Après la prise de rendez-vous médicaux, Doctolib lance la téléconsultation

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Stanislas Niox-Château, co-fondateur et président de Doctolib, plateforme de prise de rendez-vous médicaux en ligne.
Stanislas Niox-Château, co-fondateur et président de Doctolib, plateforme de prise de rendez-vous médicaux en ligne. (Crédits : BENOIT TESSIER)
La startup française, jusque-là spécialisée dans la prise de rendez-vous médicaux en ligne, passe un cap en proposant aux internautes la téléconsultation. Avec ce nouveau service, disponible à partir de janvier 2019, Doctolib souhaite "faciliter l'accès aux soins" pour les 20 millions de patients utilisant son service tous les mois. Une annonce faite ce jeudi 27 septembre, lors de l'inauguration à Paris de leur premier centre dédié à l'innovation pour la e-santé.

Doctolib s'agrandit. Face à son siège parisien, situé dans le VIIIe arrondissement de la capitale, la plateforme de prise de rendez-vous médicaux en ligne a inauguré, ce jeudi 27 septembre, un centre de 1.000 m² dédié à l'innovation dans la santé. Il regroupe déjà 100 ingénieurs, et ils seront 150 d'ici fin 2019. Un centre similaire devrait ouvrir l'année prochaine à Berlin, également doté d'une centaine d'ingénieurs.

Le premier chantier : rendre la téléconsultation disponible sur leur site en France dès janvier prochain. Les consultations à distance ont été autorisées par la loi de financement de la Sécurité sociale du 30 décembre 2017 (LFSS), pour un déploiement à compter du 15 septembre 2018.

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« La consultation à distance est une évidence pour les praticiens, a estimé ce matin Stanislas Niox-Château, co-fondateur et président de Doctolib. Cela va leur permettre de travailler dans des conditions plus souples, en valorisant davantage leur temps médical, tout en assurant un meilleur suivi médical pour les patients. »

Côté patient, cela permettra de « faciliter l'accès aux soins », juge Julien Méraud, directeur produit et marketing chez Doctolib. « Actuellement, beaucoup de patients sont encore obligés de prendre la voiture pour pouvoir consulter leur médecin généraliste, parfois avec des enfants. » Si plusieurs startups se lancent sur ce créneau (Qare, Livi, Directodoc...), Doctolib dispose d'un avantage majeur : il est déjà utilisé par 20 millions de patients par mois, entre la France et l'Allemagne. Son service recense également 60.000 praticiens. Parmi eux, environ « 25.000 médecins libéraux, hors dentistes, seraient susceptibles d'être intéressés par une consultation à distance », chiffre Julien Méraud.

« La téléconsultation doit être faite "à la française" » (Mounir Mahjoubi)

« La téléconsultation doit être faite "à la française" », a martelé Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État en charge du numérique, présent lors de l'inauguration. « L'idée n'est pas de créer une salle d'attente virtuelle, avec une logique d'abattage de consultations. La consultation à distance ne doit pas être facturée à la minute. Elle doit prendre le temps d'une visite médicale traditionnelle et donc, sera remboursée comme telle. »

La téléconsultation ne sera pas le mode de consultation unique du médecin - une visite physique pourra toujours être demandée. Dans le cadre de la LFSS, la consultation à distance sera uniquement proposée aux patients déjà connus des praticiens, sauf exceptions prévues par l'Assurance maladie. Elle devra également passer par le médecin traitant. Dans ses prévisions budgétaires 2018, le gouvernement avait tablé sur 500.000 actes de téléconsultation en 2019, 1 million en 2020 puis 1,3 million en 2021.

61 millions d'euros levés en 2017

Lancée en 2013, la plateforme Doctolib permet la prise de rendez-vous médicaux en quelques clics. Gratuit pour les patients, le service fonctionne par abonnement pour les praticiens, d'un montant mensuel de 109 euros TTC. La jeune pousse française promet aux praticiens partenaires une réduction de 30% de leur temps de secrétariat et de 75% du taux de non-présentation des patients, grâce notamment aux SMS de rappel de rendez-vous envoyés automatiquement.

« La monétisation de la téléconsultation reste encore à déterminer : est-ce que cela sera facturé sur l'abonnement du praticien ? Est-ce que cela sera un coût fixe par consultation ? », s'interroge Julien Méraud, précisant que l'équipe en charge de développer la téléconsultation est constituée depuis un mois seulement. La jeune pousse de 620 salariés, répartis entre la France et l'Allemagne, n'est toujours pas rentable. Doctolib a bouclé un tour de table de 35 millions d'euros en novembre dernier pour accélérer son développement en France et en Allemagne, où elle s'est implantée en 2016. En janvier 2017, la startup avait déjà levé 26 millions d'euros.

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