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Contre les fake news sur le coronavirus, WhatsApp limite les transferts de messages

Photo de Sylvain Rolland

Sylvain Rolland

Publié le 07 avril 2020 à 15:09 - Mis à jour le 07 avril 2020 à 15:10

Contrairement à Twitter ou Facebook, la détection des "fake news" sur WhatsApp est particulièrement ardue puisque les conversations, personnelles ou en groupe, y sont cryptées et privées.

Contrairement à Twitter ou Facebook, la détection des "fake news" sur WhatsApp est particulièrement ardue puisque les conversations, personnelles ou en groupe, y sont cryptées et privées.

Reuters

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La messagerie appartenant au groupe Facebook a décidé de limiter les possibilités de partage d'un même message plus de cinq fois. L'objectif : lutter contre les fakes news, qui se propagent à grande vitesse quand il suffit de les transmettre à tout son carnet d'adresse.

Vous avez peut-être reçu lundi 6 avril une carte soit-disant confidentielle du déconfinement, révélant les plans cachés du gouvernement région par région. C'était une infox, ou fake news, mais ce fichier a été largement partagé sur les réseaux sociaux et sur les messageries de groupe comme WhatsApp. Rien de plus simple : il suffit de partager le fichier à autant de contacts qu'on le souhaite, le tour est joué en quelques secondes.

Ce n'est plus possible. Pour lutter contre la propagation des infox, la messagerie américaine a annoncé, mardi 7 avril, la mise en place immédiate d'un nouvel outil pour limiter les possibilités de partage. Désormais, il n'est possible de partager un fichier que cinq fois. Une fois ce seuil dépassé, le fichier peut toujours être partagé, mais qu'à un seul autre contact à la fois. Cette mesure concerne donc tous les messages, mais elle vise particulièrement les messages viraux, ceux qui sont donc les plus susceptibles de comporter de fausses informations, qui sont justement créées dans le but de susciter l'envie d'être partagées au plus grand nombre.

Baisse de 25% du nombre de messages transférés dans le monde depuis janvier

WhatsApp n'en est pas à son coup d'essai pour tenter de lutter contre les fausses nouvelles en limitant les transferts de messages. Cette mesure a été testée pour la première fois en Inde à l'été 2019, car 25 personnes avaient été tuées en un an à cause de rumeurs circulant sur WhatsApp et répandues comme une traînée de poudre, dans ce pays comptant plus de 200 millions d'utilisateurs actifs. WhatsApp avait également pris une initiative similaire en janvier dernier partout dans le monde, afin de limiter la propagation des fausses nouvelles.

Car contrairement à Twitter ou Facebook, la détection des "fake news" sur cette plateforme est particulièrement ardue puisque les conversations, personnelles ou en groupe, y sont cryptées et privées. Fondé en 2009 et acquis par Facebook en 2014, WhatsApp ne dispose pas de fil d'actualités, ce qui explique que les fausses nouvelles mettent parfois beaucoup de temps à parvenir aux autorités. Sans compter que le nombre de messages transitant sur sa plateforme s'élève à 65 milliards par jour, pour plus de 1,5 milliard d'utilisateurs.

Très forte augmentation de la fréquentation depuis le confinement

Cette disposition s'ajoute à d'autres initiatives prises depuis le début de la crise du coronavirus pour "lutter contre la diffusion de fausses informations et soutenir les efforts des autorités sanitaires et publiques, en France et ailleurs dans le monde", explique l'entreprise dans un communiqué. WhatsApp a ainsi donné un million de dollars à l'International Fact-checking Network pour étendre l'action de leurs fact-checkers.

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La plateforme est également utilisée par les autorités comme un outil pour transmettre des informations officielles. Parmi la vingtaines d'organisations qui se servent de la puissance du groupe Facebook, le gouvernement français a ainsi lancé le 6 avril un chatbot sur WhatsApp et Messenger pour "faciliter l'accès des citoyens aux informations vérifiées des autorités publiques et sanitaires" sur la pandémie. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait de même en lançant quelques jours avant une version française de Health Alert, son agent conversationnel sur WhatsApp, mis en service dans les pays anglophones depuis le 20 mars. Il est accessible en envoyant "Salut" au +41 22 501 72 98 sur l'application.

Sylvain Rolland

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