Mediawan s'offre Lagardère Studios et veut prendre la tête de la course à la consolidation

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Pierre-Antoine Capton, Mediawan
Pierre-Antoine Capton, Mediawan (Crédits : JACKY NAEGELEN)
La société de Matthieu Pigasse, Xavier Niel et Pierre-Antoine Capton, compte devenir le champion européen de la production audiovisuelle. Les fondateurs annoncent le lancement d'une OPA pour se concentrer sur la croissance externe.

Nouvelle offensive sur le marché de la production audiovisuelle européen. Matthieu Pigasse, cofondateur en 2015 de la société de production Mediawan aux côtés de l'entrepreneur Xavier Niel et Pierre-Antoine Capton, a annoncé la création d'une nouvelle structure, baptisée Mediawan Alliance. Cette dernière doit lancer une OPA (offre publique d'achat) sur le groupe historique Mediawan afin d'en prendre le contrôle exécutif. Mais aussi afin de conduire davantage le groupe vers une stratégie de croissance externe, à l'heure de la consolidation du marché.

"L'objectif de ce big bang est très simple, créer le leader européen des contenus en faisant une succession d'opérations très importantes", a déclaré à l'AFP Matthieu Pigasse.

Mediawan Alliance est soutenue par la mutuelle MACSF et le fonds d'investissement KKR. Avec elle, ils vont d'abord lancer une OPA (offre publique d'achat) sur Mediawan. Par ailleurs, via KKR, elle va obtenir une participation de 25% dans le producteur allemand Leonine.

L'OPA devrait être lancée en juillet, au prix de 12 euros par action, soit une prime de 42% par rapport à la clôture de vendredi, ce qui valorise l'entreprise autour de 400 millions d'euros. Le seuil de réussite est fixé à 55% du capital, sachant que les fondateurs et MACSF contrôlent déjà ensemble 27% des parts.

"Jusqu'à présent nous (les trois fondateurs, NDLR) avions 20% des parts de Mediawan et pas de contrôle exclusif. Si l'offre publique aboutit, ce sera le cas", fait valoir Xavier Niel.

Lire aussi : Mediawan rafle AB pour créer un leader européen des contenus

Acquisitions en rafales

Mais cette OPA n'est qu'une entrée en matière pour le trio d'associés, qui a déjà fait de Mediawan un champion de la production de fiction télé en France à coup d'acquisitions, dont celle du groupe AB en 2017, puis de certaines activités d'Europacorp (le groupe de Luc Besson) et du producteur des "Bracelets rouges" en 2018, avant de mettre un pied en Italie début 2019 en rachetant Palomar, le producteur de "Commissaire Montalbano" et de la série "Le nom de la rose".

En effet, ils annoncent lundi plusieurs nouvelles acquisitions. Tout d'abord, Mediawan Alliance va racheter à Pierre-Antoine Capton sa propre société de production, baptisée Troisième Oeil, qui fabrique des émissions dites de flux, comme le magazine de France 5 "C à vous", "Le grand Echiquier" (France 2) ou "Zemmour et Naulleau" (Paris Première).

Et, parallèlement, Mediawan a fait une offre ferme au groupe Lagardère pour sa filiale de production audiovisuelle Lagardère Studios, qu'Arnaud Lagardère cherchait à vendre depuis un moment.

Mediawan met sur la table jusqu'à 100 millions d'euros pour racheter cette filiale présente dans quatre pays (France, Finlande, Espagne et Pays-Bas) et au riche catalogue, qui va de la série "Joséphine Ange Gardien", sur TF1, à "The Eddy", la dernière création de Damien Chazelle, et le documentaire "Grégory", tous deux sortis sur Netflix.

Enfin, Mediawan a "acquis une participation majoritaire dans Good Mood", un producteur de télévision espagnol, surtout présent dans les séries, pour une somme non précisée.

Ces différentes opérations, qui devraient être bouclées d'ici septembre-octobre (certaines nécessitent le feu vert des autorités de la concurrence) vont permettre à Mediawan de doubler de taille et de tracer de nouveaux axes de croissance : "Mediawan s'ouvre à une nouvelle activité, la production d'émissions de flux, et nous allons pouvoir développer des coproductions à l'échelle européenne", fait valoir Pierre-Antoine Capton.

Un marché en pleine consolidation

Le groupe "va pouvoir créer depuis Paris des contenus à forte valeur ajoutée et accompagner les talents dans leurs développements internationaux", ajoute-t-il.

Avec ces grandes manoeuvre, la course à la consolidation s'accélère dans le secteur de la production de télé, après l'annonce fin 2019 du rachat d'Endemol Shine par un autre champion français, Banijay, le groupe de Stéphane Courbit.

Et la crise du Covid-19 ne semble pas avoir freiné les ambitions des trois fondateurs de Mediawan...

"Nous avons fait plus de 20 acquisitions depuis la création de Mediawan, notre volonté c'est de continuer dans ce sens. On est porté par la demande des plateformes et notre taille nous permet de leur fournir des contenus pour l'ensemble de leurs pays", résume Xavier Niel.

Lire aussi : Médias : Avec Mediawan, Niel, Pigasse et Capton veulent étendre leur empire

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Commentaires
a écrit le 22/06/2020 à 11:57 :
En matière de contenu il y aurait fort à faire même contre le géant du domaine qu'est netflix qui a ses failles mais en allant chercher les artistes marginaux et autres zadistes de la tendance actuelle plutôt qu'en utilisant encore et toujours l'oligarchie culturelle française, l'"exception culturelle", comme disait l'autre, qui a généré des familles d'artistes se répétant inlassablement, se félicitant chaleureusement les uns les autres sur les plateaux des médias de masse, de ces faits en panne d'imagination et de talent.

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