5G : le régulateur tacle les industriels

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Sébastien Soriano, le président de l'Arcep.
Sébastien Soriano, le président de l'Arcep. (Crédits : Sipa)
Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, le régulateur des télécoms, a déploré, ce mardi 21 mai, que les entreprises n’aient pas saisi l’opportunité offerte par son institution de tester de nouveaux services et usages liés à la 5G.

La 5G est une affaire de réseaux. Cette technologie, qui doit arriver en France à partir de l'année prochaine, reposera sur des myriades d'antennes déployées dans tout l'Hexagone, lesquelles seront reliées entre elles par des kilomètres de câbles en fibre optique. Mais outre les tuyaux, la 5G ne sera un succès que si les industriels de tous les secteurs économiques s'en saisissent pour développer des services et usages nouveaux. Et c'est ce point, crucial, qui inquiète un brin l'Arcep, le régulateur du secteur. Ce mardi 21 mai, lors d'une conférence de presse au siège de l'institution à Paris, Sébastien Soriano, son président, a déploré le manque d'appétence, en amont, des entreprises pour la 5G.

A ce sujet, il s'est montré déçu que les grands groupes n'aient pas saisi « la main tendue » du régulateur.

« On a lancé un appel à pilotes, rappelle-t-il. Mais on peut se dire les choses entre nous : ils ne sont pas venus. On a tendu la main aux "verticaux" [les industriels spécialisés dans des branches comme la santé, les transports ou l'énergie, NDLR] en leur disant : "les gars, c'est maintenant (que ça se joue) !" Ils ne sont pas venus. On prend acte. »

Une 5G réservée aux opérateurs

C'est probablement une des principales raisons qui a poussé le gouvernement à donner les clés de la 5G aux opérateurs. A l'automne prochain, seuls Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free pourront participer aux enchères pour la bande de fréquences 3,5 GHz, qui est dédiée à cette technologie.

Un choix structurant, puisque les industriels de l'automobile, de la ville intelligente ou de l'énergie devront nécessairement se tourner vers les opérateurs pour déployer des services et nouveaux usages liés à la 5G. Alors que dans les services télécoms traditionnels (les abonnements Internet fixe et mobile), les opérateurs ont vu leurs revenus stagner en 2018, sur fond de guerre des prix dans le cadre d'un marché mature, Sébastien Soriano estime que les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free disposent là d'une belle opportunité de se relancer.

« Pour la 5G, le gouvernement a fait le choix de donner la main aux opérateurs, insiste-t-il. Ceux-ci vont avoir l'opportunité de valoriser des services aux entreprises. » Et de prendre, en somme, leur part du gâteau dans la numérisation de l'économie.

Les télécoms, un catalyseur économique

Sébastien Soriano rappelle que les télécoms constituent un important levier pour les entreprises pour améliorer et moderniser leurs activités. Le patron de l'Arcep a pris l'exemple de la SNCF. Le groupe mise sur le déploiement de son propre réseau 2G, une technologie pourtant ancienne, pour faire circuler davantage de trains, en leur permettant de communiquer leur position plus rapidement qu'aujourd'hui. Le problème, poursuit Sébastien Soriano, est que de manière générale, beaucoup d'entreprises jugent les offres des opérateurs insatisfaisantes.

« Nous avons dialogué avec des acteurs comme ADP, Air France ou EDF, indique le président de l'Arcep. Ils nous ont dit que les opérateurs ne répondaient pas bien à leurs demandes. »

C'est notamment la raison pour laquelle, au début du mois, l'Arcep a ouvert une bande de fréquences (celle des 2,6 GHz) aux industriels pour leur permettre de déployer leurs propres réseaux 4G. Mais pour la 5G, ils devront toquer à la porte des Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Le message du régulateur est clair: aux opérateurs de saisir la balle au bond.

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Commentaires
a écrit le 31/05/2019 à 1:03 :
La voiture autonome et cède com feraient bien de s’emparer de la question, je ne vois pas un usager payer un abonnement de plus pour sa voiture
a écrit le 21/05/2019 à 17:59 :
euh, c'est pas aux fabricants de voiture de devenir operateurs!
a écrit le 21/05/2019 à 17:41 :
ne nous étonnons pas que la france ait du retard.....et la ce n est ni la fautes des syndicats ni des chômeurs ni des salariés....c 'est bien du fait des diregeants

quant à la 5 g..... avec la foultitude d antennes qui vont jaillir de partout.... est on si certain de leur innocuité..... parceque là, on change de registre et de puissance d émission
Réponse de le 21/05/2019 à 20:18 :
quantité d'antennes = moins de puissance car maillage fin. Si vous en avez tous les mètres pas besoin d'envoyer de la puissance pour atteindre quelqu'un à 100m.
Parait que le système 5G ne fonctionne qu'à la demande, n'envoie pas d'ondes pour rien (arrosage gratuit). Je vais devoir évoluer suis toujours en 2G (qui me suffit mais qu'on va finir par couper, la 2, 3, 4, 5G simultanément feront trop à gérer (réseau, antennes, machines, ...)) !

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