Le fondateur de Huawei monte au créneau pour défendre son groupe

Huawei Ren Zhengfei
Reuters

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D'habitude très discret, Ren Zhengfei, le fondateur et président de Huawei, a décidé mardi 15 janvier de s'entretenir avec quelques journalistes à Shenzhen, où le groupe a son siège. Il faut dire que le géant chinois des équipements télécoms essuie une passe difficile. Ces derniers mois, dans le sillage des États-Unis, plusieurs pays ont décidé d'interdire ses produits. Les équipements de Huawei dédiés à la 5G, la prochaine génération de communication mobile, sont particulièrement visés. Certains estiment que ces infrastructures pourraient servir à des fins d'espionnage pour le compte de Pékin.
Lors de ses échanges avec la presse, Ren Zhengfei a balayé des accusations. Selon lui, Huawei est « une entreprise indépendante », laquelle « s'est engagée à être du côté de ses clients en matière de cybersécurité et de protection des données », rapporte le Financial Times. « Nous ne ferons jamais de mal à aucun pays ou individu. »
Il affirme également qu'aucune loi, en Chine, n'exige qu'une entreprise installe des "portes dérobées" (qui peuvent servir à collecter des informations) dans ses produits. Il ajoute que le gouvernement chinois n'a jamais sollicité Huawei à des fins d'espionnage.
Cette sortie intervient alors que la Pologne a arrêté, la semaine dernière, un cadre de Huawei sur des soupçons d'espionnage. Celui-ci a été dans la foulée licencié par le géant chinois. Lequel a affirmé, dans un communiqué, que ses actes présumés « n'ont aucun lien avec l'entreprise ».
Ren Zhengfei a également qualifié Huawei de « grain de sésame » dans la bataille commerciale qui oppose les États-Unis et la Chine. Selon lui, son groupe n'y joue aucun rôle. Pourtant, les États-Unis mènent un intense lobbying anti-Huawei à l'international. Pour beaucoup, Washington cherche à plomber l'équipementier dans un contexte de course à la 5G, une technologique jugée déterminante et stratégique pour les années à venir.
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En outre, l'arrestation au Canada et sur demande du pays de l'Oncle Sam, de Meng Wanzhou, la propre fille de Ren Zhengfei et numéro deux de Huawei, a récemment suscité l'ire de Pékin. Les États-Unis, qui demandent son extradition, la soupçonnent de complicité de fraude pour contourner les sanctions contre l'Iran. Depuis, plusieurs ressortissants canadiens ont été arrêtés en Chine. Une manœuvre largement perçue dans l'opinion comme une réponse du gouvernement chinois à l'arrestation de Meng Wanzhou.
À ce sujet, Ren Zhengfei a affirmé que sa fille lui manquait, et s'est dit convaincu que les systèmes judiciaires du Canada et des États-Unis étaient juste et équitable.
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