Geovelo, cette appli française qui se rêve en « Waze » du vélo

La startup Geovelo fondée à Tours à 2010, qui a lancé en 2018 son GPS pour deux roues, espère s’implanter à l’international en 2023. Elle compte sur sa récente levée de fonds de 3,8 millions d’euros pour s'imposer face à la concurrence.

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Si les projections de développement s'avèrent exactes, Geovelo passera de 20 à 40 salariés fin 2022. La société table par ailleurs sur un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros à l’horizon 2025-2026.
Si les projections de développement s'avèrent exactes, Geovelo passera de 20 à 40 salariés fin 2022. La société table par ailleurs sur un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros à l’horizon 2025-2026. (Crédits : Reuters)

Geovelo, qui vient de lever près de quatre millions d'euros auprès du fonds d'investissement de Natixis, Seventure Partners, et de la Banque des territoires, ne manque pas d'ambitions pour les deux prochaines années. L'application de calculs et d'optimisation des itinéraires à vélo, qui couvre déjà 25 villes, espère doubler son implantation fin 2023. A cette échéance, Geovelo sera en principe disponibles dans 45 agglomérations françaises.

« On peut considérer que la totalité du territoire sera couverte d'ici deux ans, assure Ronan Bouquet, président de Geovelo. De façon concomitante, nous lancerons aussi notre application à l'international ». Après les trois capitales européennes Bruxelles, Londres et Munich, Geovelo prévoit de toucher les Etats-Unis et le Canada à l'été 2023.

Rendre robuste son modèle économique

L'arrivée en mars 2021 de Ronan Bouquet à la tête Geovelo, créée par les Tourangeaux Gaël Sauvanet et Benoît Grunberg, a impulsé une nouvelle dynamique à l'entreprise, qui a ouvert un bureau à Paris pour gérer les aspects marketing et RH.

Ce consultant spécialisé en Green tech a organisé la levée de fonds. Seventure partners et la Banque des territoires se partageront ainsi 25% du capital aux côtés des deux associés fondateurs resté majoritaires au sein de Geovelo.

La seconde étape de son développement passera également par un renforcement de son modèle économique original. Gratuite, l'application se finance uniquement par les outils d'aides à la décision et les services commercialisés auprès des collectivités locales. Ces tableaux d'analyses, issus de l'expérience des utilisateurs cyclistes, permettent aux communes de choisir et d'optimiser les tracés de leurs futures pistes cyclables.

Parmi les données collectées pour leur compte par Geovelo, figurent notamment les points d'intérêts, la fréquentation escomptée et la sécurité des parcours. « Les fonds récoltés vont également nous permettre d'améliorer encore nos outils d'analyse, notamment sur l'état de la granularité des routes et des chemins, poursuit Ronan Bouquet. Ce critère essentiel pour la sécurité des cyclistes est stratégique pour séduire de nouvelles villes tant en France et à l'international ».

Contexte porteur et concurrentiel

Si Geovelo est premier dans l'Hexagone, l'application de calculs d'itinéraires est confrontée à plusieurs concurrents de taille hors des frontières. Il s'agit notamment des sociétés allemandes Komoot et Bike up, mais surtout du leader, l'américain Strava.

Face à ces poids lourds, Geovelo met en avant deux atouts. D'une part, la startup est pionnière sur le créneau des applications de géolocalisation en deux roues. Cette antériorité lui assure une maîtrise experte des algorithmes qu'elle développe depuis 12 ans. D'autre part, son modèle gratuit différencie Geovelo des autres applications, disponible par abonnements payants. A la clé, quelques 650.000 utilisateurs cyclistes dont 200.000 qui utilisent mensuellement l'application, d'après Ronan Bouquet.

Le contexte général, enfin, est très porteur pour le « Waze » français du vélo. La pratique augmente ainsi de 30% par an depuis 2015, et s'est encore accélérée depuis la crise sanitaire, concernant les trajets professionnels. L'évolution technologique des vélos, de plus en plus connectés, constitue aussi un atout significatif pour Geovelo.

« Les politiques publiques, extrêmement volontaristes vis-à-vis du développement du vélo en ville, valident clairement nos projets et nos ambitions », conclut Ronan Bouquet. Deux chiffres illustrent ce constat. A l'échelle européenne, les dépenses en faveur de la mobilité douce passeront de six milliards d'euros en 2021 à 20 milliards en 2025 ».

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