Alors que plan national de déploiement de la fibre entre dans la dernière ligne droite, opérateurs et industriels sont confrontés à plusieurs difficultés.Le plus grand chantier de France entre dans sa phase finale. Opérateurs et industriels mettent aujourd'hui les bouchées doubles pour déployer la fibre à travers le pays. Tous sont mobilisés pour atteindre les objectifs gouvernementaux d'un Internet à très haut débit (soit au moins 30 Mbits/seconde) pour tous à l'horizon 2022, et du « 100% fibre » d'ici à 2025. Ce mercredi aux Sables d'Olonne, la filière s'est réunie à l'initiative d'InfraNum, qui rassemble tous les acteurs du secteur. A cette occasion, les industriels se sont félicités d'avoir réussi à poursuivre les déploiements malgré la crise du coronavirus et le confinement.
Si les travaux avaient été interrompus, de nombreux sous-traitants auraient mis la clé sous la porte. Et il aurait sans doute fallu tirer un trait sur les objectifs du plan très haut débit, aujourd'hui érigés en priorité des priorités par le gouvernement. « Au deuxième trimestre, nous avons malgré tout réussi à déployer 1,2 millions de prises fibre, s'est réjoui Etienne Dugas, le président d'InfraNum. Nous devrions atteindre les 5 millions de prises cette année. » C'est à dire 200.000 de plus qu'en 2019. Un joli score dans ce contexte aussi difficile.
Cédric O promet d'épauler la filière
Cela dit, la filière est confrontée à de nombreux freins. Aux Sables d'Olonne, les industriels ont notamment déploré l'absence d'une base d'adresses nationale pour bien identifier les logements à raccorder. Tous pestent sur les difficultés à décrocher des autorisations pour utiliser les poteaux électriques d'Enedis pour connecter certains villages. Autre problème: les syndicats de copropriété mettent parfois du temps à donner leur aval au déploiement de la fibre dans les immeubles. La filière a aussi toutes les peines du monde à recruter suffisamment de techniciens et de personnels pour mener ses opérations à bien.
Aux Sables d'Olonne, Cédric O, le secrétaire d'Etat à la Transition numérique, promet de faire son possible. « Concernant la mise en place d'une base d'adresses nationale, qui est un véritable serpent de mer, nous avons mis une nouvelle équipe sur le sujet », a précisé le ministre. Cédric O a, en revanche, balayé une demande des industriels, qui souhaitent se passer des études de « calcul de charge » pour accéder aux poteaux d'Enedis. « Il y a ici d'importantes questions de sécurité », a-t-il argué, redoutant que certains poteaux finissent par tomber.