The Shift Project tire la sonnette d'alarme. Le think tank vient de publier un rapport prospectif sur l'impact environnemental du numérique, et, en particulier, sur celui de la 5G. Premier constat : le secteur du numérique ne représente « que » 3,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) en 2019. Mais ce chiffre est attendu en forte hausse avec l'essor de nombreux usages nouveaux et datavores. Cette « croissance préoccupante » de la part du numérique dans les émissions de gaz à effet serre, qui était d'environ 6% par an ces dernières années, s'avère incompatible avec l'objectif de l'accord de Paris sur le climat, souligne The Shift Project. Signé en 2015, celui-ci prévoit de limiter le réchauffement climatique dans une fourchette comprise entre 1,5 et 2 degrés.
(Crédits: The Shift Project)
Le think tank se montre catégorique. « Les progrès technologiques sur l'efficacité énergétique n'ont jamais conduit à compenser l'augmentation des usages », affirme son rapport. A l'en croire, cette croissance des usages et services numériques personnels et professionnels couplée aux déploiements des réseaux télécoms, à la multiplication des data centers, à l'essor de l'Internet des objets et à la production continue de terminaux (ordinateurs, tablettes, smartphones, consoles de jeu, caméras...) va alourdir la consommation d'énergie. « La part du numérique dans la consommation d'énergie primaire (elle-même en croissance de 1,5% par an) pourrait doubler en l'espace de dix ans, et dépasser 9%, contre plus de 5% en 2020 », soulignent les auteurs.