Data analytics : pourquoi Salesforce dépense 15,7 milliards de dollars pour s'offrir Tableau

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Marc Benioff, le PDG de Salesforce.
Marc Benioff, le PDG de Salesforce. (Crédits : REUTERS/Mike Blake)
Le géant américain des logiciels pour la relation client des entreprises réalise la plus grande acquisition de son histoire en rachetant, pour 15,7 milliards de dollars, la plateforme de visualisation des données Tableau Software. L'objectif : étendre son écosystème de services de data analytics pour damer le pion aux indéboulonnables Microsoft, SAP, Oracle ou encore IBM.

Après Google qui lâche, début juin, 2,6 milliards de dollars pour mettre la main sur Looker, c'est au tour de Salesforce de casser sa tirelire pour s'offrir une autre pépite de l'informatique en nuage (cloud). Lundi 10 juin, le géant américain spécialiste des logiciels pour la relation client des entreprises, a annoncé l'acquisition, pour la somme record de 15,7 milliards de dollars (environ 13,9 milliards d'euros), de Tableau Software, autre champion américain de la data analytics (analyse des données). Le prix représente un record pour Salesforce, pourtant familier des acquisitions, mais rarement pour un montant supérieur au milliard de dollars.

Selon les détails de l'accord, Salesforce va acquérir Tableau en échangeant chacune des actions Tableau par 1,103 action Salesforce. L'opération, approuvée par les conseils d'administration des deux entreprises, devrait se conclure d'ici à la fin octobre. Le titre s'envolait de 34,61% à Wall Street après l'annonce.

Tableau, une arme précieuse pour Salesforce dans la guerre des data

Comme de nombreux concurrents à commencer par Microsoft, Oracle, SAP et IBM, Salesforce tente de valoriser, à travers ses logiciels disponibles dans le cloud, le trésor des données des entreprises. Ses nombreuses acquisitions ces dernières années, notamment dans l'intelligence artificielle pour créer son service Einstein (prédiction et recommandation sur la base des données), visent toutes à améliorer ses services et à consolider, brique après brique, un géant du big data en proposant pour tous les corps de métier dans l'entreprise, les outils dont ils ont besoin, sur tous les supports et via de nombreuses interfaces, pour tirer de la valeur de leurs données métier.

L'acquisition de Tableau marque indéniablement la volonté du patron de Salesforce, l'infatigable Marc Benioff, de franchir un nouveau palier. Créée en 2003, Tableau a véritablement explosé ces dernières années grâce à l'essor du SaaS (les services dématérialisés pour les entreprises) et du big data. Sa spécificité se situe dans sa capacité à analyser et à visualiser les données via une interface pratique. L'entreprise compte parmi ses plus de 86.000 clients des géants comme Netflix, PSA ou encore Criteo, autrement dit des sociétés pour lesquelles l'exploitation de la donnée est cruciale. Son chiffre d'affaires s'est élevé à 1,16 milliard de dollars en 2018, pour une perte nette de 77 millions de dollars, alors que celui de Salesforce s'est établi à 13,28 milliards de dollars, en hausse de 26%, pour un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars.

Données internes + business intelligence

Tableau devrait donc permettre à Salesforce, fondé en 1999 à San Francisco, d'élargir son écosystème de services, comme l'explique Marc Benioff dans un communiqué:

"Tableau aide les gens à voir et comprendre les données, et Salesforce aide les gens à communiquer et à comprendre leurs clients. Rapprocher deux entreprises essentielles, dont chaque client à besoin pour comprendre son secteur, c'est vraiment le meilleur des deux mondes pour nos clients", explique-t-il.

Avec Tableau, les sociétés ayant recours aux services de Saleforce pourront ainsi aller puiser dans les données concernant leur secteur et les analyser "pour prendre des décisions plus éclairées, proposer à leurs clients des expériences intelligentes et connectées, et accélérer l'innovation", note le document.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2019 à 8:52 :
Ouais ben nous autres européens on a acheté MONSANTO hein !? ALors arrêtez de faire les malins les ricains !

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