Immobilier : le viager va-t-il ressusciter ?

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La CDC compte par l'intermédiaire de son nouveau fonds, acquérir 400 logements en viager.
La CDC compte par l'intermédiaire de son nouveau fonds, acquérir 400 logements en viager.
La Caisse des dépôts tente de remettre au goût du jour le viager pour subvenir aux besoins des petites retraites. Mais l’expérience reste encore très embryonnaire…

Jusqu'ici, lorsqu'on évoque le viager en France, on pense à Michel Serrault et à Michel Galabru dans le film de Pierre Tchernia, ou bien plus récemment à Jeanne Calment qui avait joué à son insu un bien mauvais tour à son notaire après lui avoir cédé sa maison en viager lorsqu'elle avait 90 ans... Celui-ci est même décédé avant elle !
Surtout, le viager est davantage perçu comme un mécanisme de spéculation sur la mort plutôt que comme une pratique utile à l'économie. Ainsi, actuellement, seulement "4.000 ventes en viager s'opèrent chaque année", estime Pierre-René Lemas, le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras financier de l'Etat.

Un solution à des problèmes de la société française ?

Mais alors que la population vieillit (un tiers des Français auront plus de 60 ans en 2040), que la précarité des retraités augmente, que les prix de l'immobilier atteignent des niveaux élevés et que le marché du logement ancien se bloque, le prêt viager hypothécaire pourrait revenir sur le devant de la scène.
Concrètement, pour contracter ce type de prêt, le retraité, appelé crédit rentier, vend son bien à un prix réduit tout en continuant à l'occuper jusqu'à sa mort. L'usage et la propriété sont ainsi dissociés. La signature du contrat de vente est le moment où le crédit rentier reçoit de l'acquéreur un capital appelé bouquet, premier versement qui sera suivi d'une rente mensuelle perçue durant le reste de sa vie.

Débloquer le marché immobilier

En plus de subvenir aux besoins des retraités qui souhaitent être maintenus dans leur domicile jusqu'à leur mort, le viager permettrait de fluidifier le marché du logement. "Il faut trouver des moyens pour introduire de la fluidité dans notre société sclérosée par son capital immobilisé", justifie-t-on à la Caisse des dépôts.

Toutes ces raisons ont incité la "vielle dame de la rue de Lille" à lancer un fonds nommé Certivia, pour l'instant doté de 120 millions d'euros, et qui rassemble une petite dizaine d'investisseurs institutionnels : la CNP Assurances, Suravenir, AG2R La Mondiale, Groupama, la Maif, la Macif, le Crédit Mutuel Nord Europe, ainsi qu'Unéo.
Le fonds devrait se porter acquéreur de 400 biens, soit un prix moyen de 300.000 euros. Une somme moyenne élevée qui se justifie par la localisation des biens acquis puisqu'ils seront situés en zones très tendues, c'est à dire en Ile-de-France, en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) et dans les centres villes des grandes métropoles.

Des bailleurs sociaux pour acheter en viager ?

Pas de quoi toutefois agir significativement sur le marché du logement français. Mais cette expérience en appelle d'autres, notamment dans le monde du logement social. Le viager serait en effet un moyen ingénieux pour faire passer des logements du secteur privé dans l'escarcelle du secteur conventionné si des bailleurs sociaux se portaient acquéreurs.

Pierre-René Lemas n'a d'ailleurs pas caché l'ambition des pouvoirs publics de développer ce type de mécanisme, même si des obstacles subsistent. "Les bailleurs sociaux qui pratiquent le viager de manière trop isolée avec peu de clients prendront de trop grands risques. D'où l'intérêt comme le fait la CDC de lancer un fonds qui par sa taille permet de lisser le risque statistique", indique un observateur avisé du logement en France.

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Commentaires
a écrit le 10/09/2014 à 11:57 :
D'abord, pour les français, c'est l'Etat qui doit payer, pour " couvrir" les frais de la dépendance. Après on peut considérer à léser " les enfants avec le viager.
Si en Europe, on verse une cotisation de 2,05% ( 2,3% pour les personnes sans enfants ) sur les salaires depuis plus d'une décade pour la dépendance, on peut voir le chemin qu'il y a encore à parcourir en France.
Réponse de le 10/09/2014 à 19:45 :
"Après on peut considérer à léser " les enfants avec le viager." : Mais oui, autant faire payer l'état pour protéger les héritiers : Les enfants des autres qui n'auront pas forcément un bien à vendre pour assurer leurs dépendances!
La solidarité de la nation au profit de la solidarité familiale : Une belle escroquerie!
Apprenez à vous débrouillez au lieu d'être communiste quand ça vous arrange (pour assurer votre dépendance) quand vous vous battez pour siphonner les revenus des jeunes là où vous êtes en position de force (sur le marché du logement où vous prônez le droit de faire payer aux jeunes ce qu'ils peuvent payer)
a écrit le 10/09/2014 à 11:57 :
D'abord, pour les français, c'est l'Etat qui doit payer, pour " couvrir" les frais de la dépendance. Après on peut considérer à léser " les enfants avec le viager.
Si en Europe, on verse une cotisation de 2,05% ( 2,3% pour les personnes sans enfants ) sur les salaires depuis plus d'une décade pour la dépendance, on peut voir le chemin qu'il y a encore à parcourir en France.
a écrit le 10/09/2014 à 11:50 :
C'est tout ce qu'ils ont trouve pour enrichir les français ?
a écrit le 10/09/2014 à 10:36 :
Viager = Arnaque. Le bouquet et les rentes sont estimés, notamment, à partir des tables de survies. Celles-ci seront toujours en décalage par rapport à la réalité. De toute façon où vivront les jeunes en attendant ? Sous les ponts ??
a écrit le 10/09/2014 à 10:09 :
Je suis trop vieux pour acheter en viager et quand j'étais plus jeunes j'étais trop pauvre!
a écrit le 10/09/2014 à 9:48 :
Attention dans un contexte ou l'argent sans risque est rémunéré en dessous de 3%, si les instituionnel s'en mèlent pour en tirer une rémunération satisfaisante du niveau de l'assurance décès en lissant le risque, ça peut decoller. Car le viager c'est ni plus ni moins qu'un système d'assurance décès. C'est un actif que l'ont cède en contrepartie d'argent avec pour delais le décès.
a écrit le 10/09/2014 à 9:16 :
Si le problème en France est le manque de logements (ce que je ne crois pas, c'est plutôt un problème de prix), alors le viager ne libérant pas les biens, il ne peut être la solution.
a écrit le 10/09/2014 à 8:09 :
Tout a fait d accord, une génération qui a mange les fruits de la croissance et qui a mange les fruits des croissances futures en endettant ses enfants et petits enfants. Et en plus ils donnent des leçons et ils faut leurs payer leurs maisons de retraites au lieu de payer des études a nos enfants pour préparer l avenir... Je sais ... Ça n est pas politiquement correct ... Mais c est tellement vrai
a écrit le 09/09/2014 à 20:53 :
Le viager se porte deja mieux qu'il ne se portrait mais restera probablement une niche. Le reverse mortgage a la francaise attendra encore avant de se genraliser.
a écrit le 09/09/2014 à 18:24 :
"Mais alors que la population vieillie (un tiers des Français auront plus de 60 ans en 2040), que la précarité des retraités augmente, que les prix de l'immobilier atteignent des niveaux élevés et que le marché du logement ancien se bloque, le prêt viager hypothécaire pourrait revenir sur le devant de la scène." : Et les jeunes vont payer un loyer à un pauvre retraité et un viager à un autre?
Réponse de le 09/09/2014 à 19:21 :
Remarque qui fait réfléchir, merci
Réponse de le 09/09/2014 à 23:56 :
Le jeune va se payer un billet d'avion et balancer aux orties cette escroquerie inter générationnelle qui fait reposer sur les petits enfants les cadeaux que ce sont offerts les aînés. Tirez vous les jeunes, ici on nous fera tous crever plutôt que de réformer la fonction publique...
Réponse de le 10/09/2014 à 0:14 :
On peut être optimiste! Les jeunes retraités apprennent aux jeunes à être solidaire! Ils ont des logements, les jeunes non : Les jeunes payent ce qu'ils peuvent payer! Ils sont une majorité électorale : Ils se battent pour que les pensions de retraite dépassent les revenus.
Quand à la fonction publique, on la réforme : On laisse partir tranquillement la génération des boomers en retraite, on en remplace un sur deux par un jeune en CDD!
Heureusement, les jeunes sont intelligent : Ils ne voient pas que les "vieux" font diversions quand les retraités du public et du privé gagnent plus qu'eux avec le même métier!

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