L'avenir de TV magazine sur la sellette
Guillaume Fischer, à Tours
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le TV Magazine, leader de la presse de télévision, est menacé de disparition en fin d'année.
Reuters
Guillaume Fischer, à Tours
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le TV Magazine, leader de la presse de télévision, est menacé de disparition en fin d'année.
Reuters
Lors du comité social et économique de la société du Figaro qui s'est tenu mardi 28 juin, la direction a indiqué que « les conditions de poursuite de la diffusion de TV magazine ne seraient plus assurées dès la fin décembre ». Evoquant la possibilité d'un arrêt, Jean-Luc Breysse, directeur général adjoint du groupe Figaro, faisait évidemment allusion au lancement du supplément Diverto en janvier 2023, confirmé récemment par un GIE regroupant les principaux éditeurs de PQR.
Concrètement, le nouveau supplément se substituera dans six mois au TV magazine actuellement distribué par les quotidiens des groupes Ouest-France (Ouest-France, Journaux de Loire), Est Bourgogne Rhône Alpes (Dernières Nouvelles d'Alsace, Le Progrès, Le Dauphiné, etc), Rossel (Voix du Nord, L'Union, Paris Normandie, etc), Sud-Ouest et Centre France (La Montagne). Le groupe La Dépêche (La Dépêche, Midi libre), sans être partie prenante du GIE, a annoncé être également prêt à diffuser Diverto en 2023.
Avec environ trois millions d'exemplaires distribués au démarrage, le nouveau supplément priverait TV magazine des trois quarts de sa diffusion (3, 8 millions d'exemplaires en 2021). Un schéma intenable économiquement pour Le Figaro.
À lire également
Le lancement futur de Diverto fait suite à la dénonciation en 2021 de leur contrat de fourniture du TV Magazine par ces cinq groupes de presse régionale auprès du Figaro. En cause, des divergences tarifaires, perdurant depuis plusieurs années, mais qui ont atteint leur paroxysme avec la flambée des prix du papier à partir de 2020, entraînée par la crise sanitaire. « Deux paramètres ont directement provoqué la rupture, estime un ancien cadre de TV Magazine sous couvert d'anonymat. « D'une part, l'indexation des tarifs de vente du TV Magazine aux fluctuations des prix du papier, qui pré-existait depuis sa création en 1987, a été supprimée dans les contrats en 2014. Conséquence, lorsque Le Figaro a voulu augmenter sensiblement les tarifs du TV Magazine fin 2020 pour tenir compte de la hausse du coût du papier représentant plus de 25% du total, il s'est vu opposer un refus de la part des éditeurs régionaux ». En réduisant d'autre part la durée des contrats, auparavant pluriannuels, à un an, Le Figaro s'est exposé au risque d'une dénonciation concertée et concomitante de certains de ses partenaires.
Guillaume Fischer, à Tours