La licorne Klarna veut être "le Ryanair de la banque"

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La startup suédoise veut bousculer les banques traditionnelles à la façon de Ryanaira expliqué le directeur général Sebastian Siemiatkowski au Financial Times.
La startup suédoise veut bousculer les banques traditionnelles à la façon de Ryanaira expliqué le directeur général Sebastian Siemiatkowski au Financial Times. (Crédits : DR)
Valorisée 2,2 milliards de dollars, l'entreprise suédoise qui s'est fait un nom dans le paiement en ligne vient d'obtenir une licence bancaire. Elle veut jouer le rôle de disrupteur low-cost dans la finance, comme la compagnie aérienne irlandaise.

[Article publié à 12h53 et  mis à jour à 15h11]

Ryanair est décidément la référence des nouveaux entrants de la finance (la Fintech) qui veulent bousculer le secteur. La néobanque britannique Atom Bank avait fait référence il y a quelques mois à la compagnie irlandaise qui a rebattu les cartes de l'aérien. L'entreprise suédoise Klarna, une des rares startups européennes devenues une "licorne" - elle est valorisée plus de 2,2 milliards de dollars - grâce à sa solution de paiement en ligne, a le même modèle en tête :

"Nous voulons participer à la transformation du secteur de la banque de détail. De nouvelles règles ont posé les bonnes conditions préalables pour la destruction de ce secteur, mais il faut un Ryanair pour y arriver. Nous voulons jouer ce rôle" a déclaré le directeur général de Klarna, Sebastian Siemiatkowski, au Financial Times.

"Déjà une des plus grandes banques d'Europe"

Fondée en 2005, Klarna annonce ce lundi qu'elle vient d'obtenir ce lundi sa licence bancaire auprès de l'autorité suédoise, 20 mois après avoir postulé, ce qui lui permettra théoriquement de servir tout le marché unique : elle va se rebaptiser juridiquement Klarna Bank.

La jeune entreprise de Stockholm, qui emploie 1.500 personnes, a réussi à imposer sa solution de paiement innovante (le client ne paie qu'après réception de la commande, Klarna avançant l'argent et assumant les risques de fraude) en Scandinavie et en Allemagne, après l'acquisition du champion local Sofort et de BillPay : elle a traité pour 13 milliards d'euros de transactions l'an dernier. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 370 millions d'euros en 2016 et est rentable.

"Nous sommes maintenant l'une des plus grandes banques d'Europe avec 60 millions de clients et 70.000 e-commerçants et travaillons sans couture par dessus les frontières" se targue Sebastian Siemiatkowski dans le communiqué du jour.

La nouvelle Klarna Bank envisage de proposer des cartes de paiement  et des comptes de dépôt. Le patron de la Fintech considère que les banques traditionnelles proposent un mauvais service à des prix gonflés et qu'elles vont bientôt connaître leur "moment iPhone", c'est-à-dire une rupture brutale à la manière de l'arrivée du smartphone d'Apple dans la téléphonie.

"Les banques sont remises en cause. Dans le monde de la technologie, ces entreprises sont très vite exclues de la compétition si elles n'assurent pas. Mais du fait de la régulation, les banques à la technologie très ancienne et à la satisfaction client médiocre ont réussi à rester dominantes", lâche le DG de Klarna au Financial Times.

Klarna n'envisage pas de lancer tous types de services bancaires et exclut par exemple les prêts immobiliers. Mais la Fintech, qui compte de prestigieux investisseurs à son capital (les fonds Sequoia Capital, DST Global, Atomico notamment) a de grandes ambitions et veut aussi s'étendre aux Etats-Unis.

« Au fur et à mesure que l'intégralité de la chaîne de valeur de la banque est remise en cause, le secteur des paiements a connu la transformation la plus profonde. Klarna a joué un rôle en créant la rupture dans les services de paiement, pour le meilleur, et maintenant en tant que banque pour le consommateur, axée sur les produits et à forte intensité technologique, nous disposons des outils pour conduire le changement dans la banque de détail » assure le directeur général.

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