Réseaux sociaux : le français Albums, plus malin qu'Instagram ?

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A mi-chemin entre réseau social et plateforme de stockage de photos et vidéos, l'application mobile Albums se lance officiellement en France ce jeudi.
A mi-chemin entre réseau social et plateforme de stockage de photos et vidéos, l'application mobile Albums se lance officiellement en France ce jeudi. (Crédits : DR)
A mi-chemin entre réseau social et plateforme de stockage de photos et vidéos, l'application mobile Albums se lance officiellement en France ce jeudi. Créé par Taïg Khris, ex-champion du monde de roller devenu entrepreneur dans la tech, Albums ambitionne déjà de concurrencer WhatsApp et Instagram.

Classer, sauvegarder et partager ses photos et vidéos peut vite devenir pénible sur un smartphone. C'est avec ce postulat de départ que Taïg Khris a développé depuis deux ans Albums, une application mobile de gestion et de partage de photos. Lancée officiellement ce jeudi 18 mars dans l'Hexagone, la plateforme est disponible sur les magasins d'applications iOS (Apple) et Android (Google).

"Nous avons tous des milliers de photos et de vidéos qui dorment dans nos téléphones, mais il n'y a aucun moyen pour les classer et les partager facilement avec nos proches de façon sécurisée", affirme l'ex-champion du monde de roller, devenu entrepreneur dans la tech.

Et de poursuivre : "Actuellement, il est possible de partager des photos via des applications de messagerie comme WhatsApp ou Messenger, mais bien souvent, la qualité est dégradée et elles se perdent dans les fils de conversation." Résultat : il est parfois difficile de remettre la main dessus.

"L'autre alternative est de les publier sur des réseaux sociaux comme Instagram ou Facebook, mais souvent, les utilisateurs ont envie de partager des photos de façon différente en fonction de leurs contacts", poursuit-il. D'où la création d'Albums, application à mi-chemin entre le réseau social et la plateforme de stockage de photos et vidéos.

Des albums photos collaboratifs

L'application reprend le graphisme épuré des réseaux sociaux connus, comme Instagram, mais se pare de fonctionnalités de partage plus poussées et sécurisées. Concrètement, il est possible de créer des albums photos par thème et de les partager avec des proches.

Deux possibilités : offrir à ses proches un accès restreint - leur permettant seulement de consulter et "liker" les photos - ou un accès collaboratif via un lien ou un QR Code. Les proches ayant reçu l'invitation peuvent ensuite ajouter leurs propres photos. Ici, pas de followers donc mais un système de partage à la façon de WeTransfer ou Dropbox, qui permet de télécharger en très haute qualité les contenus. Il est possible de restreindre le temps de partage -par exemple, limiter l'utilisation du lien pendant 5 minutes-  et le nombre d'accès.

"Nous n'avons pas réinventé la roue, concède Taïg Khris, mais nous voulons faire mieux que ce qui existe. Actuellement, aucune application ne s'est imposée comme la plateforme de référence pour gérer ses photos. C'est pourquoi il y a une place à prendre - contrairement au marché des messageries instantanées, qui est saturé", estime l'ancien sportif, qui en est à sa deuxième expérience entrepreneuriale.

En 2014, il avait déjà lancé OnOff, startup spécialisée dans la location de numéros de téléphone dans le cloud. Après avoir levé 20 millions d'euros, OnOff est devenue rentable en 2020.

Chiffrement de bout-en-bout

Côté sécurité, la startup dit vouloir montrer patte blanche. A la différence des réseaux sociaux dominants, Albums est en train de développer le chiffrement de bout-en-bout pour les contenus qui y seront partagés. Ce système sécurisé permet de crypter les contenus envoyés entre plusieurs personnes grâce à une clé de chiffrement afin de les rendre indéchiffrables pour des tiers qui ne seraient pas les destinataires. Albums, qui recourt aux serveurs du français OVH et de l'américain Amazon, promet donc que ses prestataires n'auront pas accès aux contenus stockés sur sa plateforme.

La jeune pousse a également entrepris un processus de certification auprès de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). "Notre système va être audité par une société tierce afin d'y détecter des failles potentielles. Cela va prendre des mois, mais cela nous permettra de proposer une sécurité optimale", précise Taïg Khris.

Une première levée de fonds de 2,5 millions d'euros

Avec une sécurité renforcée, l'application espère séduire à terme le marché européen.

"Il est primordial que nous arrivions à créer des réseaux sociaux en France et en Europe. Il est dramatique de s'apercevoir que la vie numérique des internautes est détenue exclusivement par d'autres pays", estime l'entrepreneur.

Pour financer son développement, la jeune pousse d'une quinzaine de salariés est en train de réaliser sa première levée de fonds d'un montant de 2,5 millions d'euros. "Comme pour tous les réseaux sociaux, plusieurs années seront nécessaires avant d'atteindre la rentabilité", avance Taïg Khris.

Plusieurs pistes sont envisagées pour générer des revenus. Albums offre 30 téraoctets d'espace de stockage au démarrage, mais à terme "il y aura des offres de vente de stockage", explique le fondateur. La startup envisage également un système d'abonnement mensuel sans publicité ou avec publicité pour les utilisateurs disposant d'un compte gratuit. Dernière possibilité : permettre aux utilisateurs de faire imprimer leurs albums "pour les recevoir directement à la maison."

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