2015, l’année du décollage du paiement mobile en magasin ?

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Distributeurs, banques et opérateurs télécoms phosphorent sur la digitalisation de l'encaissement.
Distributeurs, banques et opérateurs télécoms phosphorent sur la digitalisation de l'encaissement. (Crédits : Reuters)
En France, quelque 250.000 points de vente acceptent d’ores et déjà le paiement sans contact. Mais les consommateurs sont plus lents à percevoir son intérêt, par rapport aux moyens de paiement classiques.

 Un samedi après-midi, dans un grand magasin. Avant de commencer le bon vieux polar que vous êtes sur le point d'acheter, il va vous falloir patienter. Loin devant vous, dans la file d'attente qui s'allonge à la caisse, une dame ne parvient pas à se remémorer le code de sa carte bancaire. Vient ensuite le tour d'un monsieur qui compte et recompte ses billets puis, manque de chance, le lecteur de chèques tombe en panne... Excédé, vous posez là votre polar et partez sans rien acheter. C'est pour éviter ce genre de situation que les groupes de distribution - mais également les banques et les opérateurs de télécommunications - phosphorent sur l'élaboration de nouveaux parcours-clients, avec, en point d'orgue, la « digitalisation » de l'étape de l'encaissement.

En mai dernier, le Crédit Mutuel-CIC avait ainsi présenté Fivory, une application mobile de « shopping connecté », utilisable non seulement pour régler ses achats sur des sites Internet, mais également au sein de commerces physiques via les technologies dites sans-contact, qu'il s'agisse du NFC (Near field communication) ou du QR Code (un code-barres à scanner avec le smartphone pour déclencher le paiement). L'an dernier toujours, Orange avait levé le voile sur Orange Cash, un service de paiement mobile sans contact élaboré en partenariat avec Visa, initialement lancé à Strasbourg et à Caen.

93% des flux de paiement concernent le commerce physique

Auchan leur avait emboîté le pas avec Flash'N Pay, un portefeuille électronique permettant de régler ses achats en caisse avec son smartphone, grâce à un QR Code émis par la caisse enregistreuse puis scanné par le téléphone du client. En France, « il existe aujourd'hui 250.000 points de vente qui acceptent le paiement sans contact (par mobile ou par carte) », indique Nicolas Chatillon, directeur de S-money, la filiale de paiements mobiles du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne). Soit à peu près un commerce sur dix, signe que l'écosystème du paiement mobile de proximité est enfin en train de se constituer, après avoir tardé à décoller depuis le lancement de la première expérience de paiement sans contact, organisée par plusieurs opérateurs télécoms à Nice, en 2010.

Un marché qui représente un énorme potentiel car, en dépit de l'essor du e-commerce, « 93% des flux de paiement par carte concernent le commerce physique », souligne Nicolas Chatillon. Mais manque encore au rendez-vous l'autre partie de l'écosystème du paiement mobile de proximité, à savoir les consommateurs. Outre les inquiétudes liées à la sécurité de leurs données bancaires, ces derniers ne saisissent pas bien l'intérêt du paiement mobile de proximité, alors qu'il est déjà si simple d'utiliser une carte bancaire.

Apple Pay comme accélérateur du marché

« Même si tous les consommateurs n'ont pas encore pris conscience de la valeur d'usage que peut apporter cette technologie, notamment pour les petits montants, les paiements par carte sans contact sont en très forte croissance », nuance Nicolas Chatillon. Qui y voit donc un motif d'espoir pour le développement du paiement mobile de proximité en France, au point d'envisager son décollage dès cette année. Un optimisme partagé par Isabelle Alfano : « Le paiement sans contact devrait enfin décoller l'année prochaine (en 2015). Le fait qu'Apple, avec Apple Pay, ait reconnu le protocole NFC, expérimenté depuis plusieurs années par les banques et les opérateurs de téléphonie mobile, est très positif », affirmait la directrice du salon Cartes Secure Connexions, en novembre, sur latribune.fr.

Surtout, « Apple Pay est une application de paiement mobile extrêmement simple. Apple a compris qu'il fallait proposer aux consommateurs une solution encore plus facile d'usage que les moyens de paiement classiques, afin qu'elle ait une chance d'être adoptée », explique un banquier. De fait, Apple Pay, conçu en partenariat avec des banques et qui pourrait débarquer en Europe vers le milieu de cette année, représentait déjà en novembre 1% des transactions numériques aux Etats-Unis, où il avait été lancé le 20 octobre seulement. De là à imaginer une rapide accélération du paiement mobile de proximité, reste un pas à ne pas franchir. Les cycles sont longs dans l'univers des moyens de paiement. La preuve avec la carte bancaire, qui a mis une trentaine d'années à s'imposer auprès des Français.

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Commentaires
a écrit le 20/01/2015 à 0:11 :
A perfectionner.
A quel prix?
a écrit le 19/01/2015 à 12:44 :
il faut supprimer ce mode de paiement que les pirates utilisent pour relever les numéro de cartes en nous croisant en public !!!!!!
a écrit le 19/01/2015 à 12:38 :
Le système ne fonctionne pas toujours et les sommes trop limités, c'est un flop pour l'instant !
a écrit le 19/01/2015 à 11:46 :
Sauf erreur le carte sans contact utilise des puce RFID passive leur porte ne peu pas depasse 1m sans obstacle. Mais cette solution est impose le vrai risque c est que le debiteur triche et facture plus profitant du lanque de vigilance du client ce qui est plus difficile avec le code.
a écrit le 19/01/2015 à 11:35 :
Le probleme de faille de securite avec un lecteur plus puissant me semble pas probant, par contre ne pas donner la liberte au client de choisir entre une carte classique et une sans contact est un vrai probleme, l utiiisateur devrait pouvoir choisir.
Réponse de le 19/01/2015 à 17:48 :
On peut demander de désactiver le sans contact
a écrit le 19/01/2015 à 9:55 :
Le paiement sans contact pose des problèmes de sécurité et tant que la question n'aura pas été posée, beaucoup de consommateurs seront circonspects.
La portée peut être augmentée à plusieurs dizaines de mètres, par ailleurs une faille permet de récupérer les données de la carte et enfin une autre faille permet de contourner le plafond.

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