En Europe, Vodafone autorisé à racheter des filiales de Liberty

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Pour décrocher l’aval de Bruxelles, Vodafone a du faire d’importantes concessions. Il va notamment permettre à un de ses rivaux, Telefonica Deutschland, d’accéder à son réseau câblé via une offre de gros.
Pour décrocher l’aval de Bruxelles, Vodafone a du faire d’importantes concessions. Il va notamment permettre à un de ses rivaux, Telefonica Deutschland, d’accéder à son réseau câblé via une offre de gros. (Crédits : Dado Ruvic)
Le géant britannique des télécoms a décroché le feu vert de Bruxelles pour mettre la main, pour plus de 19 milliards d’euros, sur plusieurs actifs européens du géant américain du câble Liberty Global. Cette emplette lui permettra de se renforcer en Allemagne, où il espère concurrencer l’opérateur historique, Deutsche Telekom, avec des offres mêlant Internet fixe, télévision et mobile.

La partie était loin d'être gagnée. Ce jeudi, la Commission européenne a donné son aval au rachat par Vodafone d'actifs européens de Liberty Global, le champion américain du câble, pour plus de 19 milliards d'euros. Concrètement, le mastodonte britannique des télécoms va récupérer les actifs Internet fixe de Liberty Global en République tchèque, en Hongrie, en Roumanie, et surtout en Allemagne. Sur ce marché, Vodafone va récupérer un gros morceau, Unitymedia, le deuxième câblo-opérateur du pays.

En pointe dans le mobile outre-Rhin - où il vient de casser la tirelire pour s'offrir un gros portefeuille de fréquences 5G -, Vodafone veut devenir un cador dans l'Internet fixe. Ce qui lui permettra de proposer des offres dites « convergentes », mêlant mobile, Internet fixe et télévision. Cette stratégie est depuis des années très prisée en Europe : elle est perçue d'une part comme un aimant à abonnés, et d'autre part comme un moyen de retenir les clients plus longtemps. Ce qui permet aux opérateurs de diminuer le « churn », c'est-à-dire le nombre d'abonnés qui filent à la concurrence. Avec ses offres convergentes en Allemagne, Vodafone a un objectif clair : tailler des croupières au leader maison des télécoms, l'opérateur historique Deutsche Telekom.

D'importants remèdes

Pour décrocher l'aval de Bruxelles, Vodafone a du faire d'importantes concessions. Et pour cause : Bruxelles est particulièrement attentif à ce que les projets de rachats dans les télécoms ne plombent pas la concurrence, et ne débouchent pas sur des hausses de prix. Vodafone a été contraint de prendre des mesures pour rassurer la Commission. Le groupe va notamment permettre à un de ses rivaux allemands, Telefonica Deutschland, d'accéder à son réseau câblé via une offre de gros. Aux yeux de Bruxelles, cette mesure était essentielle pour préserver la concurrence outre-Rhin. C'est ce qu'a indiqué Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, dans un communiqué publié ce jeudi :

« Nous avons autorisé aujourd'hui l'achat par Vodafone de l'activité de Liberty Global en République tchèque, en Allemagne, en Hongrie et en Roumanie, sous réserve de mesures correctives destinées à garantir que les clients continueront à bénéficier de prix équitables, de services de haute qualité et de produits innovants », a-t-elle affirmé.

Un deal synonyme de tournant ?

Aux yeux des analystes, cette autorisation de Bruxelles pourrait bien marquer un tournant. Certains se demandent si l'Union européenne, généralement si méfiante lorsque des tentatives de mariage surviennent, n'est pas en train de changer son fusil d'épaule. Jusqu'à présent, Bruxelles a surtout, et au grand dam de nombreux opérateurs, distribué des cartons rouges. Margrethe Vestager, qui fait figure d'épouvantail pour une large frange du secteur, a notamment balayé au printemps 2016 un gros deal au Royaume-Uni : le projet de rapprochement entre les champions du mobile Three et O2.

Cette même année, les opérateurs Three et Wind ont certes réussi à fusionner en Italie. Mais il ne s'agit pas, loin de là, d'une consolidation. Pour satisfaire les autorités concurrentielles, ceux-ci ont dû céder des actifs à un nouvel entrant dans le mobile, qui n'est autre qu'Iliad, l'opérateur de Xavier Niel. Lequel est aujourd'hui en train de siphonner des abonnés aux acteurs en place en cassant les prix.

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