Automatisation : peu de disparitions d'emplois, mais beaucoup d'évolutions

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Sur le lieu de travail, travailleurs et robots seront amenés à davantage se côtoyer.
Sur le lieu de travail, travailleurs et robots seront amenés à davantage se côtoyer. (Crédits : REUTERS/Dave Kaup)
Selon un rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi, les métiers les plus exposés aux technologies d'automatisation sont, sans surprise, les métiers les moins qualifiés, notamment dans l'industrie. Pas d'inquiétude pour autant, il s'agira davantage de modification des tâches plutôt que de leur suppression.

Les robots sont encore loin de prendre (complètement) la place des travailleurs. Selon un rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi publié jeudi, seule une "faible part", soit "moins de 10%", des emplois ont "un indice d'automatisation élevé" : ils "cumulent des caractéristiques qui les rendent vulnérables au vu des avancées technologiques actuelles", c'est-à-dire qu'ils présentent un "risque de suppression".

Ces emplois "très exposés" aux technologies d'automatisation sont le plus souvent des métiers manuels et peu qualifiés, notamment de l'industrie : ouvriers non qualifiés, agents d'entretien, caissiers, énumère le Conseil, instance rattachée au Premier ministre. A eux seuls, les agents d'entretien représentent 21% de l'ensemble des emplois exposés (320.000), détaille la vaste étude sur les impacts de la nouvelle vague d'innovations.

La moitié des emplois amenés à évoluer

Une part bien plus grande des emplois, près de 50%, pourraient en revanche "voir leur contenu évoluer". Il s'agit aussi de métiers peu qualifiés mais davantage dans le secteur des services: conducteurs, agents d'exploitation des transports, agents de maîtrise de l'hôtellerie et de la restauration, aides à domicile...

"Notre rapport met en garde contre des analyses frustres et partielles qui ne s'intéressent qu'aux destructions brutes d'emplois, et contre l'idée que le progrès technique s'attaque à des métiers dans leur globalité: non, il a un impact sur le contenu de certaines tâches", explique à l'AFP Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE. "Il s'agit des mêmes personnes, mais elles feront des choses différentes, et les évolutions vont dans un sens de complexification et d'addition de compétences."

Pour le COE, des "mécanismes de compensation" peuvent "réduire, voire compenser intégralement les pertes d'emplois initiales". Le potentiel de créations d'emplois directs est, selon lui, "significatif" dans le numérique, "plus mesuré à court terme" dans la robotique, "compte tenu principalement de la faible taille du secteur actuellement en France".

Entre peur et fantasme

Ce volume des créations d'emplois n'est néanmoins pas chiffrable. "On sait ce qu'on perd, pas ce qu'on gagne. Mais au cours des vingt dernières années, où l'on assiste déjà à une numérisation accélérée, le volume global de l'emploi sous l'effet des technologies a plutôt augmenté", analyse Marie-Claire Carrère-Gée.

Le fait d'assister à des progrès technologiques "qui défient l'imagination" créent dans le débat public "un mélange de frayeur sur un 'futur sans emploi', et de rêve d'une société où l'on ne travaillerait pas".

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Commentaires
a écrit le 12/01/2017 à 17:33 :
L'automatisation ne date pas d'hier, c'est un flux continu depuis les années 70 et évidement contre les petites mains, mais ça a créé de très nombreuses places de techniciens mieux payés.
Moi j'ai débuté la robotisation en 1972 en imprimerie, ça en a remplacé du monde.
Nos gouvernants voyant l'évolution des technologies auraient du fermer la porte à l'immigration au lieu d'ouvrir grandes les portes (regroupement familial merci Giscard) car un technicien c'est bac +2 et au moins 5 ans d'expérience.
Bien sur on arrive à autoformer du personnel, certains opérateurs(trices) sont très intelligent(e)s car ayant raté leur parcours, d'autres sachant à peine lire et écrire, manipuler un ordinateur n'y ont plus leur place.
Par contre, et j'en sais quelque chose un haut taux de robotisation conserve les usines, maintient des prix mais malheureusement ferme les concurrentes mal équipées.
a écrit le 12/01/2017 à 16:48 :
J'ai beaucoup travaillé pour les industries de la robotique dans les années 80 jusqu'à l'an 2000. Des brevets et développement de technologies pour l'équipement des robots industriels. Principaux clients en Suède, Allemagne, Suisse, Italie et Japon. En France,
le....désastre ! Un ingénieur polytechnicien, a qui je présentais une de mes techniques pour la digitalisation rapide des positions d'axes, m'a péremptoirement "démontré" que de son point de vue théorique, ma solution ne pourrais jamais marcher ! Je lui ai répondu que ce serait une très mauvaise nouvelle pour mon principal client en Suède qui avait déjà équipé un millier de robots avec mon système ! et un client Japonais qui venait de prendre la licence de cette technique.
a écrit le 12/01/2017 à 10:39 :
Et bien sur ,ces robots qui remplacent les humains ne cotisent toujours pas aux caisses et après on va nous parler de déficit.
a écrit le 12/01/2017 à 9:34 :
Tout va bien alors puisque ce sont les plus pauvres d'entre nous qui vont morfler en fait !

Pfiou j'ai eu peur hein...

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