Iliad (Free). (Crédits : Reuters)
Lors de la présentation des résultats semestriels du groupe, ce vendredi, Maxime Lombardini, le DG de l’opérateur de Xavier Niel, a indiqué que le groupe réfléchissait à se lancer dans l’Internet fixe de l’autre côté des Alpes. Tout en indiquant que cette offensive ne viendrait qu’après « le lancement et le déploiement » de son réseau mobile.

La concurrence est prévenue. En Italie, Iliad (maison-mère de Free) ne veut pas se contenter, à terme, d'être uniquement opérateur mobile. Comme l'a spontanément indiqué Maxime Lombardini, son DG, ce vendredi lors de la présentation de ses résultats semestriels, le groupe de Xavier Niel réfléchit à se lancer dans l'Internet fixe dans la péninsule.« Même si nous n'avons pas de projet à très court terme, nous avons le sentiment qu'il y a une vraie opportunité dans le l'Internet fixe puisque le pays est relativement peu équipé, a-t-il lâché. Moins de 60% des foyers disposent aujourd'hui d'un accès fixe, là où la France doit être autour de 90%. D'autre part, aucun acteur ne se détache vraiment des autres aujourd'hui. Enfin, le déploiement par Enel, un opérateur de gros, d'un réseau de fibre optique très soutenu par les pouvoirs publics, constitue à nos yeux une opportunité assez unique de rentrer sur ce marché. »

Logiquement, Maxime Lombardini a prévenu que cette offensive dans l'Internet fixe « ne viendra qu'après le lancement et le déploiement » de son réseau et de son offre mobile. Sachant que Free compte se lancer sur ce marché d'ici à la fin de l'année.

Si Iliad évoque dès maintenant la possibilité d'investir le marché de l'Internet fixe, c'est probablement parce qu'il sait qu'en Italie, il ne sera au début qu'opérateur mobile face à des rivaux déjà « convergents » - c'est-à-dire avec des offres mêlant téléphonie, Internet fixe et télévision. Ce qui peut constituer une difficulté pour chiper des abonnés à la concurrence.

« Un espace tout à fait sympathique »

Quoi qu'il en soit, l'opérateur de Xavier Niel se montre confiant quant à sa capacité à se faire une place en Italie. Sur le mobile, « le marché nous paraît vraiment attractif », a jugé Maxime Lombardini :

« Certes, ce ne sont pas les prix du marché français d'il y a 5 ans [lors du lancement de Free Mobile et de ses offres à prix cassés, NDLR]. Mais nous avons un panorama intéressant. D'une part, trois opérateurs se partagent chacun environ un tiers du marché, ce qui est quand même bien quand on est un nouvel entrant. D'autre part, le marché est potentiellement très fluide, parce que 80% des Italiens recourent à des offres prépayées. [...] Enfin, le revenu moyen par abonné n'est pas si faible, et il progresse. [...] En conséquence, nous pensons avoir ici un espace tout à fait sympathique. »

Pour rappel, l'an dernier, Xavier Niel a indiqué qu'il visait à terme une part de marché de 15% dans le mobile. Face à cette menace, les opérateurs italiens ont sonné le branle-bas de combat. Depuis des mois, ils multiplient les attaques réglementaires et commerciales pour empêcher Iliad de prendre son envol. En février dernier, Telecom Italia, l'opérateur historique, a notamment annoncé le lancement d'une marque low cost, Kena Mobile, pour contrer l'indésirable. Pas de quoi, pour autant, faire peur à l'état-major groupe français, qui juge ce type d'initiative « prévisible ».

Une offensive à 1,5 milliard d'euros

Pour financer son essor en Italie, évalué à environ 1,5 milliard d'euros au total, ici aussi, Iliad se montre serein. Après avoir déboursé 60 millions d'euros au premier semestre, l'industriel précise que ses dépenses d'investissement s'élèveront à environ 300 millions d'euros sur les six prochains mois. D'après Thomas Reynaud, le directeur financier et du développement d'Iliad, l'opérateur a largement les moyens de les honorer, grâce à sa capacité d'autofinancement, à ses liquidités (qui s'élèvent à 2,3 milliards d'euros), et a son faible endettement.

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