Vodafone veut céder une partie de ses tours télécoms en Europe

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Dans un communiqué vendredi, le groupe annonce qu'il a décidé dans un premier temps de créer une nouvelle entreprise nommée TowerCo, qui sera opérationnelle d'ici mai 2020 et disposera de sa propre équipe de direction.
Dans un communiqué vendredi, le groupe annonce qu'il a décidé dans un premier temps de créer une nouvelle entreprise nommée TowerCo, qui sera opérationnelle d'ici mai 2020 et disposera de sa propre équipe de direction. (Crédits : Suzanne Plunkett)
L'opérateur télécoms britannique Vodafone va regrouper ses activités dans les pylônes et antennes-relais en Europe au sein d'une même entreprise avec l'objectif d'en céder une partie ou de l'introduire en Bourse pour réduire sa dette.

L'opération devrait lui redonner des marges de manœuvre financières. L'opérateur télécoms britannique Vodafone va regrouper ses activités dans les pylônes et antennes-relais en Europe au sein d'une même entreprise avec l'objectif d'en céder une partie ou de l'introduire en Bourse pour réduire sa dette. Vodafone évoque depuis fin 2018 une vente de ses activités qui pourrait lui rapporter plusieurs milliards d'euros selon les analystes, de quoi financer la 5G et ses acquisitions tout en réduisant le fardeau de sa dette qui s'approche des 30 milliards d'euros. Dans un communiqué vendredi, le groupe annonce qu'il a décidé dans un premier temps de créer une nouvelle entreprise nommée TowerCo, qui sera opérationnelle d'ici mai 2020 et disposera de sa propre équipe de direction.

Selon Vodafone, ce sera la plus grande entreprise d'Europe dans les pylônes pour les télécoms, sur lesquels reposent les antennes-relais, qui jouent un rôle crucial dans le réseau mobile, surtout à l'heure du déploiement de la 5G. La société regroupera 61.700 pylônes à travers dix marchés, principalement l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni, pour un résultat brut d'exploitation d'environ 900 millions d'euros. L'opérateur explique que l'objectif est d'en vendre une partie dans les 18 prochains mois, y compris via une possible introduction en Bourse, pour réduire sa dette.

"Créer de la valeur"

"Compte tenu de la taille et de la qualité de nos infrastructures, nous pensons qu'il existe une occasion importante pour créer de la valeur pour nos actionnaires tout en tirant les bénéfices du partage de réseau", souligne Nick Read, directeur général de Vodafone. Le groupe a ces derniers temps conclu plusieurs accords de partenariat en Europe dans les réseaux et les antennes-relais, dont un, avec l'opérateur O2 au Royaume-Uni. Le marché a salué la nouvelle: l'action du groupe bondissait de 7,59% à 142,02 pence vers 09H00 GMT à la Bourse de Londres.

"Il est tout à fait possible que le groupe puisse engranger autour de 14 à 15 milliards d'euros s'il vend l'ensemble de l'entreprise. Ce serait assez pour réduire de moitié sa dette", note George Salmon, analyste chez Hargreaves Lansdown. Toutefois, selon lui, "les investisseurs devraient se souvenir qu'une fois les tours vendues, le groupe sera recentré sur le mobile et l'internet fixe, des activités moins sûres que les infrastructures, comme le montrent les récentes difficultés en Inde et en Espagne". Vodafone, qui avait accusé une lourde perte l'an dernier en raison de dépréciations dans ses activités indiennes, a publié dans le même temps vendredi un rapport d'activité morose pour le premier trimestre (achevé fin juin) de son exercice 2019-2020.

Rachat d'actifs de Liberty

Son chiffre d'affaires a reculé de 2,3% à 10,65 milliards d'euros, plombé par des effets de changes et un marché ultra-concurrentiel en Espagne où les prix sont tirés vers le bas à coup de promotions. Le groupe confirme en outre ses objectifs prudents pour 2019-2020 avec un bénéfice brut d'exploitation hors éléments exceptionnels compris entre 13,8 et 14,2 milliards d'euros, contre 13,9 milliards en 2018-2019. Vodafone, qui est lancé dans un plan d'économies de 1,2 milliard d'euros d'ici 2021, mise beaucoup sur l'essor de la 5G, pour laquelle il dépense des milliards d'euros afin d'acquérir des licences en Europe.

L'opérateur compte enfin énormément sur le rachat d'activités en Europe auprès de l'américain Liberty Global, pour 18,4 milliards d'euros, comprenant le deuxième câblo-opérateur en Allemagne, Unitymedia et d'autres actifs dans la connexion fixe en République tchèque, Hongrie et Roumanie. Cette opération vient de recevoir le feu vert de Bruxelles sous conditions.

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