Immobilier neuf : une éclaircie à espérer ?

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A quand une reprise des mises en chantier de logements neufs ?
A quand une reprise des mises en chantier de logements neufs ? (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Les mises en chantier de logements neufs sont toujours en berne, mais le moral des promoteurs remonte.

Les chiffres des constructions de logements neufs sont à nouveau en baisse sur le premier trimestre 2015. Les mises en chantier ont reculé de 8,3% sur les trois premiers mois de 2015 par rapport au premier trimestre de 2014, à 82.700 unités, selon les chiffres du ministère du Logement. Après avoir atteint un pic en 2011, les mises en chantier n'ont cessé de reculé depuis : de 4,2% en 2013 par rapport à 2012 et de 10,3% en 2014 par rapport à 2013.

Pourtant, depuis quelques semaines, l'optimisme semble revenir du côté des acteurs du secteur du logement neuf. Une note de conjoncture de l'Insee publiée ce lundi indique qu'en avril, les promoteurs immobiliers « sont beaucoup moins nombreux qu'en janvier à indiquer une baisse de la demande de logements neufs (...) De même, les perspectives de mises en chantier de logements pour les trois prochains mois sont moins dégradées qu'en 2014. Elles s'améliorent notamment nettement pour les logements destinés à la vente ».

Un optimisme de façade?

Les promoteurs se disent rassurés par le retour des investisseurs dans l'immobilier neuf, un placement qui bénéficie de l'environnement de taux bas et de la mise en route du dispositif Pinel, qui permet aux investisseurs de louer leur bien immobilier sur des durées différentes (6, 9 et 12 ans, contre 9 ans pour le Duflot) à leur ascendant ou à leur descendant, tout en bénéficiant de l'avantage fiscal. Les promoteurs attendent donc une croissance soutenue des ventes aux investisseurs en 2015.

Certains sont cependant plus mesurés sur la reprise à venir. Car au premier trimestre 2015, le nombre de permis de construire accordés pour des logements neufs, un indicateur des mises en chantier de demain, a encore chuté de 12,5%, à 85.100 unités, par rapport au même trimestre de 2014, selon le ministère du logement. "Depuis deux ans, le nombre de permis de construire est en chute libre, surtout en 2014. Et s'il y a fort à parier que la demande sera forte en 2015, il nous sera malheureusement très difficile de la satisfaire entièrement", explique Nordine Hachemi, PDG du promoteur immobilier Kaufman & Broad.

Les effets des réformes encore attendus

Par ailleurs, les coûts de revient des promoteurs restent trop élevés, à cause notamment à la hausse du prix du foncier en zones tendues et à celle des coûts de la construction. Ce qui les empêche de commercialiser des logements à des prix en adéquation avec le pouvoir d'achat des ménages. Redoutant les risques d'invendus, les promoteurs préfèrent donc décaler le lancement de certains programmes. Le gouvernement a pourtant pris en 2013 et en 2014 des mesures pour libérer le foncier public et le foncier privé, pour simplifier les normes et lutter contre les blocages.

Mais les acteurs de la construction ne semblent pas encore en ressentir les effets. "Le foncier se fait toujours aussi rare, aucune jurisprudence favorable n'a été actée en matière de recours abusifs et le retour à davantage de simplification administrative ne se ressent pas sur le terrain. Bref, il n'y a pas encore d'évolutions positives concrètes qui nous font dire que l'on va pouvoir réduire notre prix de revient pour la construction d'un logement", indique Nordine Hachemi. Bref, il y a pas de quoi s'enflammer lors de ce début d'année, juste de quoi espérer une reprise dans les prochains mois.

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Commentaires
a écrit le 29/04/2015 à 9:20 :
Le problème de fond demeure: le prix. Le prix de l'immobilier a été multiplié par 2 entre 2000 et 2010. Pas les revenus des Français. Donc il est normal que le secteur stagne, et encore soyons heureux qu'il ne s'effondre pas comme en Espagne. On pourra invoquer toutes les raisons du monde, le manque de confiance, de foncier, la réglementation, des permis de construire trop rares....tant que les prix resteront élevés ou que les salaires feront du sur place, le marché ne redécollera pas.
a écrit le 29/04/2015 à 0:22 :
Le scandale de la fiscalité immo continue.... 42 m~par an, le Pinel qui ose faire ce que la droite n'avait pas fait (défiscalisation pour louer en ligne direct...).

On favorise déjà tellement ceux nés avec une cuillère en or.

D'ailleurs, les loyers du fiston vers papa + les 18% du Pinel + les 50% d'abattements en donation-partage + les 100 000 de donation en exonération total.... Ils sont combien de cabots dans cette niche ? pendant ce temps-là, ceux dont le seul revenu est le fruit du travail continueront à grommeler, et leurs enfants (au chômage), pour certains, à entreprendre d'apprendre le guerre civile dans de lointaines contrées... Décidément, la période 1990-20XX sera vraiment moche dans les livres d'histoire, notamment sur les aspects philosophiques et sociétaux.
Réponse de le 29/04/2015 à 7:45 :
@generation post 80 : Je suis en accord avec vous ...Lorsque je lis que NS est le président des riches je me marre : qui a alourdi les PV de façon considérable? Le pinel qui avantage les enfants de familles favorisées est une injustice par contre le duflot n était pas si mal que ça et qu on aille pas me dire qu il coûte de l argent à l état ..3 milliards au maximum sur 42 milliards ( sans parler de la TVA payée par le bailleur , il ne coute rien) ..30 000 logement soit 10% des logements construits , pas grand chose et ce n est donc pas le pinel qui fera exploser la demande ..Je rappelle que le duflot et un dispositif dans lequel les loyers sont fortement diminués : n est il pas une alternative , je vais dire un gros mot , une alternative à la retraite par répartition , une retraite par capitalisation tout en aidant les plus modestes à se loger? S il fallait garder
a écrit le 28/04/2015 à 20:50 :
"sont beaucoup moins nombreux qu'en janvier à indiquer une baisse de la demande de logements neufs" Tombe bien, je suis le marché car je recherche. Là, c'est juste parce que les taux sont au plus bas. Mais face aux prix énormes des logements neufs, une remontée de juste 1/2 % et le batiment s'arrête complètement.
a écrit le 28/04/2015 à 18:38 :
Il faut délivrer plus de permis de construire, sortir de la rigidité des PLU, redonner aux maires le pouvoir de les délivrer au lieu de confier cette mission à des structures administratives, anti-démocratiques, ignorantes de ce qui se passe sur le ""terrain".
a écrit le 28/04/2015 à 18:38 :
Il faut délivrer plus de permis de construire, sortir de la rigidité des PLU, redonner aux maires le pouvoir de les délivrer au lieu de confier cette mission à des structures administratives, anti-démocratiques, ignorantes de ce qui se passe sur le ""terrain".
a écrit le 28/04/2015 à 16:58 :
et sur le meme site le meme jour un article pour expliquer que les neuf ne se vent pas car le prix est trop eleves pour la plupart des acheteurs ... en fait si on lit entre les ligne, le redemarrage dans cet article est simplement du a une enieme subvention de l etat : le Pinel... Mias tout comme les arbres ne montent pas au ciel, les prix du tas de parpaing ne peuvent s ecarter trop longtemps des ressources des acheteurs. Acheter pour loger le fiston pas cher et reduire ses impots ne peut concerner assez de monde pour faire une reprise (et d ailleurs tant mieux que la france ne soit pas completement un pays de fils a papa)
a écrit le 28/04/2015 à 16:41 :
tt est dit dans le nombre de permis
la france est a 280 .000 et va avoir 12% de moins, on sera donc a 250 000 ( enfin ' 320 000' si on rajoute les logements que le gouvernement a trouve ' par modelisation'
( la modelisation, c'est pas mal, ca permet de dire ce qu'on veut, puis d'expliquer ex-post qu'on s'est trompe; quand l'erreur est petite il s'agit econometriquement d'une erreur aleatoire, mais bien souvent c'est juste une malhonnetete intellectuelle volontaire; je tiens a le preciser vu que dans 2 ans on aura droit a une haute commission pour comprendre pq les chiffres ne sont pas conformes aux previsions)

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