Ubisoft : le très profitable aller-retour de Bolloré

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Le Vivendi de Vincent Bolloré a possédé jusqu'à 27% d'Ubisoft.
Le Vivendi de Vincent Bolloré a possédé jusqu'à 27% d'Ubisoft. (Crédits : Reuters)
Mardi 5 mars, Vivendi, le géant des médias de Vincent Bolloré, a annoncé avoir vendu, comme prévu, le reste de ses parts dans le champion français des jeux vidéo. En quatre ans, au terme d’une lutte de pouvoir féroce avec la famille Guillemot, fondatrice d’Ubisoft, il aura empoché une énorme plus-value de 1,2 milliard d’euros.

Le raid est inachevé. Mais il aura rapporté très gros. Ce mardi, Vivendi a indiqué, dans un communiqué, qu'il avait vendu toutes les parts qui lui restaient au capital d'Ubisoft. « Comme prévu, Vivendi a vendu aujourd'hui le solde de sa participation dans Ubisoft (5,87% du capital) pour un montant de 429 millions d'euros », affirme le groupe de l'homme d'affaires breton Vincent Bolloré dans sa missive. In fine, Vivendi, qui a possédé jusqu'à 27% d'Ubisoft, précise que l'opération lui aura rapporté la bagatelle de 1,2 milliards d'euros. Une sacrée plus-value gagnée en peu plus de trois ans, sachant que Vivendi était entré au capital d'Ubisoft mi-octobre 2015.

Du grand classique, finalement, pour Vincent Bolloré, qui est coutumier de ce genre de manœuvre. A la fin des années 1990, son raid éclair sur Bouygues - où il menaçait de prendre le pouvoir -, lui a permis d'empocher l'équivalent de 210 millions d'euros. Juste après, il rafle près de 300 millions d'euros grâce à des allers-retours similaires sur Pathé et Lazard. Autant de coups d'éclats et de tentatives d'OPA hostiles qui lui valent aujourd'hui son surnom de « smiling killer ».

Le séisme de l'irruption de Vivendi dans Ubisoft

Dans le cas d'Ubisoft, Vincent Bolloré a encore surpris son monde. Lorsqu'il est entré brusquement, sans crier gare, au capital de l'éditeur français, beaucoup estimaient que les jeux vidéo n'étaient plus la priorité du groupe. Et pour cause, en 2013 soit deux ans auparavant, Vivendi avait décidé de vendre sa participation majoritaire dans Activision Blizzard, le géant américain des jeux vidéo. Ce n'était pas le cas. Aujourd'hui encore, le groupe répète que les jeux vidéo demeurent stratégique, à côté de ses autres activités dans les médias, qu'il s'agisse de la musique avec Universal, ou de la télévision avec Groupe Canal.

Reste que son irruption dans Ubisoft constitue un séisme pour la famille Guillemot, fondatrice et dirigeante d'Ubisoft. Pendant trois ans, celle-ci, a renforcé sa position au capital du groupe (jusqu'à 18,5%). Le clan Guillemot a multiplié les actions pour essayer de décrédibiliser Vivendi, en arguant que l' « indépendance » d'Ubisoft était essentielle à son essor. Cette stratégie, couplée à la possibilité d'une OPA de Vivendi, a dopé le cours de Bourse d'Ubisoft. Ce qui a renchérit, mécaniquement, la possibilité d'une prise de contrôle par le groupe de médias. Lequel a fini par plier bagage en encaissant son énorme plus-value. Au passage, le départ du groupe de Vincent Bolloré a permis à Ubisoft de faire rentrer un nouveau partenaire stratégique, le géant de l'Internet Tencent, afin d'accélérer en Chine.

Aux yeux de nombreux analystes, Vivendi, qui s'est par ailleurs emparé de Gameloft, la société de jeux sur mobile de la famille Guillemot en mai 2016, n'a pas dit son dernier mot dans les jeux vidéo. Certains jugent que le groupe de Vincent Bolloré pourrait se concentrer sur des cibles plus petites, et les consolider. En attendant, peut-être, un nouveau raid d'envergure...

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Commentaires
a écrit le 08/03/2019 à 13:33 :
Entre bretons du Morbihan et du Finistère , ce fût la guerre .....
a écrit le 08/03/2019 à 11:33 :
Il est un predateur du même gabarit qui Arnault. C est juste pas normal et il fait pareil en Afrique . J espere qu un jour ils devront rendre des comptes.c est cela le scandale ....... ils apauvrissent des milliers de gens.
a écrit le 08/03/2019 à 8:28 :
Cette compétition a fait du bien à la famille Guillemot qui savait qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur ne faisant qu'en augmenter les performances.

LE cercle vertueux de la compétition qui doit rester entre institutions et non entre individus.

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