Darknet : le marché de la drogue en ligne se porte bien

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Le marché mensuel de la drogue en Europe est estimé à 2 milliards d'euros par mois.
Le marché mensuel de la drogue en Europe est estimé à 2 milliards d'euros par mois. (Crédits : Graphique Statista*)
Le think-tank Rand a effectué une analyse des vendeurs de drogue sur Internet. L'offre est conséquente, tout comme les revenus des sites qui se chiffrent en millions d'euros.

Se procurer de la drogue via Internet ? Plutôt facile, selon une étude réalisée par Rand. "Aujourd'hui, il existe une cinquantaine de marchés dissimulés [situés sur le "darknet", c'est-à-dire non indexés par les moteurs de recherche tels que Google, ndlr] (...) où acheteurs et vendeurs de drogues se rencontrent", explique l'étude, commandée par le ministère de la Sécurité et de la Justice des Pays-Bas. Celle-ci signale en outre que "de nombreux sites web, facilement accessibles via les moteurs de recherches, proposent de nouvelles substances psychoactives appelées "research chemicals" [ou NPS, nouveaux produits de synthèses, ndlr]".

Ces NPS, dont près de 400 nouvelles molécules ont été recensées entre 2008 et 2015 en Europe, sont souvent livrés par colis et sous forme de poudre. L'invention de nouvelles molécules au fur et à mesure de l'interdiction des plus anciennes empêche un contrôle efficace du marché et les vendeurs prospèrent. Autrement dit, sans passer par le "darknet", il est tout à fait possible de commander des substances comme des opioïdes ou des cannabinoïdes.

Quels revenus mensuels pour les "supermarchés" de la drogue ?

Après avoir examiné un échantillon des huit plus gros marchés de la drogue "dissimulés" sur le "darknet", Rand livre une estimation des revenus mensuels. En prenant comme référence le mois de janvier 2016, le think-tank estime que le chiffre d'affaires global de ces marchés se situe entre 10,5 et 18,5 millions d'euros par mois, en prenant en compte seulement les drogues illégales et en excluant les revenus générés par l'alcool, le tabac et les médicaments sur ordonnance. "Le cannabis, les stimulants et l'ecstasy représentent 70% des revenus" des sites étudiés, avance Rand.

La conclusion est donc sans appel : "En dépit des interventions des forces de l'ordre et malgré les nombreuses arnaques sur ces sites, ces marchés dissimulés ont survécu." L'effet de la répression semble donc très limité. De plus, ces marchés en ligne ne représentent qu'une toute petite partie des transactions de drogues réalisées en Europe. Celles-ci sont estimées à deux milliards d'euros par mois dans le dernier rapport de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.

Où sont les vendeurs et combien gagnent-ils ?

D'après l'étude de Rand (voir graphique ci-dessus) sur les huit plus importants marchés du "darknet", 890 vendeurs en ligne sur 3846 identifiés par les chercheurs, soit 23%, sont basés aux Etats-Unis. En un seul mois, ils gagnent environ 5 millions d'euros grâce aux drogues. Le podium est complété par le Royaume-Uni et l'Allemagne. La France est loin derrière, avec 68 vendeurs en ligne qui affichent 240.000 euros mensuels de revenus.

En revanche, si l'on prend le classement en fonction du nombre d'habitants, les Pays-Bas arrivent très largement en tête (13,4 vendeurs pour un million d'habitants) devant le Royaume-Uni (5,3) et les Etats-Unis (2,7).

 *Graphique réalisé par Statista

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Commentaires
a écrit le 09/07/2018 à 0:02 :
Recevoir des échantillons gratuits de votre part
a écrit le 11/08/2016 à 21:27 :
Il est temps d'appliquer une TVA sur la vente des drogues !
a écrit le 11/08/2016 à 17:58 :
Même confusion que les décodeurs. Ce n'est pas le dark net mais le deep web dont il s'agit.
a écrit le 11/08/2016 à 17:56 :
Même confusion que les décodeurs. Ce n'est pas le dark net mais le deep web dont il s'agit.
a écrit le 11/08/2016 à 15:33 :
Mais les états préfèrent faire la guerre aux sites pirates, cherchez l'erreur...

Alors que la légalisation des drogues non seulement permettrait de renflouer une partie des caisses publiques comme on le constate dans tous les pays qui l'ont fait et dans tous les états américains qui s'y sont mis, vidant les prisons et asséchant les mafias.

Mais nous savons également que les liens entre la mafia et la finance sont particulièrement nombreux, ceci expliquant cela.
Réponse de le 11/08/2016 à 22:53 :
Certains clients sont attirés par l'interdit plus que par le produit, semble-t-il. Après la Prohibition, le commerce d'alcool a été légalisé à Chicago, cela n'a pas empêché l'émergence de nouvelles drogues.
Dans les Etats américains et autres pays qui légalisent certaines drogues illégales en France, de nouvelles n'apparaissent pas et les anciens mafieux pointent au chômage ou continuent leur commerce en ayant désormais "pignon sur rue" et en payant des impôts et charges sociales ?

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