Espionnage, désinformation, piratage : comment la guerre Ukraine-Russie s'exporte sur Facebook
François Manens
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DADO RUVIC
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En parallèle de la guerre de terrain entre l'Ukraine et la Russie, c'est une véritable guerre informationnelle qui se joue en ligne, et Facebook en est un des nombreux champs de bataille. A l'occasion de son rapport trimestriel sur les menaces qu'elle a contrées, Meta (la maison mère de Facebook) a détaillé certaines manœuvres issues du conflit qui ont touché son principal réseau social.
Sur Facebook, c'est aussi la Russie et ses alliés, réputés pour leurs capacités de manipulation de l'opinion, qui endossent le rôle des attaquants, entre tentatives d'espionnage, de désinformation et de piratage.
Pour reconnaître les opérations de déstabilisation, le réseau social s'attèle à détecter les "comportements coordonnés inauthentiques", l'un des grands enjeux de sa modération. Concrètement, la plateforme tente de distinguer les mouvements d'opinion générés par ses utilisateurs, de ceux dont l'ampleur est artificiellement augmentée par des robots, des comptes piratés ou de la publicité. Elle bannit ainsi ce qu'elle appelle des "réseaux", des ensembles de dizaines de comptes et pages très suivis qui agissent de façon coordonnée.
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A titre d'exemple, le 24 février, jour de l'invasion russe, Facebook a démantelé une opération d'influence initiée par le renseignement biélorusse. Ce dernier diffusait de fausses informations en polonais et en anglais soutenant que les troupes ukrainiennes se rendaient sans combattre et que les dirigeants avaient fui le pays. L'objectif : saper le moral des soutiens de l'Ukraine et soutenir la propagande russe selon laquelle l'Ukraine attendait sa "libération" par les forces russes. Meta précise également avoir bloqué les tentatives de création de compte par des membres de l'Internet Research Agency (IRA), le puissant organe de propagande russe, qu'elle avait déjà banni suite à de précédentes tentatives en 2020 et 2021.
François Manens