La communication des banques change au gré de leur dette

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Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, Copyright Reuters
Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Quand la réévaluation de leur dette propre avait un impact positif sur leurs bénéfices, les banques insistaient peu sur ce point. Aujourd'hui, elles cherchent à isoler cet élément devenu négatif, en le mettant de côté et en présentant des résultats "sous jacents".

Il y a les bénéfices comptables annoncés pour l'année 2012, dont la signification doit être relativisée, et le bénéfice sous jacent, qui reflète mieux la réalité : c'est ainsi que les dirigeants de la Société Générale ont présenté leurs résultats, le 13 février. Pour Natixis, l'idée n'est pas si éloignée. Les dirigeants des banques veulent notamment sortir du champ de vision l'impact des réévaluations de dette propre. De quoi s'agit-il ? Les banques émettent des obligations pour se financer. Le prix de ces obligations varie bien sûr selon l'état du marché. Et la plupart des établissements financiers ont choisi de comptabiliser chaque trimestre ces variations de prix. Avec un mouvement paradoxal: quand la crise financière reprend en Europe, le cours des obligations baisse, la dette obligataire des banques diminue donc aussi. Il en résulte un profit supplémentaire (puisque la valeur de leurs dettes est revue en baisse). A l'inverse, quand la crise s'apaise, les cours montent, le montant de l'endettement obligataire grimpe aussi; cela aboutit à une perte pour les établissements financiers.

Un impact négatif de 1,255 milliard d'euros pour la Société Générale
Ainsi, en 2011, la crise de l'euro a diminué la valeur des dettes propres des banques, ce qui les a aidées à améliorer leurs résultats. A hauteur de 815 millions d'euros pour la Société Générale. Dans son communiqué sur les profits 2011, publié en février 2012, la banque n'insiste pas outre mesure sur ce « windfall profit », le mêlant aux autres résultats exceptionnels qui sont, eux, négatifs. Et le communiqué met en avant le résultat comptable tel qu'il est établi par les auditeurs, à 2,38 milliards.
En revanche, en 2012, la même banque isole cet effet de réévaluation de la dette propre. Qui, il est vrai, est devenu négatif, les cours des obligations ayant sensiblement remonté, avec l'apaisement des tensions financières. L'impact négatif de 1,255 milliard est alors isolé, les dirigeants de la Société Générale insistant sur un résultat « sous-jacent », hors effet de la réévaluation des dettes. Un résultat net (part du groupe) de 3,37 milliards d'euros est plus agréable à présenter qu'un bénéfice limité à 774 millions, en baisse de 67%.

Une présentation de résultats "sous-jacents"
Les comptes de Natixis pour 2012 sont aussi présentés en « sous-jacents », avec un profit net de 1,141 milliard d'euros. En raison, notamment, d'une réévaluation de la « dette senior propre», qui joue négativement pour 352 millions d'euros, le résultat comptable est inférieur (901 millions). Les dirigeants de BPCE, maison mère de Natixis insistent bien entendu sur le « sous jacent ». Quant au communiqué » annonçant les résultats de BPCE, il présente directement un bénéfice « hors réévaluation de la dette propre ». En intégrant celle-ci, le résultat passe de 2,34 milliards à 1,93 milliard.

BNP Paribas présente son simple résultat comptable
En revanche, si BNP Paribas met en exergue les éléments exceptionnels affectant les bénéfices, la banque ne présente pas de résultat « sous-jacent ». Il est vrai qu'avec 6,55 milliards d'euros de profits en 2012, nul besoin d'enjoliver quoi que ce soit.


 

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