Covid-19 : l'UE veut contrôler la désinformation sur les réseaux sociaux

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(Crédits : Dado Ruvic)
L'exécutif européen va demander aux plateformes comme Facebook, Twitter ou Google de publier un rapport mensuel sur les actions qu'elles mettent en œuvre pour lutter contre la désinformation liée au coronavirus. Une nouvelle tentative de reprendre la main sur les géants de l'Internet.

Bruxelles dévoile ce mercredi des mesures destinées à lutter contre la désinformation liée au nouveau coronavirus, appelant les géants de l'internet à rendre des comptes et dénonçant des campagnes de la Russie et la Chine.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et la vice-présidente de la Commission chargée des valeurs et de la transparence, Vera Jourova, doivent présenter à la mi-journée ce plan qui promeut aussi le rôle des "fact-checkers" ainsi que le pluralisme et l'indépendance des médias.

Lire aussi : Coronavirus: les fake news, ce fléau à juguler en plus de la pandémie

Un rapport mensuel

Ces mesures s'inscrivent dans la perspective du "Plan d'action pour la démocratie européenne" et du "Digital Services Act", destiné à mieux réguler les géants de la tech, qui doivent être présentés d'ici la fin de l'année par l'exécutif européen. Selon le texte, l'UE va demander aux plateformes (Facebook, Twitter, Google...) de publier un rapport mensuel sur les actions qu'elles mettent en œuvre pour lutter contre la désinformation liée au Covid-19.

Cette désinformation peut prendre la forme de conseils erronés de prévention (comme boire de l'eau de javel) dangereux pour la santé, de prétendus remèdes miracles, de théories du complot, de discours racistes, de promotion de produits frauduleux, d'arnaques en ligne. Il peut aussi s'agir de campagnes de la part de "certains pays tiers, en particulier la Russie et la Chine", qui "cherchent à miner le débat démocratique et exacerber la polarisation de la société", indique le texte.

Les plateformes sont appelées à promouvoir les informations des agences de santé nationales et internationales, des autorités européennes ou des Etats membres, ainsi que des médias professionnels, et à informer leurs utilisateurs des manipulations qu'elles détectent et à agir contre les publicités mensongères.

Des initiatives annoncées en avril

En 2018, ces géants du net se sont engagés, dans le cadre d'un "code de bonnes pratiques" lancé par l'exécutif européen, à agir contre la diffusion de fausses informations. Vera Jourova a salué en avril des initiatives annoncées par Facebook et Twitter pour tenter de freiner la contagion d'infox en temps de pandémie.

Facebook a mis en place un système incitant un utilisateur cliquant sur une publication sur le coronavirus étiquetée comme "dangereuse" à consulter des sources sûres comme le site de l'OMS, et supprimé de nombreux contenus. Twitter de son côté donne accès aux chercheurs à un flux spécifique de tweets liés au Covid-19 pour les aider dans leurs analyses.

Un financement dédié au fact-checking

Dans la lutte contre la désinformation, la Commission entend promouvoir les activités de recherche et de "fact-checking" (vérification des faits), notamment à travers le nouvel Observatoire européen des médias numériques, qui a reçu un financement de 2,5 millions d'euros.

Cet observatoire, opérationnel depuis le début du mois, est dirigé par l'Institut européen universitaire de Florence (Italie) et regroupe le Centre de technologie d'Athènes, l'université d'Aarhus (Danemark) et l'organisation de fact-checking italienne Pagella Politica.

Lire aussi : Facebook déploie son dispositif contre les "Fake News" en Allemagne

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Commentaires
a écrit le 11/06/2020 à 12:48 :
Il faut déjà commencer par se mettre d'accord sur le terme de "désinformation".
Ce terme n'a pas la même signification pour Trump, pour Jinping ou pour Kim Jong Un. Est-ce que la future définition de quelques fonctionnaires à Bruxelles sera la bonne? Pas sûr non plus....
a écrit le 11/06/2020 à 7:49 :
Vouloir contrôler "la désinformation" c'est en fait contrôler "l'information"! Tout le problème tient dans le fait que "l'information journalistique" prend ses sources sur les réseaux sociaux et amplifie la diffusion surtout quand elles sont fausses! Sinon le problème ne se poserait pas!
a écrit le 10/06/2020 à 15:45 :
L'UE veut faire croire qu'elle n'est pas totalement dépassée et les GAFA comme d'habitude seront courtois et polis à savoir l'attitude qu'il faut adopter pour les plus forts devant les plus faibles. La sagesse de la prospérité face à la hargne du déclin.

Regardez tout ces petits commentaires hargneux de nos dirigeants européens concernant ces GAFA alors qu'ils n'ont été capables de rien du tout pendant des décennies, alors qu'ils avaient tous les outils pour les concurrencer alors qu'ils ne se sont fait que lamentablement dépasser à vitesse grand v, alors que nous avons un lobby en UE qui propose de stériliser les femmes africaines afin qu'ils puissent continuer de prendre l'avion.

Vite un frexit.
a écrit le 10/06/2020 à 15:23 :
le port du masque en France vu du gouvernement
au début de la crise
info ou desinfo si la 2ieme version il y a mise en danger d'autrui

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