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Technos & MediasTélécoms

5G : Orange écarte Huawei et choisit Nokia et Ericsson

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 31 janvier 2020 à 11:56 - Mis à jour le 31 janvier 2020 à 16:27

Stéphane Richard, le PDG d'Orange.

Stéphane Richard, le PDG d'Orange.

REUTERS/Charles Platiau.

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L’opérateur historique a décidé de déployer la prochaine génération de communication mobile en France avec les équipementiers Nokia et Ericsson, avec qui il travaillait déjà pour la 2G, la 3G et la 4G. Orange n’a pas retenu l’option Huawei, dans un contexte d’inquiétude et d’incertitude à l’égard du groupe chinois.

Le leader français des télécoms a tranché. Ce vendredi, Orange a indiqué qu'il utilisera les équipements de Nokia et d'Ericsson pour déployer la 5G, la prochaine génération de communication mobile, dans l'Hexagone. L'opérateur historique a choisi la continuité, puisqu'il recourrait déjà aux services des équipementiers finlandais et suédois pour la 2G, la 3G et la 4G. Il a aussi fait le choix d'une solution européenne, car il a, in fine, écarté les propositions du géant chinois Huawei, tout comme l'option du sud-coréen Samsung.

Dans un communiqué, Orange rappelle que Nokia et Ericsson sont des « partenaires de longue date » du groupe. Ils « fourniront un ensemble de produits et services permettant le déploiement du réseau 5G sur l'ensemble du territoire », poursuit l'opérateur, précisant que « l'accord inclut les antennes ainsi que des services professionnels associés ».

« Nokia et Ericsson ont fait les meilleurs offres »

Dans le détail, Nokia déploiera ses infrastructures dans les régions Ouest et Sud-Est du pays. Ericsson s'occupera de l'Ile-de-France, du Nord-Est et du Sud-Ouest. Chez Orange, Nokia et Ericsson conservent donc les territoires qu'ils ont déjà équipés en 2G, 3G et surtout 4G. L'opérateur argue que ce choix constituait la solution la plus simple - et sans doute la moins coûteuse. De fait, la 5G qui doit arriver dans l'Hexagone cette année, s'appuiera dans un premier temps sur l'infrastructure 4G existante. Comme les équipements des différentes marques sont difficilement compatibles entre eux, le choix de Huawei pour la 5G, par exemple, aurait obligé Orange à remplacer une grande partie de ses infrastructures Nokia et Ericsson actuelles par celles du groupe chinois. Un chantier aussi long, complexe que cher à mettre en place.

«Orange a pris cette décision en tenant en compte de multiples critères techniques et économiques, et avec l'ambition de pouvoir construire les meilleurs réseaux au moindre coût, indique un porte-parole de l'opérateur. Dans ce cadre, Nokia et Ericsson ont fait les meilleurs offres.A noter aussi que ce choix s'est fait dans la continuité des solutions techniques existantes. La technologie 5G ayant été conçue comme une évolution de la technologie 4G, il est plus simple de construire avec les fournisseurs existants. Ericsson et Nokia sont déjà partenaires d'Orange sur les réseaux 4G en métropole et les zones géographiques sur lesquelles chaque partenaire va intervenir pour la 5G reste à l'identique. »

Huawei : le lobby des télécoms hausse le ton

Ce choix de Nokia et d'Ericsson par Orange intervient aussi dans un climat d'incertitude à l'égard de Huawei. Plusieurs pays européens, dont la France, redoutent que les équipements du groupe chinois soient détournés de leur fonction par Pékin pour espionner ou interrompre les communications. Ce que Huawei a toujours démenti. Aujourd'hui, les opérateurs affirment que le gouvernement ne leur a toujours pas dit, précisément, s'ils ont le droit de choisir l'équipementier chinois pour déployer la 5G. Jeudi, dans un entretien aux Echos, Arthur Dreyfuss, le président de la Fédération française des télécoms (FFT), et secrétaire général de SFR, a une nouvelle fois râlé contre l'exécutif. « L'Etat ne nous a toujours pas dit clairement, à ce stade, si les opérateurs télécoms ont le droit d'utiliser Huawei pour la 5G, a-t-il pesté. La France se contente de dire : on va faire du cas par cas. Dans ces conditions, il est impossible pour les opérateurs télécoms d'établir des plans d'affaires pérennes. » Et ce, alors que les enchères pour les fréquences 5G, dont l'Etat veut retirer un minimum de 2,17 milliards d'euros, doivent débuter au mois d'avril.

  • Lire aussi : Le coup d'envoi de la 5G, avec (ou sans) Huawei
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En outre, Arthur Dreyfuss estime que si le gouvernement balayait Huawei, il serait normal que l'Etat devra indemnise les opérateurs. Aujourd'hui, deux acteurs sont particulièrement à cran concernant une éventuelle interdiction de Huawei. Il s'agit de SFR et de Bouygues Telecom, qui selon nos informations, recourent aux produits du groupe chinois sur respectivement 47% et 52% de leurs réseaux mobiles. Free, pour sa part, a déjà indiqué, en septembre dernier, qu'il restait chez Nokia pour déployer la 5G en France. Le groupe de Xavier Niel a même fait du choix de l'équipementier finlandais un atout. Dans un communiqué, il a jugé qu'« en retenant Nokia, le groupe [faisait] le choix de la technologie européenne et de l'indépendance stratégique ». Une sortie qui, à n'en point douter, a du faire grincer des dents chez SFR et Bouygues Telecom.

À lire également

  • Tours télécoms, fibre : comment Orange veut tirer profit de ses infrastructures
  • Orange Bank s'attaque à l'Espagne
  • À 2 ans, Orange Bank met le cap sur le crédit et l'Afrique pour accélérer
  • Lire aussi : Huawei, un loup dans la bergerie des télécoms européennes (7/11)

Pierre Manière

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