La fintech Lydia veut créer un mode de paiement universel

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Lydia facture aux professionnels un abonnement mensuel à ses services compris entre quelques euros et plusieurs centaines d'euros;
Lydia facture aux professionnels un abonnement mensuel à ses services compris entre quelques euros et plusieurs centaines d'euros; (Crédits : Lydia)
Opérationnelle depuis 2013, cette application mobile compte 90.000 utilisateurs et 2.500 points d'acceptation. La startup française projette une levée de fonds de plus de 10 millions d'euros début 2016, afin de se développer à l'international.

Un bon exemple vaut mieux que de longs discours. Cyril Chiche n'avait donc pas hésité à utiliser celui de "la tartelette aux fraises" pour faire comprendre l'activité de sa startup - Lydia - à Emmanuel Macron, Michel Sapin et Axelle Lemaire, lors du Lundigital sur les fintech organisé à Bercy le 23 mars par les ministres de l'Economie, des Finances et la secrétaire d'Etat chargée du Numérique. Qui, en passant devant la devanture d'une boulangerie, n'a jamais éprouvé une irrésistible envie de tartelette aux fraises, impossible à assouvir faute de monnaie, le magasin n'acceptant pas les paiements par carte en dessous de 10 euros et refusant les chèques ? Une situation qui n'a rien de bien grave pour le consommateur, mais qui fait en revanche perdre une vente au commerçant.

"Il existe environ 300 moyens de paiement en France mais aucun n'est universel, en terme d'usage. Les moyens de paiement sont au contraire segmentés par usage. Avec Lydia, nous voulons recréer un mode de paiement universel", explique Cyril Chiche à La Tribune. Et ce mode de paiement universel passe par le mobile. En effet, si nombre de personnes oublient régulièrement leur chéquier, leur carte bancaire et se trouvent fréquemment à court de menue monnaie, rares sont en revanche celles qui n'ont pas constamment leur smartphone à portée de main. C'est en partant de ce constat que Cyril Chiche et Antoine Porte ont eu l'idée, en 2011, de créer Lydia, une application de paiement mobile qui permet en théorie de tout payer, à tout moment, à tout le monde.

Lydia compte 90.000 utilisateurs aujourd'hui

Concrètement, l'utilisateur télécharge - gratuitement - Lydia depuis l'App Store ou Google Play, crée son compte - en moins de deux minutes, promet la société -, y enregistre une ou plusieurs cartes bancaires et le tour est joué. Le voici à même de régler sa tartelette aux fraises, en saisissant sur "l'appli" le montant à régler, puis le code secret choisi lors de la création de son compte. Lydia émet alors sur le mobile un "QR code" (code-barres en deux dimensions) que le boulanger, lui aussi équipé de l'application Lydia, scanne, ce qui déclenche un transfert d'argent immédiat.

"Il faut penser davantage à l'usage qu'à la technologie. Ce que veulent les gens, ce n'est pas tant payer par mobile que d'avoir accès à leur argent depuis n'importe quel endroit, de façon simple et sécurisée",

souligne Cyril Chiche. Sécurisée car c'est Payline (Crédit Mutuel Arkéea) qui gère les données des cartes bancaires, BNP Paribas étant chargée du cantonnement des fonds et la Société financière du porte-monnaie électronique interbancaire, agréée par la Banque de France, garantissant les mouvements financiers. Autant de garde-fous qui ont nécessité deux ans de travail avant que Cyril Chiche et Antoine Porte puissent officiellement lancer Lydia.

Opérationnelle depuis 2013, l'application compte 90.000 utilisateurs aujourd'hui et revendique 2.500 points d'acceptation, chez des petits commerçants, des professions libérales ou encore sur des campus. En effet, s'il existe une population dont les besoins en matière de paiements sont multiples, c'est bien celle des jeunes. Transferts d'argent immédiats de la part des parents pour éponger un découvert bancaire, collecte des paiements du week-end d'intégration par le Bureau des élèves de telle ou telle grande école, règlements des repas à la cafétéria de l'université.... Dans tous ces cas, Lydia contribue à la fluidification des échanges. L'application "a permis d'augmenter de 30% le nombre des transactions de la cafétéria d'un campus parisien", se félicite Cyril Chiche. Et d'ajouter : "Nous sommes présents dans 110 des 400 campus que compte la France, nous sommes clairement la solution leader chez les 18/30 ans".

Une levée de fonds de plus de 10 millions d'euros en projet

Un leadership que Lydia entend conforter tout en se développant davantage dans le commerce organisé, qu'il s'agisse de magasins "en dur" ou de sites de commerce électronique. Pour ce faire, la fintech ciblera en priorité des enseignes en phase avec la communauté des jeunes. Déjà partenaire de la startup de restauration japonaise Eat Sushi, Lydia est ainsi en discussions avancées avec le site d'achat et de vente en ligne PriceMinister. A noter que si l'application est gratuite pour les particuliers, elle est en revanche payante pour les professionnels, lesquels sont donc à la base de son modèle économique. Lydia leur facture un abonnement mensuel à ses services compris entre quelques euros et plusieurs centaines d'euros, suivant la taille de l'entreprise, ainsi que des commissions de 0,3% sur les transactions dans le commerce physique, ce qui est très bas, affirme la startup.

Les e-commerçants, eux, doivent s'acquitter de frais de transaction de 1,5%, auxquels il faut ajouter 6 centimes d'euro, "ce qui est deux fois moins cher que des solutions comme PayPal et Stripe", assure Cyril Chiche. Lydia vise ainsi l'équilibre opérationnel en France pour le premier semestre 2016. Après quoi la fintech, qui démarrera dans quelques semaines une étude d'opportunités sur l'ensemble des pays développés, tentera sa chance à l'étranger. Une aventure qui conduit Cyril Chiche à projeter une levée de fonds de 10 millions d'euros au moins pour le premier trimestre 2016, après les 3,6 millions levés fin 2014, essentiellement auprès de la société de capital-risque XAnge.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2015 à 6:51 :
Une bonne idée... Qui arrive trop tard !
D'une part le support carte disparaîtra à terme mais quel terme ? La messe était dite pour le chéquier mais il est toujours là...
Et surtout que va donner l'innovation CVV dynamique d'Oberthur sur le stockage des données carte dans les Apps ?
Affaire à suivre ...
a écrit le 19/05/2015 à 8:38 :
Attendez que nos dirigeants bienveillants éliminent définitivement la monnaie scripturale (le cash) et vous verrez ce que coute vraiment ce genre de chose à l'économie. Le nombre de gens qui décideront tout à coup de ne pas dépenser pour le simple plaisir de se faire fliquer et suivre par tout un tas de sociétés qui se revendent leurs données personnelles sera beaucoup plus fort qu'ils l'imaginent. Ce sera d'autant plus le cas que les moyens d'expression seront de plus en plus cornaqués. Cette résistance deviendra une expression politique du "petit peuple".
a écrit le 18/05/2015 à 14:43 :
En fait, c'est un "Mobile Wallet" comme il en existe tant sur le marché : Fivory, Flash'n Pay, PayLib (qui va bientôt être accepté en magasins), ... Sans parler de Apple Pay ou Samsung Pay bientôt.
Et comme toutes ces solutions Lydia dit être une solution universelle. Oui, universelle dans le réseau de commerçants qui l'accepte.
Rien de nouveau sous le soleil des paiements mobiles !
a écrit le 18/05/2015 à 14:32 :
Certes il y a une bulle dans les fintechs mais lydia est quand meme une sacrée bonne idée !!!
Esperons que cela décolle
a écrit le 18/05/2015 à 13:19 :
On est en pleine bulle sur les fintech, ca va faire pschiiit dans peu de temps (avant fin 2015). Ce n'est pas moi qui le dit mais un des papes de la Silicon Valley, et aussi tous les Venture Capital que je croise qui désormais attendent de voir quelle sera la tendance de l'éventuel futur standard pour les paiements ... Comme le dit l'article, c'est vraiment tartellette aux fraises ...

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